Microbe et Gasoil. Ados, essence.

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Faut-il aller voir Microbe et Gasoil ?

On a tous été amoureux d’une fille avec un appareil dentaire. C’est bien la preuve que l’amour est aveugle. On a tous été moches au collège. On s’est tous demandés si ça durerait toute la vie. On s’est tous ennuyés sur les bancs de l’école en rêvant de partir sur la route après avoir cassé la gueule au sale con.

Et pourquoi c’était toujours le sale con qui plaisait aux filles d’ailleurs ? Hein les filles ? Pourquoi vous étiez toutes amoureuses de Kevin ? Nous on n’avait peut-être des boutons, mais au moins on ne mettait pas de gel. De toute façon, aujourd’hui, il plaît plus à grand monde, Kevin. Et nous… C’est moins pire qu’avant.

Mon psychologue est en vacances au Sri-Lanka, je me permets donc d’utiliser vos capacités d’écoute.

L’adolescence n’est pas seulement l’âge bête. C’est aussi l’âge triste, l’âge rêveur, l’âge ambitieux, romantique, apeuré, prétentieux, pathétique et amoureux. L’âge où on apprend le contraste dans les émotions. Celui où on apprend à doser l’équilibre entre la pédale d’accélération et l’embrayage, et où on n’y arrive jamais. Alors on cale, on fait des bonds, on tressaute et, tant bien que mal, on avance.

Après l’enfance naïve (La science des rêves), l’adolescence boutonneuse (Be Kind Rewind, l’horrible Green Hornet) et le sentimentalisme maladroit (The We and the I) et hystérique (L’écume des jours) on dirait que Michel Gondry à terminé sa mue. Enfant, puis ado, le voici adulte.

“Eternel enfant” écrit pourtant la presse, et il le répète lui-même. Mais non. Parce qu’il faut avoir grandi, il faut s’être apaisé, pour porter un tel regard sur l’enfance. Car si ses deux héros sont parfois pathétiques, égocentriques ou ridicules, Gondry les regarde avec une telle tendresse qu’ils deviennent fascinants, courageux et, finalement… héroïques.

Inventif, sans les trucages en toc dont le clippeur abuse régulièrement, émouvant sans être niais, et tissé de dialogues nerveux et souvent très drôles, le film ne vous rappellera pas seulement avec émotion votre adolescence de loser, il vous fera croire qu’elle était cool.

Alors que c’est pas vrai (j’ai des photos).

En Bref : Il faut aller voir Microbe et Gasoil. On n’avait pas vu Gondry à un tel niveau depuis La Science des Rêves. Intime, mélancolique et très bien écrit, le scénario est formidablement bien servi par deux acteurs encore débutants mais hypers-prometteurs.

Léger, le film ne dépasse pas son statut de glace au melon estivale. Mais d’abord, on n’aime beaucoup les glaces au melon sur ce blog, et puis c’est toujours mieux que la cocaïne.

Hein Michel ?

Avengers : L’ère d’Ultron. Monstres et compagnie.

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Faut-il aller voir Avengers : L’ère d’Ultron ?

Y’en a marre des super-héros.

Je l’ai déjà écrit mille fois, mais j’ai l’impression que Marvel creuse dans un puits sans fond d’où sortent des héros identiques mais un peu plus nazes à chaque fois, auxquels il arrive toujours les mêmes trucs (à venir Ant-Man l’homme fourmi, un nouveau X-Men, la suite du reeboot de Spider-man et le reeboot de la suite des 4 fantastiques…).

Si, à la vue d’un carré d’herbe verte, il vous prend l’envie d’aller brouter, c’est normal : ça fait 15 ans que Marvel a pris l’habitude de vous traire.

Meuh.

Et l’art dans tout ça ? Kubrick ? Le cinéma ? “L’art mon pote, c’est pour les pds”, répond Hollywood avant de mordre dans son sandouich. Tout le monde rigole, sauf Joss Whedon, le réalisateur, qui récite du Shakespeare tout seul dans une piscine.

Avengers 2 raconte l’histoire d’une dizaine de mecs qui sauvent le monde en faisant des vannes. Tout est là : des explosions partout, des héros musclés, des échanges virils, des méchants méchants et des gadgets cools comme, par exemple, les femmes. Le nouveau super-nanard testostéroné arrive, à cheval sur une trompette.

Et pourtant, Avengers 2 est formidable. Mieux, malgré le défi impossible de multiplier les personnages principaux et les figures imposées, le scénario réussit là où tous les autres plantent en beauté. A commencer par l’essentiel : rendre les super-héros humains.

