Le Nouveau. La guerre des moutons.

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Faut-il aller voir Le Nouveau ?

Je m’en rappelle comme si c’était hier.

Des petits malins prétentieux, des petites bourgeoises méprisantes, des mecs un peu sales habillés comme leur sac, quelques Juliettes, avec des grands yeux myopes qui t’ignorent et tout un tas de connards. Ils le regardent, comme une armée de vélociraptors devant un bébé loutre. Le nouveau.

Tous vivent dans la crainte, mais aujourd’hui ils sourient. L’exclusion, leur plus grande peur, vient de trouver son remède universel : le mec debout devant toute la classe, avec une tête de victime. L’exutoire rassembleur. Le premier qui lui enverra une vanne aura la certitude d’en être. Tout le monde trouvera ça un peu cruel, mais tout le monde rira. Dés le collège, on comprend que l’amour des autres, c’est d’abord une histoire de haine commune.

Moi ça va. Et vous ?

Ma psychanalyste est parti à la Barbade avec sa secrétaire et une partie de mes séances pré-payées. En attendant qu’elles reviennent, je me permets de vous livrer mes souvenirs d’adolescence. Le Nouveau en a fait remonter pas mal.

Wait a minute.

Le Règne de l’Arbitraire ? Le hater le plus acharné contre la comédie française ? Le fossoyeur des scénarios mous ? Le mec qui parle de lui à la troisième personne ? DEVANT UN FILM POUR ADO AVEC MAX BOUBLIL ?

Certes. Emporté par l’esprit de la Noël, j’ai cru bon d’aller m’infliger une bonne vieille teen-comédie franchouillarde. Et vous savez quoi ? J’ai kiffé.

Au départ, on voit pourtant venir les clichés comme des chevals au galop. Petit blondinet arrive dans classe, moqueries des garçons méchants, jolie petite brune… Allez… Mais pas du tout. Sans être aussi déprimant que l’introduction de cet article, Le Nouveau traite la post-adolescence sans compromis, ni complaisance et avec une certaine justesse.

Soyons francs, on ne s’étouffe pas de rire avec sa langue, mais on sourit pas mal. Les dialogues sont cons, lourds, politiquement incorrects et souvent osés. Discret, moins bête que d’habitude, Boublil porte très bien le costume de l’oncle trop cool pour être vieux.

Et derrière les ressorts de cette comédie sympathique, il y a aussi un décalage. Quelque chose d’assez pur sur l’instinct grégaire adolescent et l’acceptation de l’exclusion. Ou pour faire simple : on est toujours mieux avec des amis moches qu’avec des potes cools.

C’est pas grand-chose, je sais. Mais à 14 ans, c’était mon code d’honneur.

En Bref : Il faut aller voir Le Nouveau. Parce que c’est drôle, bien vu et plutôt subtil dans sa bêtise assumée. Parce que ça vous renverra à l’époque des sacs Eastpak, des pulls Bullrot et des Globe délassées, tout en vous rassurant, sur le fait que c’est fini.

Et aussi, pour le casting incroyable de petits cons rassemblés par le réalisateur, mention spéciale à Guillaume Cloud Roussel, superbe loser appareillé et Eytan Chiche, tellement crédible en petit con que je plains ses parents.

Tant pis s’il a aussi engagé une fille de 21 ans censée en avoir 14 et le chanteur de J’aime les moches. Au moins, il s’est bien intégré.

Vice Versa. Cauchemar et Freud.

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Faut-il aller voir Vice-Versa ?

J’aime pas les geeks.

Et ça m’énerve de voir tous les magazines de France faire des doubles-pages sur “la revanche des nerds” comme si on était en 2004, mélangeant gaiement 4Chan, Anonymous et les fucking Cosplays, à grand renfort de “génération Y” et de “Web 2.0″.

Mais à part dans vos concepts marketing pourris et chez les sociologues approximatifs du Nouvel Obs, elle est où, la revanche des geeks ? Des ados de trente ans, à mi-chemin entre la queue de cheval et la calvitie, qui se bousculent à l’avant-première des Minions avant d’aller se finir sur un blind-test Disney dans un bar Star Wars, ça vous excite ?

Putain.

Quand j’étais jeune, en mai 1977, on prenait du LSD dans des concerts sauvages, on se perçait l’arcade sourcilière nous-même et on baisait sur des escabeaux. On était peut-être plus cons, mais on était sûrement moins niais.

J’aime pas les geeks. Alors j’ai pris mon M16 et j’ai été voir Vice-Versa, avec un rictus de bâtard et ma mauvaise foi en bandoulière. Pour être sûr de le flinguer, j’ai été le voir en VF. Le piège était tendu.

