La part des anges. Ken Louche.

Faut-il aller voir La Part des anges ?

Robbie est un loser, mais ça n’a jamais empêché de faire des mômes. Le sien va bientôt naître mais Robbie n’a toujours pas de quoi remplir un biberon. Robbie boit du whisky, et c’est sûrement la solution.

On connaît la sensibilité, la vérité percutante et parfois la beauté du cinéma de Ken Loach. Social, dans le plus beau sens du terme : au plus près des hommes, de leurs faiblesses et de leur capacité à renaître.

Et puis voilà, depuis sa palme un peu volée à Cannes, le vieux Ken a décidé de nous faire marrer. Après une farce footbalistique tellement naze que je l’ai pas vue, il tente de nous attacher à une bande de bras-cassés qui siphonnent du single malt pour se sortir les doigts du fût.

C’est nul.

Inconsistant, mal écrit et souvent jalonné de blagues lourdes. On se bourre la gueule, on fait des prouts et on régresse sans jamais rire. Les comparses du héros sont aussi attachants que Viktor Ianoukovitch et le scénario accumule les ellipses incohérentes.

Sous cette forme, l’optimisme de combat de Loach se transforme en volontarisme un peu bêta. Au final, le réalisateur présente une caricature de lui-même où les voyous ont forcément le cœur tendre, les américains le crâne mou et où le vol est une solution réaliste pour se sortir de la misère.

Tellement con, que même Cannes lui a filé un prix.

En Bref : Il ne faut pas aller voir La part des anges. Malgré quelques acteurs chouettes et des idées intéressantes (le monde du whisky, jolie toile de fond) cette bluette n’atteint jamais la cheville des premiers films de Loach.

Et puis franchement, une comédie qui ne fait pas rire, ça sert à quoi ?