X-Men Days of Future Past. Retour vers le retour.

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Faut-il aller voir X-Men Days of Future Past ?

Ce qui est certain, c’est qu’il faut se méfier d’un film qui a “futur”, “passé” et plein d’autres mots dans son titre. Il faut aussi se méfier d’un film dont le principal argument est de présenter la moitié des stars hollywoodiennes, séries comprises, dans son casting. Mais avant tout cela, il faut d’abord se méfier des licences.

Je ne vais pas les paraphraser : des gens intelligents ont écrit des articles sur la mort progressive de l’imagination à Hollywood, sous le poids des investissements de plus en plus dantesques, qui amènent une obligation de rentabilité, et se retrouvent forcément consensuels et, au final, nuls à chier. D’autres gens ont probablement souligné le fait qu’une phrase avec trop de virgule et de COD devient rapidement incompréhensible.

Ils ont tous raison. Mais ce que je voulais dire, c’est qu’on en a marre. J’aimerai créer un groupe, une sorte de club de cinéphiles, qui s’appellerait “Le syndicat des petits moguls rigolos”. Et notre profession de foi dirait ceci :

“Chers producteurs, on en a rien à foutre que les héros sautent partout aux ralentis dans des flammes vertes sur la lune, on en a rien à foutre d’avoir tous les acteurs les plus chers d’Hollywood dans le casting (coucou Omar Sy, ça va ta conjonctivite ?), on en a rien à foutre que vous ayez claqué la moitié du budget dans le rachat de droits d’une bd (dont vous ne rendez certainement pas l’esprit), faute d’avoir su fédérer autour de votre propre créativité.

Nous, chers producteurs, on aimerait juste une chose : que grâce aux économies réalisées grâce aux propositions sus-cités, vous puissiez vous payer des scénaristes. Et vous leurs dites un truc qui devrait les surprendre avant de leur faire du bien, comme la lumière du soleil après 20 ans de cabane. Vous allez leur dire d’inventer une histoire. Pas de droits, pas de licences, pas de préquel, pas de mes couilles dans le passé sur ton nez du futur. Une histoire. Une histoire bien.

On appellera ça : “le cinéma”. Ça va être super. Et peut-être même qu’à un moment, tous les mecs qui ont du talent reviendront de Breaking Bad, The Wire, True Detective et de partout où vos vieilles combines vénales les avaient fait fuir. Ça s’appellera : “Le nouvel-nouvel âge d’or d’Hollywood”. C’est ça, où vous allez crever. Oui Harvey, toi aussi. Valar Morghulis.”

C’est bon j’ai fini. Je serai bref sur le film : après la courte, et excellente participation de Matthew Vaughn à l’univers X-Men, c’est le retour du taulier : l’éternellement décevant Bryan Singer, dont on va finir par croire qu’il était bourré quand il réalisait l’incroyable Usual Suspect, tant le reste de sa carrière ressemble à un champ de betteraves (dont la plus rose est le très ringard Superman Returns).

Ça commence pas mal, ça sautille dans tous les sens, l’action est fluide et punchy et l’histoire vaut ce qu’elle vaut. Puis on file dans les années 70, une scène de ralenti nous allonge des barres de rire et puis il nous reste une heure et demie pour digérer.

Tout le reste est à l’avenant : une pâle copie des débats qui animent le précédent film, en plus lourdingues (Magnéto est il méchant ? Faut-il tuer les humains ? Mystic va-t-elle partir en live ?), Hugh Jackman fait le même air viril-ironique de Wolverine, Halle Berry continue de regarder au loin avec les yeux blancs et Patrick Suart fronce les sourcils devant la pauvreté de ses dialogues. C’est nul, long, mais surtout, c’est un film des années 90. Alors que nous sommes en 2014.

Comme quoi, ça marche vraiment les voyages dans le temps.