Et je suis ressorti bouleversé.

Pas seulement parce que l’animation est superbe, pas seulement parce que c’est drôle, tendre, malin et foncièrement intelligent. Mais surtout, parce que Pete Docter, le réalisateur, démarre sur un concept et le tient jusqu’au bout. Et ça, tu respectes.

On est dans la tête de Riley, et ses émotions discutent. Là où beaucoup se contenteraient d’un pitch sympa pour tisser une histoire banale, les mecs de Pixar déroulent leur métaphore pendant une heure trente, sans jamais dévier : l’organisation du système de souvenirs, d’inconscient et de matérialisation des concepts est tellement pointue qu’elle pourrait faire office de surface pédagogique pour le CNRS.

C’est brillant. Et lorsque cet outil est mis au service d’un propos hyper fin sur le passage à l’âge adulte et l’apprentissage de la mélancolie, ça devient génial. Après un petit ventre mou à mi-temps le film reprend des forces et décolle très loin au-dessus de la comédie maline, pour taquiner la beauté pure, les histoires éternelles et les sommets de l’intelligence.

Il n’y fait pas très chaud, mais on y trouve des émotions tellement hautes, qu’elles ne fondent jamais.

En Bref : Il faut aller voir Vice-Versa. Même si, comme moi, vous êtes déjà un vieux con paranoïaque, et vous considèrez Walt Disney comme un satyre qui a lavé le cerveau d’une génération. Même si vous êtes traumatisés par les princesses stridentes et les chiens hystériques. Sortez de votre caverne. Ici, on ne parle pas d’animation, mais de cinéma.

J’aime pas les geeks, pas tous, mais je crois bien qu’une poignée d’entre eux vient de nous livrer l’un des plus beaux films de l’année.

Le laisser aux enfants, ça serait offrir un Vermeer à Ray Charles.

Mad Max : Fury Road. Max et les maxillaires.

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Faut-il aller voir Mad Max : Fury Road ?

Max conduit dans le désert. Quand soudain, Max conduit dans le désert.

Mon siège était trempé, un peu visqueux. Pas étonnant, la critique bave dessus depuis un mois. Langue pendante, tout Cannes a regardé Mad Max comme un berger allemand devant un pot de confiture.

La critique ? Prosternée ? Devant un blockbuster de l’Hollywood ? Non !

Si. Mais la critique n’a pas trouvé ça cool, jouissif ou rigolo. Seules les masses trépignent devant les divertissements. La critique pense. Ça tombe bien, dans Mad Max, elle a vu un “spectacle intello”, un “blockbuster cérébral” et même “un trip postmoderne sous acide“.

C’est vrai que les anglicismes c’est branché, “postmoderne” ça sonne cool et “sous-acide” ça fait jeune. Perso, j’ai trouvé que c’était “une journey ontologique sous Nurofen”. Ça veut dire que c’était chiant et un peu idiot mais ça n’a pas fait partir ma migraine pour autant.

“Faux”, postillonne Télérama, c’est “un trip halluciné (décidément…), amoureux de tous les imaginaires !” Et ça c’est vrai : dans ses imprécations, le méchant mélange le Valhalla viking, une esthétique death metal et “Fukushima” prononcé comme une formule magique. Amoureux donc, de tous les imaginaires, surtout celui des autres.

“Mais non”, bégaie l’Express, c’est “un appel écolo” au “féminisme assumé” !

Je…

Prenons les matchs les uns après les autres.

Féministe : pourquoi pas. Surtout si on considère que pour être féministe, il faut que les femmes aient des couilles, qu’elles soient encore plus violentes que les hommes, mutiques et manchotes. Pour le reste, les femmes, ça reste quand même une bande de naïades fragiles qui tremblotent à poil dans le désert, alors que tout le monde est en armure. Amettons : Mad Max est moins misogyne que la moyenne. Pas de quoi s’épiler les sourcils.

Ecolo : comme Yann Arthus Bertrand, qui fait le tour du monde en hélicoptère pour s’enrichir en nous disant de le protéger, George Miller construit une armada de bagnoles bandantes, affiche un bilan carbone à faire pâlir un escadron de Tupolev et détruit une partie du plus vieux désert du monde. Pour nous dire quoi ? “La planète c’est cool” ?

Ferme ta braguette, George, tout le monde est gêné.

