Happiness Therapy. Ours bipolaires.

happiness_therapy_7778_north_626xFaut-il aller voir Happiness Therapy ?

C’est un fou. Il est fou. Son père aussi est fou, et son meilleur ami est un peu fou. Il voudrait récupérer sa femme, qui n’est pas fou, mais il rencontre une folle, et ils font les fous.

C’est bizarre. Je peux comprendre le retour en grâce de la doudoune, le come-back des années 80 et, à la rigueur, cette étrange prolifération de baskets à semelles compensées. En revanche, je ne m’explique pas l’engouement actuel pour la bipolarité.

Avant, c’était un truc chelou, qu’on dit à ton pote quand il pleure dés qu’il est bourré, mais maintenant c’est partout : les magazines parlent du “mal du siècle”, les séries en regorgent et voilà que le cinéma l’adapte. Tellement chébran, la bipolarité, qu’aujourd’hui t’es personne si tu parles pas aux murs.

Mais c’est l’époque qui veut ça, et l’Amérique. A force d’édulcorer tout, d’interdire n’importe quoi et de vendre des lotissements trop clean et des sourires trop brights le nouveau continent est devenu une énorme fabrique de consensus mou, de tolérance chiante et de personnalités lisses qui “respect your point of view” au lieu de s’engueuler comme tout le monde.

En gros, c’est un peu la conclusion du film : les fous sont compliqués, mais ils sont quand même bien plus rigolos. Et c’est vrai : la rencontre des excellents Bradley Cooper et Jennifer Lawrence fait naître une belle série de dialogues nerveux et agressifs qui donnent un bon rythme au film et font souvent rire.

Malheureusement, malgré son éloge de la déviance, le film finit tout de même par rentrer dans le rang de la rom-com US et perd beaucoup de son charme de départ pour conclure une histoire qui, malgré tout, n’est jamais vraiment crédible.

Pas grave, en voyant un mec et une fille à côté sur une affiche de film américain, on connaît toujours la fin. Mais pour une fois, le début nous a surpris.

En Bref : Il faut aller voir Happiness Therapy. Mais tranquillou, sans courir. C’est sympa, rigolo, pas mal joué et parfois bien écrit. Comparé à la période un peu morne traversée par le cinoche, on a pas beaucoup mieux pour grignoter du pop-corn en envoyant des sms sous nos sièges.

Mais bon, une semaine après, y’a moyen que vous ayez oublié de quoi ça parle. Mais ça, c’est peut-être parce que vous êtes bipolaire.