Die Hard 5. Bruce scolaire.

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Faut-il aller voir Die Hard. Belle journée pour mourir ?

La réponse semble évidente. La grosse franchise, étirée jusqu’à la moelle pour engraisser des producteurs, on a déjà dit tout le mal qu’on en pensait ici (oui on parle de nous comme ça maintenant, le Règne est en plein revival Alain Delon dans sa vie).

Malgré tout, on ne parle pas ici d’une énième machine à imprimer des dollars, mais de la série qui a inventé le blockbuster coolos, incarnée par le flic chauve le plus désinvolte du cinéma américain. Et a vrai dire, si vous lisez cet article, vous le savez sûrement déjà, donc je vais pas vous endormir avec l’histoire de Die Hard, parce qu’on s’en fout.

N’empêche, après un quatrième épisode plutôt chouette, ça valait le coup de laisser encore sa chance à John McClane.

Mais non non. C’est fini tout ça. A l’époque, Bruce Willis faisait des blagues en râlant parce que des tarés lui faisaient passer une journée de merde. Mais aujourd’hui, il faut voir plus grand et la série rentre comme tout le monde dans la grande famille du techno-thriller parano-mondial, où tout est contrôlé par des services secrets, des hélicoptères, des avocats véreux et des scénaristes sans inspiration.

Avant l’enjeu était de sauver un immeuble, un avion, New-York où la fille de John. Aujourd’hui, il s’agit de sauver le monde d’un méchant qui veut s’approprier des morceaux d’uranium (pas mieux les mecs, franchement ?). La seule différence c’est que cette fois, on y croit pas.

Pour le reste, c’est scolaire, pas scandaleux, mais sans surprise. L’intrigue est construite à la truelle, Bruce retrouve son fils pour aller de Moscou à Tchernobyl en deux heures dans une voiture pleine d’armes, McClane retente de faire des vannes, mais pour une fois, il ne peut pas prétendre qu’il est là par hasard, et ça tue le sel du film.

En toile de fond, on tente de nous émouvoir sur les relations difficiles d’un père et un fils. Lorsqu’ils s’avouent mutuellement qu’ils s’aiment juste avant de partir au combat, on se signe, et on prie un moment pour une série qu’on a aimé, mais qui a définitivement passé l’arme à droite.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Die Hard. Belle journée pour mourir. C’est un film américain classique et sans saveur, qui se contente de bousiller l’héritage d’une belle série pour attirer le spectateur.

Mais s’il est désœuvré amateur de blockbuster et fan de Bruce Willis, le spectateur peut tout de même y passer un petit moment de nostalgie. Mais à ce prix-là, autant réécouter ses vieilles cassettes de Michel Fugain.

Looper. Bruce tout puissant.

 

Faut-il aller voir Looper ?

Voilà à quoi ressemblerait le cinéma américain si les producteurs avaient des couilles.

Ne fuyez pas, amateurs de blockbusters. Il s’agit pas de vous asséner des dialogues imbitables, des références prétentieuses et des sous-titres de quatre lignes. Vous aurez le pack habituel : des flingues, des gonzesses, des explosions et de la drogue.

En prime, Looper se permet juste d’ajouter des éléments que l’on avait pas vu à Hollywood depuis Blade Runner : des acteurs géniaux, une caméra brillante et un putain de scénario.

Le futur est crade. L’histoire parle de boucles, d’amour et de vengeance. Et je m’arrête la, parce qu’il vaut mieux y aller sans rien savoir.

Pour le reste, les mots me manquent. Comme si l’ont avait filé un cerveau ET un gros budget à un même cinéaste (normalement c’est l’un où l’autre). Le futur est sombre donc, mais surtout crédible et intelligent. Les barrières sociales ont grandies à mesure que les frontières géographiques se rapprochaient. La violence est omniprésente, mais l’histoire va plus loin.

Pour une fois dans un film yankee, on ne devine pas la fin dés le début. Le scénario nous promène, nous paume et nous laisse deviner pas mal de trucs. Filmées avec une grâce sans pareille, les premières minutes du film ravivent une vielle flamme dans le ventre de tous les amateurs de sf. Une odeur de souffre qu’on avait pas beaucoup sentie depuis Matrix.

Dark City, Brazil, l’Armée des douzes singes… Les références s’accumulent car le film se place instantanément sur l’étagère réduite des dvds qu’on achètera encore. L’intrigue posée, l’action commence. Elle est percutante sans être assourdissante. Entre les parties de flingues, le réalisateur ne se gêne pas pour assoir ses personnages et les faire discuter pendant dix minutes.

Plus rare encore, “la fille” est le contraire absolu d’un faire-valoir en talons aiguilles et en plus elle coupe du bois. Et puis il y a les lumières, les cadres et la chute. Trop pour tenir dans ce billet. Mais tout est magistral. Allez, c’est vrai que le rythme faiblit un poil dans le dernier tiers, mais il permet de donner de la profondeur aux personnages.

Et merde, si vous avez un minimum d’affection pour la science-fiction et une once de respect pour ce blog, allez-voir ce film ou je me cloue les deux mains sur le clavier.

