7 psychopathes. Les 7 mecs vénères.

Faut-il aller voir 7 Psychopathes ?

C’est l’histoire d’un scénariste qui n’a plus d’idées, mais un titre : 7 Psychopathes. Il décide d’écrire l’histoire d’un scénariste qui n’a plus d’idées mais un titre : 7 Psychopathes.

Quand j’étais petit, j’aimais beaucoup m’interroger sur l’infini en fixant le bonhomme sur les paquets de chips à l’Ancienne ou les boucles d’oreilles de la Vache qui rit. Depuis la nuit des temps (enfin vers 11h) les mises en abyme sont à la fois une source inépuisable de rigolade, et un procédé qui devient rapidement casse-gueule quand on fait le malin avec. Tout dépend de l’habileté du réalisateur.

Quand il est doué, ça donne Scary Movie : “C’est drôle, on se croirait dans un film” “Mais c’est un film chérie, regarde y’a le réalisateur, la scripte, les machinos…”. Mais parfois, ça donne aussi Mais qui a re-tué Pamela Rose ? : “Il est vraiment naze, ce scénario”, et c’est pas drôle, parce que c’est vrai.

Mais derrière sa gueule de pub pour Gilette, Martin McDonagh, le réalisateur et scénariste de 7 Psychopathes n’est pas un tocard : il a déjà démontré une maîtrise de l’humour absurde (rarissime au pays du premier degré) excellente dans Bons baisers de Bruges. Et ça se ressent dés le début du film : les dialogues sont fins, suspendus, un peu stupides et très drôles. Le montage est pêchu et les clichés sont malmenés.

Pendant que Colin Farrel s’occupe d’être plat et de rendre le film bankable, l’excellent Sam Rockwell et le mythique Christopher Walken s’attachent à le rendre attachant. Au bout d’une heure de flingues et de truands, le scénariste déclare qu’il en a marre de la violence et qu’il aimerait que ses personnages partent discuter dans le désert sans duel final. Et c’est ce qu’ils font.

Malheureusement, il ne va pas jusqu’au bout de son délire. Après une moitié en roue libre, il finit par reprendre la route du film classique pour livrer une fin un peu bancale, usant et abusant du procédé de l’abyme, au risque de se répéter. Surtout, il prouve qu’il a écrit le début sans savoir où il allait.

Mais à l’époque du film bande-annonce où n’importe quel long-métrage doit tenir dans un pitch de 3 minutes, ça fait vraiment plaisir d’être paumé.

En Bref : Il faut aller voir 7 Psychopathes. Malgré sa promo bâclée, qui le fait ressembler à un énième film de beaufs avec des flingues, malgré son déroulement bordélique et malgré un final pas hyper réussit.

Il faut y aller si vous en avez marre de voir toujours les même films venir d’Hollywood, si vous aimez l’audace, les blagues sans chute et si vous préférez la discussion qui le précède au meurtre en lui-même.

Total Recall. Totale rigole.

Faut-il aller voir Total Recall ?

Il fait chaaaauuud. C’est incroyable comme la météo peut anéantir les meilleures volontés. Par exemple, ce mois-ci, j’avais décidé de m’acheter des chaussures, et puis finalement je suis assis sur une marche et j’ai rien fait.

Dans ces périodes fatidiques, il faut être motivé pour écrire une critique. Avoir l’envie d’administrer une bonne raclée à un film surrestimé ou de porter au nue un chef d’œuvre. Mais franchement, comment écrire sur Total Recall par une chaleur pareille ?

Pour la millième fois, l’histoire d’un agent double, d’une dictature, du chef de la résistance qui est forcément plus gentil que le dictateur et puis la fille, qui court derrière le héros, folle amoureuse de son héroïsme de con.

J’en ai marre.

Pourtant dans les souvenirs, l’original avec Shwarzy était plutôt coolos. Ça pétait bien, y’avait des blagues et des hologrammes, c’était le bon temps, mais j’avais 12 ans.

Aujourd’hui, utiliser autant d’argent pour faire un film aussi convenu relève presque du crime. C’est très con, mais on pense au nombre de gens que l’on aurait pu nourrir avec toutes ces explosions en images de synthèses. Et même si c’est très con, on est obligé de se dire qu’on en aurait nourris plein.

Total Recall est vide. Vide de sens, vide de charme, vide d’idées, vide de style et d’intelligence. Colin Farrel est pas terrible et les deux actrices sont affligeantes. Mais à leur crédit, les dialogues sont tellement plats que même Meryl Streep n’aurait pas su y mettre de sel.

En cherchant un moment, on peut reconnaître au chef op d’avoir sur donner une jolie couleur à l’image et de faire quelques mouvements de caméra originaux et rythmés. Mais pourtant, on regarde ça mollement, sans tripper une seconde. Et il faut reconnaître ce talent au cinéma américain de savoir faire un maximum de barouf tout en restant chiant.

Action sans fun, agitation sans rythme, univers sans asperités. On a tout vu trop de fois dans ce type de cinéma qui se prive de nous surprendre par peur de perdre de l’argent. Malgré mes réticences, je lui préfère mille fois Faust ou Holy Motors, tout aussi mauvais mais bien plus courageux.

Eux aussi sont insoutenables, mais au moins ils ruinent leur auteur.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Total Recall. Allez plutôt boire un verre, lisez une bonne bd ou faites une partie de Time’s up avec vos copains.

Ce ne sont pas mes petites critiques et tous nos blogs qui feront comprendre à Hollywood que nous ne voulons plus de ses produits lyophilisés, mais notre absence des salles. Alors n’y allons plus.

“On vous boycottera tant que vous nous prendrez pour des cons”, ça voudra dire. Ça changera rien, mais on économisera de l’argent.