A mi-parcours, tout le monde arrête de se battre pour enfiler des chemises à carreau et couper du bois dans la forêt. Ça pourrait être caricatural, mais c’est le coeur du film. Regardant nos beaux héros invincibles, la femme d’Hawk Eye nous les montre comme on ne les avait jamais vus : des êtres inhumains, des machines à tuer sans âme, dont la vie est un grand vide.

Dans la chambre d’à côté, Hulk aussi est un monstre. Sauf que lui le sait déjà. Ses camarades le taquinent sur les civils qu’il a “blessé”. Mais c’est un meurtrier, comme Black Widow. Devenue l’assassin que l’on a fait d’elle, elle non plus n’a pas le choix. C’est peut-être pour ça qu’elle aime Hulk, “le héros qui refuse de se battre, par peur de gagner”. Les scènes où elle le calme en lui caressant la main font probablement partie de ce que j’ai vu de plus beau au cinéma cette année.

Face à cette bande de surhommes névrosés, le méchant, artificiel, rêve secrètement d’être humain. En maniant les symboles, l’humour absurde et des dialogues parfaits, Joss Whedon élève ses Avengers très loin au-dessus de la mêlée, avec une finesse qu’on ne voit presque jamais dans les blockbusters américains. Derrière le mythe du super-héros, il pose cette question fondamentale : au fond, qui est le vrai monstre ?

Hollywood oblige, il ne va jusqu’au bout de la réflexion. Aucun civil n’est jamais tué dans le champ et, avant de détruire un immeuble au coeur d’une ville, Iron Man vérifie évidemment qu’il n’y a personne dedans… Une vieille rengaine, qui conforte le mythe de la guerre chirurgicale menée par l’Amérique partout dans le monde, où seuls les méchants meurent, mais jamais les enfants afghans.

Allez, une réflexion intelligente dans un film de super-héros, je ne vais pas non plus demander un discours politique subversif.

En Bref : Il faut aller voir Avengers : L’ère d’Ultron. C’est ce qu’on a fait de mieux dans le genre. Parce qu’il y a un propos, plus d’humour que d’explosions et parce que Joss Whedon réussit à doter ses supers-héros d’accessoires rarissimes dans leurs combinaisons par-balles : des faiblesses.

La parenthèse se referme, les réalisateurs de seconde zone peuvent revenir nous emmerder avec leurs héros sans âmes et leurs quêtes débiles. Au moins, maintenant, ils ont un modèle à copier.

Populaire. Romantictictititictictictititictic.

Faut-il aller voir Populaire ?

Romantic tic tic ? Sérieux ? Déjà ça commence mal.

Ça commence doublement mal. L’histoire d’un championnat de secrétaires rose bonbon mâtiné de romance pourpre et de costumes gris. Les hommes sont des hommes et les femmes portent des jupes, Mad Men à Lisieux, avec une belle odeur de nanard fumant dans la salle. Fallait vraiment que j’ai l’esprit de Noël pour y rentrer.

Rapidement, je m’énerve. L’histoire est cousue de fils blancs, le scénario est plat et les dialogues débiles. On entend des phrases aussi bêtes que “America for business, France for love” ou une liste ridiculissime de “je t’aime, te quiero, ichlibedich” à laquelle il ne manquait qu’un tonitruant “MES COUILLES !” que j’ai d’ailleurs murmuré très fort.

Et là le film se met à nous parler d’esprit sportif, d’amour vache et de libération de la femme. On flippe. Heureusement, le scénario est plus fin qu’il en a l’air : il réussit à ne rien cacher du sexisme de l’époque sans jouer les réacs ni les bien-pensant. Derrière les machines à écrire et le système patriarchal établi, le tableau n’est jamais aussi binaire qu’il en a l’air. Et en l’occurrence ici, le moteur de l’histoire est une femme. Une qui se bat, qui choisit, qui drague et qui gagne.

On aurait aimé que le film soit un poil plus hargneux envers les mecs des sixties (et leurs équivalents actuels), mais malheureusement il préfère en rajouter sur l’hystérie des meufs de l’époque (“Hiiiiiiiii”) en compensant le cliché par un volontarisme neuneu (“Oulala ! Un homme qui cuisine.”)

Bref. Au fond, Populaire à tout pour être un navet à la française, guimauvissime, pas très malin ni bien écrit et réalisé.