Mais parlons du film : après avoir fui dans un sens, poursuivi par des méchants à fond la caisse (dont la vitesse s’adapte aux besoins de l’histoire), Max et ses potes décident de fuir dans l’autre sens. “Mais vous étiez pas en train de fuir les méchants ?” demande le spectateur, interloqué. “Coucou”, répond George. T’auras rien d’autre.

Pour le reste, c’est de la castagne, de l’huile et du steak tartare. Les tueurs s’entretuent, les pilotent pilotent et le sable sable. Tout le monde trouve ça follement original. Moi je trouve que le monde court à sa perte.

Heureusement, le film se termine sur une blague réjouissante : le générique nous apprend qu’il a fallu trois scénaristes pour écrire le film. A l’aveuglette, un mot chacun. Pas de bol, c’était le même : désert, désert, désert.

Désert.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Mad Max : Fury Road. Malgré les cascades cools et un personnage féminin moins idiot que d’habitude, c’est con, creux, vain, vide. Et surtout très ennuyeux.

Quant au fond, se prononcer contre les machos et pour la planète, c’est pas de l’engagement, mais de l’opportunisme. Les plus gros pollueurs font pareil avant de faire des trous partout et de pactiser avec n’importe quel dictateur misogyne, pour peu qu’il ait du pétrole.

“Je dis ça je dis rien”, sourit George. Ben ouais George, tu dis rien.

Alors tais-toi.

Ugly. Ordures et ménagères.

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Faut-il aller voir Ugly ?

Salut c’est le Règne de l’Arbitraire ! Tu sais, le blog qui publiait une fois par semaine dans les années 90 ? Et ben je reviens, pour un dernier tour de piste avant d’aller vivre en banlieue avec Hélène et les garçons et le créateur des sweats Waïkiki et les mini-keums, oh-oh !

Respire.

Le film n’étant plus à l’affiche, rien ne sert de courir. Mais puisque vous ne l’avez sûrement pas vu, il est tout de même important de savoir ce que vous avez raté.

C’est l’histoire des enculés. On y apprend qu’ils sont nombreux, protéiformes, omniprésents et vraiment dégueulasses. Noir jusqu’aux racines de la moustache, Ugly nous plonge dans un monde où les mamans biberonnent, les amis trahissent et les amantes michetonnent sur des pavés qui glissent. Guère mieux que les autres, les pères se perdent, les flics filoutent et les pédophiles filent. C’est très compliqué.

Moins que Gangs of Wasseypur quand même. Le précédent film du réalisateur avait beau raconter les gangs indiens avec élégance, il était quand même dominé par l’ennui et la confusion. Ugly n’échappe pas à l’intrigue un peu complexe, et on finit par en avoir un peu marre de trouver des tiroirs dans les tiroirs.

Mais on s’en fout un peu. Le premier but du film, c’est de frapper fort, avec la pointe du pied, en visant les couilles. Et ça fait super mal. Parce qu’il y a un truc fondamentalement affreux dans le fond de cette histoire, mais surtout parce que la mise en scène nous pète les genoux d’entrée de jeu : une femme blafarde, un verre vide… BAM du Death Metal.

Saturé d’idées, de style et d’audace, le film prouve ce qu’on commençait à voir venir de l’Est : lorsque Bollywood arrête de danser, il ne reste pas que de la poussière en suspension, mais le potentiel pour faire un putain de cinéma.

Sur cette métaphore graisseuse, je vous salue bien bas et je vais m’enfoncer la tête dans le mur.

En Bref : Il faut aller voir Ugly. Enfin, il aurait fallu le voir il y a trois semaines, avant qu’il quitte les salles pour toujours. Parce que c’est puissant, barré et signé par un réalisateur debout sur son tabouret.

Bien-sûr, vous ne sortirez pas du film en dansant la carmagnole. Mais peut-on vraiment être heureux, dans un monde ou l’Allemagne gagne au Brésil ?

Wadjda. A voile et à peur.

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Faut-il aller voir Wadjda ?

Wadjda est une petite fille dans un pays sans petites filles. C’est l’Arabie Saoudite. Quand elle sera grande, elle pourra faire la cuisine et des enfants. Mais Wadjda préférerait faire du vélo.

Après l’excellent Syngué Sabour, les pays enfoncés dans l’islam radical font à nouveau entendre leur voix. Une voix féminine, paradoxalement. On peut en déduire deux interprétations : ces territoires sont si reculés qu’ils n’ont pas encore découvert l’appartenance des femmes à la race humaine, et ils commencent très lentement à s’ouvrir et à raconter des histoires.

Forcément, toute la critique parisienne ressent des spasmes de joie devant un film pareil. Les journaux de gauche sont contents parce qu’il y a du sable et les canards de droite peuvent à la fois prouver qu’ils sont des humanistes et continuer de vendre leur came flippante.