En Bref :  Il ne faut pas aller voir X-Men Days of Future Past. C’est mou du gland, ça n’apporte rien, ça n’invente rien, ça ne dit rien. C’est sympatoche par moment, mollement distrayant avant de devenir carrément emmerdant. Mais c’est aussi conforme et polissé qu’un yaourt zéro pour cent dans une cuisine Ikea.

Si les machines à remonter le temps existaient vraiment, j’aimerais peut-être en prendre une pour aller voir le Bryan Singer de 1995, juste après la sortie de son chef d’oeuvre. Juste pour lui dire ça : “refuse l’argent Bryan, t’es jamais aussi brillant que lorsque tu réalises les films en trente jours”.

Peut-être qu’aujourd’hui, il serait le parrain du Syndicat des petits moguls rigolos. Le monde serait moins laid.

X-Men: le Commencement. Oh, bel X.

Oh, bel X

Faut-il aller voir X-Men: Le Commencement ?

Tout d’abord, un grand bravo à l’équipe marketing qui s’est occupée de traduire le titre: “Le commencement”, c’est créatif, original et beau. J’espère qu’à l’heure qu’il est, ils se sont fait virer.

Deuzio (oui oui, deuzio) un grand merci à mon prof de web qui a gratifié mon blog d’un généreux “B-” agrémenté d’un commentaire où il regrette que je sois “trop sérieux”.

Hihi.

Revenons à nos mutants. Depuis les années 90, la bande-dessinée de Marvel a donnée lieu à 5 séries télévisées, 6 films et 35 jeux-vidéos. Autant dire qu’on va voir X-Men comme on entre dans un supermarché. Pas la peine de refaire un speech sur la vénalité d’Hollywood et la fainéantise des suites à rallonge. X-Men se regarde avec des pop-corn, c’est la vie.

Au commencement donc, il y avait Le Commencement. Avant d’être les pires ennemis du monde, Magnéto le mec magnétique et Professeur X le télékinésiste étaient copains. Pendant la guerre froide, les deux amis recrutent une armée de mutants sociopathes pour lutter contre un mec hyper-vilain, tellement méchant qu’il veut faire exploser le monde.

Oui, vous subirez la plupart des codes ringards du genre: les méchants rouges ridicules avec des cornes de diable, les effets spéciaux super cheapos et les grands discours sur la vengeance et l’espoir. A première vue, un nouveau X-nanard sur la longue liste des films de super-héros ratés.

A moins que…

Passé les codes lourdingues inhérents au style, X-Men: Le Commencement sort complètement du lot. Porté par des bons dialogues et des acteurs crédibles (l’excellent Michael Fassbender, dont on a pas fini d’entendre parler), l’histoire ne manque pas d’intelligence: exit le manichéisme habituel et les leçons de morale. Ici, le sauvage de monde rituel sert de toile de fond à des questions universelles.

Pourquoi sauver l’humanité, si elle est peuplée par des cons ? Doit-on protéger ceux qui veulent nous faire du mal ? Comment réussir à se trouver belle quand on est bleue avec des écailles ? Au travers d’un univers fantastique, le scénario ne manque ni de finesse, ni d’humour. Face à un manque de moyen assez manifeste, le film s’intéresse de près à la psychologie de ses personnages, tout en évitant les réponses trop simples.

Au passage, le dernier X-Men oublie vraiment d’être con. Dans le genre, c’est plutôt rare.

En Bref : Il faut aller voir X-Men: Le Commencement. D’abord, il faut avoir un peu de goût pour l’univers des super-héros, et une certaine tolérance au cinéma américain, mais le sacrifice vaut le voyage.

Pour une fois, les super-mutants s’autorisent à être imparfaits. Parce qu’ils ont des doutes et des failles, parce qu’ils s’amusent avec leurs pouvoirs comme des gosses et parce qu’ils tentent de faire au mieux, ils deviennent plus humains.

Et en plus d’être un bon film d’aventure, X-Men devient touchant.