Et pourtant, c’est coolos. 

Bluette assumée, le film réussit à nous coller la banane en sortant. Les blagues sont marrantes, le romantisme assumé touche souvent et sa réussite doit beaucoup à son actrice principale. Loin des postures imposées de “la belle meuf du film” Déborah François aligne les nuances de jeu et les mimiques pétillantes en habitant chaque plan. Tellement qu’à côté, Romain Duris à l’air tout terne et relou.

Et rien que ça, c’est une belle vengeance pour tous les mecs qui ont perdu leur copine pendant toute la durée des Poupées Russes.

En Bref : Il faut aller voir Populaire. Ce n’est pourtant pas un chef d’oeuvre immortel, et mes lecteurs les plus snobs s’étrangleront peut-être en y allant. Mais merde, la vie serait triste si on devait se taper Haneke tous les jours, et puis moi j’suis fleur bleue et de toute façon j’étais nul au rugby.

Néanmoins, j’aurais bien plaqué la pourriture qui a fait résonner le Gaumont de Nantes pendant une heure et demie avec son flot incessant de commentaires débiles. Message perso : j’t’aurais cassé le nez, si t’avais pas été une gonzesse.

Mais J’suis féministe.

Looper. Bruce tout puissant.

 

Faut-il aller voir Looper ?

Voilà à quoi ressemblerait le cinéma américain si les producteurs avaient des couilles.

Ne fuyez pas, amateurs de blockbusters. Il s’agit pas de vous asséner des dialogues imbitables, des références prétentieuses et des sous-titres de quatre lignes. Vous aurez le pack habituel : des flingues, des gonzesses, des explosions et de la drogue.

En prime, Looper se permet juste d’ajouter des éléments que l’on avait pas vu à Hollywood depuis Blade Runner : des acteurs géniaux, une caméra brillante et un putain de scénario.

Le futur est crade. L’histoire parle de boucles, d’amour et de vengeance. Et je m’arrête la, parce qu’il vaut mieux y aller sans rien savoir.

Pour le reste, les mots me manquent. Comme si l’ont avait filé un cerveau ET un gros budget à un même cinéaste (normalement c’est l’un où l’autre). Le futur est sombre donc, mais surtout crédible et intelligent. Les barrières sociales ont grandies à mesure que les frontières géographiques se rapprochaient. La violence est omniprésente, mais l’histoire va plus loin.

Pour une fois dans un film yankee, on ne devine pas la fin dés le début. Le scénario nous promène, nous paume et nous laisse deviner pas mal de trucs. Filmées avec une grâce sans pareille, les premières minutes du film ravivent une vielle flamme dans le ventre de tous les amateurs de sf. Une odeur de souffre qu’on avait pas beaucoup sentie depuis Matrix.

Dark City, Brazil, l’Armée des douzes singes… Les références s’accumulent car le film se place instantanément sur l’étagère réduite des dvds qu’on achètera encore. L’intrigue posée, l’action commence. Elle est percutante sans être assourdissante. Entre les parties de flingues, le réalisateur ne se gêne pas pour assoir ses personnages et les faire discuter pendant dix minutes.

Plus rare encore, “la fille” est le contraire absolu d’un faire-valoir en talons aiguilles et en plus elle coupe du bois. Et puis il y a les lumières, les cadres et la chute. Trop pour tenir dans ce billet. Mais tout est magistral. Allez, c’est vrai que le rythme faiblit un poil dans le dernier tiers, mais il permet de donner de la profondeur aux personnages.

Et merde, si vous avez un minimum d’affection pour la science-fiction et une once de respect pour ce blog, allez-voir ce film ou je me cloue les deux mains sur le clavier.

En bref : Il faut aller voir Looper. Putain de merde. C’est le meilleur film que j’ai vu depuis Polisse et Oslo 31 Août. Et probablement le meilleur film de l’année.

Évidemment, vous allez être déçus, penser que je vous l’ai survendu et revenir ici pour gueuler mais qu’importe. Bruce Willis joue dans un bon film tous les dix ans. Et généralement, il entre dans l’histoire.

Si Hollywood arrête de réchauffer les même plats pourris tous les mois pour parier sur ce genre de projet, je veux bien prendre ma carte au méga CGR.

Wrong. Chacun cherche son chien.

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Faut-il aller voir Wrong ?

Ça m’énerve j’ai déjà écrit cette critique et mon blog à buggué. J’ai tapé partout dans le parc Wilson à Toulouse et après y’a deux protestants qui sont venus me demander si j’allais bien.