Et au risque de décevoir nos amis les cyniques, on est obligé d’être un peu impressionné par la meuf : faire un long-métrage dans un pays où il n’y a pas de cinéma, en dirigeant son équipe d’hommes en étant elle-même cachée dans une camionnette, où à tout les coups, il faisait chaud ; on est obligé de respecter.

Au-delà de ça, Wadjda dépasse son statut étouffant de “premier film saoudien réalisé par une femme”. Souvent, quand un pays s’ouvre au cinoche, c’est parce qu’un naze avec une caméra DV a filmé ses potes qui parlent politique en fumant des clopes dans un cinéma porno. C’est à chier, mais Les Inrocks adorent et on reste là. Mais cette fois il y’a une vraie réalisation et un scénario plutôt fin.

Loin d’un plaidoyer classique et trop évident sur l’apartheid imposé aux femmes saoudiennes, Haïfa al Mansour raconte une histoire assez lumineuse, non dénuée d’humour et plus portée sur l’ironie mordante que le pensum lourdaud. Derrière les blagues et les jeux d’enfants, le portrait perturbant d’une société masochiste où les hommes sont des mômes et où les femmes sont parfois les artisanes du système qui les oppresse.

Malheureusement, malgré de vraies intentions de réalisation, le film manque un peu de rythme et de poésie pour émouvoir au-delà du tableau réaliste. La faute à un scénario pas hyper captivant, mais surtout à une jeune actrice un peu moyenne.

En même temps, diriger des comédiens à travers les vitres teintées d’une camionnette, ça favorise peut-être la confusion.

En Bref : Il faut aller voir Wadjda. Pas seulement pour jouer les soldats de l’art libre en gobant des crevettes dans un vernissage du 6e. Il faut d’abord y aller pour voir un pays où les caméras rentrent au compte-goutte, il faut y aller pour cette histoire touchante et pour la finesse du propos, qui n’ôte rien à sa puissance.

Mais pour voir le même sujet avec moins de réalisme et plus de cinéma, préférez Syngué Sabour.

Au-delà des collines. Trop bonne, trop nonne.

Faut-il aller voir Au-delà des Collines ?

L’image crypto-lesbienne au-dessus et les mots-clefs en dessous sont ce que j’ai trouvé de mieux pour vous attirer. Mais soyons francs d’entrée, pour ne pas tromper le lecteur :

C’est l’histoire d’un couvent orthodoxe sur une montagne en Roumanie. Le film est en VO, il dure deux heures trente. Il a gagné le prix d’interprétation féminine et le prix du meilleur scénario à Cannes.

Voilà. Nous ne sommes probablement plus que trois (Bonjour maman ! Bonjour papa ! Tiens, bonjour Tonton, c’est sympa d’être resté auss… ah bah non paf il est parti. Vaut mieux en même temps, les religions vont encore se faire dézinguer par ici).

Donc oui. On s’emmerde un peu dans Au-delà des collines. Les évènements se répètent dans une boucle oppressante en accélérant jusqu’au troublant dénouement. Le message, lui-aussi, est asséné au marteau-pilon : “Il faut vraiment être con pour croire en Dieu”.

Ma famille étant partagée entre un troupeau de fidèles et une horde de hussards, je suis perplexe. Certes la bêtise profonde des bigots du film donne envie de taper le pope, mais on ne peut s’empêcher de trouver le tout furieusement réducteur, et aussi manichéen que la Bible ou le Coran.

Malgré tout, il y a de la vérité dans cette histoire inspirée d’un fait-divers glauque. Et bien souvent, le réalisateur réussit à nous faire enrager devant ces nonnes chez qui la foi se substitue directement à la raison et l’intelligence. Le “malin” qu’elles semblent voir partout, pourrait aussi s’appeler la liberté, et en l’occurence, celle d’aimer.

En ces temps de débat acharnés, où une partie de la France est décidée à se mobiliser pour empêcher une minorité d’avoir les mêmes droits qu’eux, le film apporte un point de vue explosif et rageur sur les dogmes et leurs brebis.

Mais deux heures trente pour apprendre que les intégristes sont des andouilles, c’était pas forcément nécessaire.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Au-delà des collines. Le message du film est percutant et salutaire, mais asséné trop lourdement pour toucher. Dommage, car les plans-séquences sont très bien construits, malgré l’austérité générale.

Aux athés intégristes qui me lisent, je n’ai pas perdu mon esprit critique, mais j’ai bien connu une nonne. Et elle était très loin d’être conne.

