Quai d’Orsay. Politique sans réal.

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Faut-il aller voir Quai d’Orsay ?

C’est l’histoire de Dominique de Villepin en train d’être un con dans son bureau.

Thierry Lhermitte ? Really ? Mais c’est fini Thierry Lhermitte ! C’est comme les Air Max et Luc Besson. C’est le passé !

Ben oui. Mais les films de Bertrand Tavernier aussi, c’est le passé. Comme Dominique de Villepin d’ailleurs. Même le Quai d’Orsay, ses moulures et son protocole poussif, c’est pas vraiment le présent.

Je vous vois venir… “Qui c’est ce petit con suffisant qui vient dauber sur un réalisateur français mythique, juste parce qu’il est pas jeune et branché ?” C’est moi. Et il faut le reconnaître : dans ses images, sa mise en scène et jusque dans les ficelles de ses gags, Quai d’Orsay est ringard d’un bout à l’autre. Jusqu’au bout du bout même, puisque le générique est habillé par un bêtisier d’un autre âge.

Et pourtant, Bertrand Tavernier tente d’adapter un média de son temps : virevoltante, drôle et multi-récompensée, la bande-dessinée originale se moque du renard argenté en dressant un portrait mordant et détaillé de la diplomatie moderne. Le scénariste (qui travaille toujours au quai d’Orsay) et le dessinateur ont d’ailleurs étés recrutés pour écrire le film. Ils lui apportent son seul intérêt.

Si on ne rit que du bout des lèvres, on découvre un monde. Loin d’être aussi bluffant que l’incroyable Exercice de l’Etat, le film raconte assez bien la valse des conseillers, leurs jeux de billard à trois bandes et leurs coups de couteaux dans le dos. Trop caricatural pour être vraiment convaincant, le ministre des affaires étrangères est le point faible de ce bestiaire, c’est d’autant plus dommage qu’il est dans chaque plan.

En voulant reproduire le dynamisme de la bd, Tavernier se plante, accumulant les effets de mise en scène un peu cheaps, les innombrables feuilles qui s’envolent et autres montages sonores et visuels hasardeux.

Heureusement qu’il y a Raphaël Personnaz pour apporter son charisme singulier au personnage principal.

Non j’déconne, évidemment.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Quai d’Orsay. C’est mou, pas très bien interprété et d’un classicisme qui tend vers l’absence totale d’âme. Lhermitte cabotine comme un forcené, parvenant à rendre le film sympathique, mais jamais vraiment drôle.

Encore une fois, j’ai vu ce film grâce à l’invitation d’une avant-première de blogueurs. Mais cette fois, j’ai pas eu de madeleines.