Dans le film, il y a un monsieur qui perd son chien, de la pluie dans les bureaux, un chinois aux yeux bleus, des étrons avec de la mémoire et un joggueur dépressif. Il y a aussi un lapin sur une mobylette sur une boite de pizza, un arbre cyclotimique et Éric Judor sans Ramzy mais avec un chapeau.

La dernière fois que Quentin Dupieux à délaissé ses platines de Mister Oizo pour faire un film, c’était ça. L’histoire d’un pneu tueur qui tombe amoureux. Déjà à l’époque, on rigolait bien, mais le film s’essoufflait un peu et l’absurde était trop content de lui pour être toujours drôle.

Au début de Wrong, on se dit que c’est pareil. Les conversations sont marrantes mais on se dandine un peu en craignant le truc un peu arty narcissique. Et puis en fait non.

Malgré son ambition visible, et son goût du joli cadrage, Dupieux n’oublie pas la priorité de son film : raconter n’importe quoi et faire marrer son spectateur. Comme d’hab, l’humour absurde sépare les spectateurs en deux camps, celui des fans et celui des hermétiques (qui compte, notamment, Margaret Thatcher).

Moi je suis fan, car c’est l’humour le plus fin, dans sa définition la plus pure, alors je me suis plié en deux, entraîné par les rires incontrôlables d’une fille au fond de la salle, mais pas du mec devant moi qui est resté de marbre jusqu’au bout (faut reconnaître qu’il était salement chauve aussi).

Au top, Éric Judor fait rire à chacune de ses apparition, sans jamais vraiment se donner la peine de jouer autre chose que l’étonnement neuneu. Les dialogues sont complètement stupides, et d’autant plus drôles qu’ils sont interprétés avec un sérieux de pape. La caméra excelle dans l’art de l’amorce flou et le réalisateur persiste à montrer l’étrangeté dans les trucs les plus banals, sans s’étonner des évènements bizarre.

Bref, Dupieux à gagné en timing, en modestie et en construction. S’il arrive à mettre du fond derrière ses belles histoires, il aura tout pour rentrer tranquillement dans les rangs serrés de mes réalisateurs préférés (et c’est select, parce que même Scorsese roupille dans la salle d’atente depuis des années).

En Bref : Il faut aller voir Wrong. Je sais, à chaque fois que j’aime un film, je suis incapable d’écrire une bonne critique, et au final, personne ne va le voir. Mais je ne veux pas faire comme mes “confrères” (hihi) et vous raconter la moitié du film pour tirer à la ligne.

Alors si vous aimez un peu les blagues chelou de Woody Allen, ne lisez rien, fuyez les bande-annonce, et filez voir ce film dans une salle minuscule du cinéma indé de votre bled.

Dans dix ans, je vous parie qu’il sera culte.

La bannière topalaclasse

Coucou !

Ça y’est ! Après une semaine de combat acharné contre le côté obscur des internets, la censure globalisée et les formats compliqués de l’image, vous pouvez enfin admirer la nouvelle bannière du site !

Fini le mec mort et son tonneau sur une plage cramoisie. Pris de pitié, mon copain Fluck a décidé d’utiliser son crayon pour faire un dessin vachement coolos de votre serviteur avec une pipe. Voilà. Je suis content.

Et puis comme vous êtes là, c’est forcément que vous êtes en train de rien foutre au boulot, alors faites vous plaisir et allez faire un tour sur son blog, ça sera toujours mieux que d’aller matter des articles de merde sur Vice en vous demandant ce que vous allez faire de votre carrière qui prend l’eau.

Le blog Marre-toi, c’est comme se rouler dans l’herbe tout seul au parc des Batignolles un vendredi après-midi d’après qu’il a plu : c’est bien.

Starbuck. Bad Dad Café.

Faut-il aller voir Starbuck ?

Dans les années 90, Starbuck s’est branlé dans des boîtes en plastique pour 20.000 dollars. Aujourd’hui, il a plus un rond, une vie de merde et 533 enfants, dont une centaine cherche à connaître leur père biologique. Mais le don de sperme peut-il être considéré comme une tentative un peu désespérée  d’accéder à la paternité ?

En regardant Starbuk, on se rend compte à quel point les films que l’on voit sont toujours les mêmes : boy meets girl, seul contre tous, la vengeance et la trahison. Malgré les différences de forme, on nous raconte toujours un peu la même histoire.

Et puis paf.

