Tucker & Dale. Quiproquo latéral.

Faut-il aller voir Tucker & Dale fightent le mal ?

C’est l’Amérique. Des post-adolescents stupides vont dans la forêt avec des blondes. Dans la forêt, il y a aussi deux pèquenots avec des têtes bizarres, des tronçonneuses et des scies à métaux. Jusqu’ici tout va bien, à un détail près : les deux bûcherons ne sont pas des serial-killers…

Forcément, les malentendus s’imbriquent et chaque partie se retrouve persuadée que celle d’en face veut la tuer. Résultat tout le monde s’élimine dans la joie et la bonne humeur.

Classique finalement, on prend un énorme cliché, et on l’inverse. Au départ, on se demande si le film ne risque pas d’être aussi prévisible que les bouses dont il se veut le négatif (fiou…). Les ados sortent droit d’une fraterie alpha-truc et ils sont cons comme des opinels, les filles sont en plastique et les dialogues en carton.

Mais c’est drôle.

Les malentendus sont tellement tirés par les cheveux que le concept marche sans s’essouffler si on accepte la stupidité générale. Quelque part, il y a même une profonde tendresse qui émane des deux losers-titre. Volontariste, le scénario réussit même à défendre des idées pas trop bêtes sur le manque de dialogue et la loi des apparences.

Malheureusement, ces bons sentiments ne s’appliquent pas à l’intégralité du genre humain : si un gros type moche et timide peut se faire accepter à condition qu’il ait confiance en lui, la fille moche est toujours la plus stupide et à la fin, c’est toujours la plus jolie qui sera la moins morte.

Mais merde, on est venu là pour manger du pop-corn.

En Bref : Il faut aller voir Tucker & Dale fightent le mal. Parce que c’est le film débile le plus intelligents que vous verrez cette année, parce que c’est un divertissement mille fois mieux troussé que Sherlock Holmes, et parce que ça faisait un moment qu’on n’avait pas rigolé autant au cinéma.

Après, si vous vous sentez coupable, vous pourrez toujours allez vous emmerder devant Les nouveaux chiens de garde.

Aussi : Désolé pour la pause, je travaille en Angleterre, avec pas trop de temps libre et un accès l’imité aux réseaux des internets. En plus, il y a des double decker bus.

Mais je poste des news (et dorénavant les chansons, pour ceux que ça intéresse) sur la page facebook du blog. Venez faire un tour si ça vous tente, quand vous serez mille, je mettrai des pubs et on fera un apéro géant (à Bonn, probablement).

Hanna. Gosse Busters et Blonde Atomique.

Faut-il aller voir Hanna ?

Hanna est une ado avec un accent allemand qui vit avec son père dans les bois. Quand ils ne tuent pas des cerfs au tir à l’arc, ils se battent dans la neige où ils lisent l’encyclopédie. Un jour Hanna décide qu’elle est prête pour découvrir le vrai monde. Alors elle part en Europe et elle tue des gens.

D’abord, je voudrai que nous soyons clair sur un point : y’en a marre des blockbusters où les étrangers parlent anglais entre eux. Surtout lorsqu’on leur colle un gros accent pourri, comme dans tous les James Bond. “Il fait floid Igol. Oh je clois que j’ai entendu un tluc bouger” disent les sentinelles russes avant de se faire buter. Ça me rend fou. Passons.

Pour la millième fois, Hanna nous ressort le mythe éculé de la bête humaine. A chaque fois c’est pareil : un personnage s’entraîne pendant des années en tapant sur des troncs d’arbres, puis il revient à la société en sautant partout, fort comme cent Turcs et con comme une porte, jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’il est manipulé.

Déjà vu.

La différence, ici, c’est que le personnage est une gosse. C’est d’autant plus ridicule de la voir mettre des coups de lattes à des gorilles qui font deux fois sa taille. D’autant que les méchants sont particulièrement mal foutus. Dans sa traversée européenne, Hanna est poursuivi par une quinquagénaire coinçée, un homo décoloré en short de golf et ses copains néo-nazis. Et on est censés trouver ça cohérent.

Sans aucune surprise, Hanna déroule sa trame molle sur la musique excellente des Chemical Brothers. Malheureusement, il faut que le réalisateur tente de nous réveiller par des mouvements de caméra improbables. Au programme, l’objectif qui tourne dans tous les sens pour signifier le trouble, les très très gros plans sur des adolescentes en pyjama et une maison en forme de champignon habité par un vieux clodo magicien pathétique. Tant d’élément qui donnent envie de se lever sur son strapontin pour hurler “BAD TASTE !”

Mais j’suis poli, alors j’ai mordu dans mes Pringles en rongeant mon frein.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Hanna. Comme la bande-annonce le laissait présager. C’est nul, mal filmé, pas original pour deux sous et affreusement laid. La petite fille joue pas mal, et la musique déchire, mais c’est trop tard, dés le premier plan, on s’ennuie.

En plus j’ai vu le film en VF. C’était la goutte de vase en trop.