Mains armées. Père et flic.

Faut-il aller voir Mains armées ?

Lucas a un gros pistolet, mais pas de sourire. Sa fille a des gros problèmes mais pas de père. Enfin pas trop. De toute façon, on ne peut pas éduquer des mômes et poursuivre des serbes. Tiens ! Mais c’est Marc Lavoine !

L’affiche moche, le titre pourri et le rôle du méchant confié à une star de la chanson française. Ça sentait pas bon. Mais si on ajoute des scènes de flics ultra-classique et une mise en image digne d’une série télé ukrainienne, ça fout carrément les boules.

Et pourtant, il y a quelque chose, au milieu de cette série B sans humour. Si on se perd rapidement dans les histoires de serbes et de trafic d’armes pas très originales, le scénario raconte aussi la relation, bien plus complexe, entre un père et la fille qu’il a abandonnée. Et il y a de la vérité et de la beauté dans ces deux animaux sauvages qui se retrouvent dans le même métier pourri.

Malheureusement, le sujet est traité avec un peu trop de pudeur ou de distance pour émouvoir, alors qu’il représente l’interet principal du film. Intense, Leila Bekhti incarne cette filiquette abandonnée avec rage et justesse face à un Roschdy Zem aussi expressif qu’un Bill Murray sous prozac.

À part ça, pas grand chose, si ce n’est le sérieux de la mise en scène. Tellement sérieux qu’on a presque envie de s’autochatouiller pour garder le moral.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Mains Armées. Malgré l’interprétation sans faille des acteurs et le soin apporté au réalisme du scénario.

Malgré quelques petites idées originales, on reste froid face à ce héros décidément antipathique.

Dommage, car les trois dernières minutes sont très belles.