Qui a bien pu écrire une histoire pareille ? C’est la première question qui vient devant le pitch. Après le générique, on se demande surtout pourquoi personne ne l’avait fait avant.

Starbuck fait partie des films où l’on ne sait jamais ce qui va suivre. Le héros promène sa lose dans un camion de boucherie en suivant l’évolution de ses 533 enfants. Autour de lui, tout le monde est atterré par la déchéance de ce quadragénaire fumeur de pétard. Starbuck n’est pas fiable, endetté jusqu’au cou et jamais à l’heure, mais tout le monde l’aime, parce qu’il est gentil.

Une histoire bizarre, beaucoup de blagues et une profonde naïveté : le cocktail ultime du film pop. Un peu trop sucré et pas assez épicé pour être inoubliable, le film parvient tout de même à émouvoir, sans jamais jouer de violon. A certains moments, on sourit bêtement, avec une larme dans le coin de l’oeil.

En sortant, j’avais envie de prendre tous les gens du métro dans mes bras.

En Bref : Il faut aller voir Starbuck. Bien interprété, visuellement impeccable le film aligne les idées de mise en scène au service d’un scénario profondément original. Par les temps qui courent, l’adjectif est assez rare pour être applaudi.

Attention tout de même à ceux qui craignent de faire traiter de fleurs bleues : allez-y entre garçons, discretos, en prétendant à Juliette que vous allez voir un match de boxe.

Peinture fraîche.

Ça y’est, le pirate est parti, mon blog peut retrouver une tête convenable !

C’est tout neuf ici. Ça sent un peu la peinture, ça résonne, mais faites comme chez vous. Pour attirer encore plus de monde que toi et ta mère, j’ai refait la déco. Par exemple il y a enfin un champ de recherche, a priori il marche pas terrible, mais comme ça le mec qui s’appelle Karl va arréter de me persécuter dans les commentaires.

Aussi, j’ai ajouté un joli nuage de mots-clefs. J’aurais préféré qu’il soit en 3D et tout, mais c’est quand même drôlement pratique lorsqu’on veut se concentrer uniquement sur les articles où il y a “coucou” dans les mots-clefs, par exemple.

Surtout, il a fallu trouver une image. Au départ, j’avais mis des poissons, mais c’était vraiment moche. Après j’ai pensé à mettre une gonzesse à poil ou un mec en slip, mais c’était bad taste. Alors finalement j’ai mis une plage dégueu avec un bidon et un mec mort.

Puisque je m’adresse à vous, j’en profite pour vous dire bonjour. C’est sympa de venir. Si vous ne faites pas encore partie du groupe Facebook, je vous invite à le rejoindre. On est bien dedans, il n’y a que des gens gentils et de la bonne musique. Vous pouvez aussi y faire des rencontres et c’est toujours mieux qu’aller pécho des chirurgiens gominés qui trompent leur femme sur Attractive World.

Par ailleurs, aujourd’hui je suis officiellement diplômé et hier soir, j’ai mangé un temaki fraise nutella.

Alors s’il vous plaît, je vous en prie.

Men in Black III. Tommy Lee Djeun’s.

Faut-il aller voir Men in Black III ?

Je ne sais pas si c’est le temps qui efface tout ou ma mémoire qui dégonfle, mais je n’ai pas beaucoup de souvenirs des premiers Men In Black. Des mecs en noirs, des pistolets lasers et des extra-terrestres marrants et puis c’est tout. Autant dire que je n’attendais pas la suite comme j’attends les prochains Audiard et Cronenberg. Mais ils passent pas ici, et je télécharge pas.

Alors voilà, Men in Black III.

La fin du monde est proche, il faut remonter dans le temps et tirer dans tous les sens. Et l’amitié dans tout ça ?

Ça commence vachement bien. Un héros dégueulasse fait exploser un pénitentier avant de faire des bonds sur la lune dans une scène d’action pêchue et rock n’roll. Le ton est donné et le rythme démarre. Il ne s’essouffle pas avant le générique.

Sans discontinuer, les grosses vannes se succèdent aux coups de latte, sans jamais perdre du temps à nous faire ressentir des émotions mielleuses à l’américaine. La psychologie des héros est aussi limitée que la colorimétrie de leurs costumes. Noir/Blanc, Fun/Chiant, Sourit/Boude, Rap/Country. Le concept est simple et tout le sel du film repose sur leur couple mal-assorti.