En bref : Il faut aller voir Looper. Putain de merde. C’est le meilleur film que j’ai vu depuis Polisse et Oslo 31 Août. Et probablement le meilleur film de l’année.

Évidemment, vous allez être déçus, penser que je vous l’ai survendu et revenir ici pour gueuler mais qu’importe. Bruce Willis joue dans un bon film tous les dix ans. Et généralement, il entre dans l’histoire.

Si Hollywood arrête de réchauffer les même plats pourris tous les mois pour parier sur ce genre de projet, je veux bien prendre ma carte au méga CGR.

Expendables 2. Hé Arnold !

Faut-il aller voir Expendables 2 : unité spéciale ?

Usons de nuances, pour ne pas fâcher les fans de séries B, qui sont nombreux à nous lire :

MES COUILLES !

Casse-toi vieux nostalgique moisi. Parce que t’as grandi en regardant des nanards, tu penses que ça les rends meilleurs ? Quand tu vas faire les courses à Créteil-Soleil, ça te rappelle l’époque de chez ton oncle où tu trouvais tout joli, mais en vrai c’est un vieux supermarché pourrave. Et ben Expendables c’est pareil.

Stallone a beau condenser les pires bouses qui ont été tournées dans les années 90 et les has-been qui vont avec, ça ne fera jamais de chef-d’oeuvre. Okay, Total Recall, Demolition Man ou Le baiser mortel du dragon, c’était kiffant sur le moment, mais ça reste des petites étoiles dans un ciel brestois (respect aux Brestois, juste, vous avez un temps pourri).

Et puis soyons franc, à part Bruce Willis, qui sera éternellement John McLane, tous les autres n’ont jamais vraiment su jouer. Schwarzy est encore moins crédible qu’en gouverneur, Stallone est à pleurer de 1er degré, Statham est même pas assez vieux pour être vintage mais le fond de l’abysse est atteint a chaque apparition de Chuck Norris, qui se promène sur le tournage comme un grand-père dans son jardin. Tellement mauvais, que même Van Damme a l’air bon.

Passons. Rien ne sert de jouer les naïfs. On est pas venus là pour un scénar, ni pour la sensibilité des brutes mythiques. On est venu pour la déglingue, pour les douilles qui s’écrasent sur le sol gling gling, les mecs qui ne se retournent pas quand y’a une explosion et les blagues à deux balles pontcuées par des effets de sourcils.

Et ben même pas !

Trop concentré par la nécessité d’aligner son casting de losers, le réal oublie complètement toute notion de cinéma. Les scènes d’actions sont relous, poussives et mal-foutues, l’image est positivement dégueulasse et les dialogues donnent envie de mordre son voisin de rangée.

Mais j’ai pas fait. J’ai regardé mes tontons se ridiculiser. En pleurant à l’intérieur de mes joues.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Expendables 2. C’est nul. Rien à foutre de l’effet vintage, louez une VHS de Last action hero, faites du pop-corn maison en cramant la moitié du maïs et laissez quinze messages à Clémence, qui vous rappelera jamais. C’est ça l’effet vintage.

Les Expendables c’est comme les mecs qui trouvent des qualités à Delarue sous prétexte qu’il est mort : C’est des cons.

Moonrise Kingdom. Scout foudre.

Faut-il aller voir Moonrise Kingdom ?

Suzy et Sam sont bizarres. Alors ils s’en vont. Loin de la famille envahissante de la première, loin de celle inexistante du second. Ils fuient dans les bois car les adultes sont trop nuls pour comprendre qu’ils ne sont plus des enfants.

Ensuite, le film semble émaner d’une discussion entre deux potes bourrés :

“On devrait faire un film tsé.”

“Trop mec, un film avec des scouts partout, je kiffe les scouts.”

“Graaave. Genre on les mettrait sur une île. Y’aurait un type qui la décrirait face caméra.”

“Et le chef scout ça serait Edward Norton. Type ultra-rigide qui boutonne la chemise jusqu’en haut mais le mec cloperait tout le temps.”

“Trop bon ! On pourrait aussi mettre Bill Murray et Frances McDormand dans des rôles d’avocats neurasthéniques”

“Oh attends ! Je visualise une scène là ! Imagine deux mômes en slip sur une plage qui dansent ridiculement sur Françoise Hardy !”

“Bien-sur ! Et puis bam y’aurait de la foudre. Il faut aussi un vieux flic fatigué, moitié humaniste moitié alcolo.”

“Bruce Willis !”

“Enoooorme !”

Et ça continue. Le film déroule son délire dans des plans ultra-stylisés, sur un fond d’ironie mordante. Comme dans une cuite, la rigolade est un peu nauséeuse et une heure après, on a toujours mal à la tête.

Mais c’était sympa.

En Bref : Il faut aller voir Moonrise Kingdom. Parce que Wes Anderson fait un cinéma unique et parce que sa dernière livraison est probablement la plus aboutie.

Techniquement impeccable, cet univers un peu froid et ironique peut tout de même finir par lasser. Un jour, on aimerait que Wes fasse tomber la veste en velours côtelé pour nous montrer vraiment ce qu’il a dans les tripes.