Et ça marche du tonnerre : les blagues sont toujours drôles et jamais téléphonées, notamment grâce à l’extraordinaire énergie déployée par Will Smith pour porter le film. Surexcité, physique et cabot, l’acteur se donne à fond pendant une heure et demie.

Bien réalisées, les scènes d’action préfèrent les petits trucs intelligents à la grosse fusillade premier degré, les effets spéciaux n’ont pas l’air d’être en plastique et les pistolets lasers sont toujours aussi cools.

Bref, Men In Black III offre le sentiment d’être rentré dans un fast-food pour commander un bon gros burger et de s’être fait servir… un bon gros burger. C’est sûr, après ça, on peut dormir tranquille.

En Bref : Il faut aller voir Men In Black III. Si vous n’êtes pas allergique aux gros films d’actions hollywoodiens et si vous avez passé une partie de votre enfance dans les années 90. Le film offre tout ce qu’on demande à une comédie d’action old-school : des blagues, des explosions et des extra-terrestre.

Sur ce blog, je n’ai jamais manqué une occasion de flinguer les gros studios, leur obsession pour le fric et leur incapacité à créer autre chose qu’un perpétuel recyclage des vieux clichés. Alors pour une fois qu’ils sortent un truc pas mal, ne boudons pas notre plaisir.

Et puis y aller pendant que la grande partouze cannoise continue de récompenser les récompensés, c’est comme un doigt en l’air salutaire.

Hunger Games. Arc academy.

Faut-il aller voir Hunger Games ?

Des enfants s’entre-tuent dans les bois. C’est un jeu. Personne ne rigole. Mais tout le monde regarde.

Après une interminable suite de nanards coûteux, la saga d’Harry Potter s’est enfin terminée. A la place, Hollywood a décidé d’abreuver les ados avec une nouvelle série tirée d’un bestseller. Tous aux abris ?

Ben non.

Dés les premières images, on comprend que ce nouveau blockbuster américain est au-dessus de la moyenne. Malgré l’univers futuriste complexe qui sert de toile de fond, aucune voix off ne vient nous pourrir l’ambiance avec des explications de type “Depuis la nuit des temps, les chevaliers de Xynx combattent l’ordre des Smourx sur leurs terribles sphynx herbivores”. Ici, on découvre, et a priori, on met au moins une demie-heure avant de deviner la fin.

Mieux, la caméra ne glisse pas mollement sur l’action, elle gigote, capte des regards furtifs sans jamais trop montrer. Le procédé est un peu caricatural, mais il a le mérite d’être innovant dans ce genre de films. Visuellement, Hunger Games va à l’encontre de la surrenchère qui prévaut dans le cinoche américain : au lieu de faire péter les monstres numériques et les décors en carton, le réalisateur filme la forêt, la folie et le visage expressif de son héroïne.

Ah ! L’héroïne. D’ordinaire, le cinéma à grand spectacle semble assez incapable de mettre en scène des vrais gonzesses. Entre les écervelées qui crient derrière le héros et les femmes viriles et leur énorme paires de flingues, les caricatures s’empilent, comme autant de fantasmes dans la tête des scénaristes. Mais pas là. Forte, courageuse, féminine et manipulatrice, Katniss Everdeeen est une vraie meuf. Une qui tire à l’arc. Et l’intérêt principal du film.

Divertissement honorable, Hunger Games se paye même le luxe de ne pas prendre son spectateur pour une chaise. Avec son monde de pacotille où les classes dominantes ressemblent aux pages people de Closer, le scénario caricature habilement une société du spectacle qui envoie les mômes devant des caméras comme on passe un poulet au four. Bien-sûr, les émotions neuneu ne nous sont pas complètement épargnées, mais la plupart peuvent se lire deux façons, donnant au film une vraie profondeur.

Assurément, j’irai voir la suite, même si je dois louer ma nièce en guise d’alibi.

En Bref : Il faut aller voir Hunger Games. Si vous n’étiez pas le tombeur du collège, si vous rêvez de vivre en sautant sur des troncs d’arbres et si vous avez envie de voir une version écolo de Battle Royale (même si le film n’a pas la même ampleur). Féministe, ambitieux et nettement moins con que la moyenne, la série prouve qu’on peut aussi se remplir les poches sans vider nos crânes.

Maintenant, on pourra toujours me rétorquer que j’aime ce film à cause du second-rôle. Et c’est vrai, un rouquin maladroit et fragile qui survit sous la protection d’une amazone à longue tresse, moi ça me bouleverse.