Argo. Film familier.

Faut-il aller voir Argo ?

C’est l’Iran. 1979. Il n’y a pas trop de hippies, mais pas mal de barbes. Elles sont fâchés, parce que les Etats-Unis protègent leur ancien dictateur, qui s’appelle le Sha. Et quand le Sha n’est pas là, les américains dérouillent. Pour récupérer les employés de l’ambassade sans les morceaux, la CIA envoie Ben Affleck avec sa barbe et son couteau. Autant dire que c’est pas gagné.

C’est rigolo quand même : pour son troisième film, Ben Affleck se donne le rôle d’un mec qui fait semblant de réaliser un film. C’est vrai que si ses deux premiers tours derrière la caméra étaient plutôt honnêtes, c’était plus pour leur scénario que pour leur mise en scène.

Pendant deux heures assez courtes, l’acteur-réalisateur ne révolutionne toujours pas son style très sobre. Et c’est tant mieux, car l’histoire en elle-même ne manque jamais d’intensité. Assez brillant, le scénario de ce thriller-comédie réussit à passer du rire au armes sans jamais faire de fausses notes. On ne s’ennuie pas, on crispe un peu nos mains sur les accoudoirs et on reste effaré devant cette histoire aussi véridique qu’elle est ubuesque.

C’est fluide, trop même, et sans révéler l’histoire, on peut tout de même regretter que son déroulement manque d’anicroches. Surtout, on peut être légitimement déçu par le faible recul politique du film.

En ces temps où certains hommes politiques n’hésitent pas à repeindre le monde en noir et blanc, gracieusement aidés par des journaux racoleurs, parler de l’islam et de l’Iran demande un peu d’intelligence et d’analyse. Passé une explication succinte, on sort du film assez persuadé que le gentil américain a combattu les vilains barbus fous.

Alors oui, les barbus fous sont des cons. Mais pour être précis, il ne faut pas oublier de dire que les gentils américains leur ont tracé une autoroute en maintenant un dictateur sanguinaire à la tête de l’Iran pour garder la main sur la pompe à essence pendant que la famine asservissait le pays.

Fiou. C’est vrai que ça flingue un peu l’ambiance. J’imagine que c’était ça ou les oscars. Ça sera les oscars.

En Bref : Il faut aller voir Argo. Parce qu’on ne va pas faire les fines bouches et c’est quand même un thriller intense, rapide et prenant d’un bout à l’autre. La réal est toujours un peu terne, mais les acteurs, les dialogues et les nombreuses blagues sont bien au-dessus de ce qui se fait aujourd’hui à Hollywood.

Dommage que le film n’ajoute pas l’intelligence au talent, c’est souvent ce qui manque aux génies.

La bannière topalaclasse

Coucou !

Ça y’est ! Après une semaine de combat acharné contre le côté obscur des internets, la censure globalisée et les formats compliqués de l’image, vous pouvez enfin admirer la nouvelle bannière du site !

Fini le mec mort et son tonneau sur une plage cramoisie. Pris de pitié, mon copain Fluck a décidé d’utiliser son crayon pour faire un dessin vachement coolos de votre serviteur avec une pipe. Voilà. Je suis content.

Et puis comme vous êtes là, c’est forcément que vous êtes en train de rien foutre au boulot, alors faites vous plaisir et allez faire un tour sur son blog, ça sera toujours mieux que d’aller matter des articles de merde sur Vice en vous demandant ce que vous allez faire de votre carrière qui prend l’eau.

Le blog Marre-toi, c’est comme se rouler dans l’herbe tout seul au parc des Batignolles un vendredi après-midi d’après qu’il a plu : c’est bien.

Que faites-vous là ?

Bonjour.

Dans les outils merveilleux de l’internet 2.0, j’ai découvert un truc formidable qui permet de savoir ce que vous tapez sur Google pour arriver jusqu’ici. La première constatation, c’est que l’article sur The Tree of Life me rapporte le plus de clics, très loin devant tout le reste, la deuxième, c’est que le monde est obsédé par la fesse et la dernière, c’est que certain d’entre vous sont complètement tarés.

Pour le reste, lisez vous-mêmes, voici la liste non-exhaustive des recherches qui vous ont menées ici, je n’y ai pas changé une virgule.

1. Les grands sujets

le comique mis en scene au theatre nous permet de nous évader d’un univers trop pesant

la beaute n’est pas propre a la jeunesse ni a la vieillesse

les filles se prostituent en haiti pour manger

célibataire, on s’ennuie. en couple , on a des ennemis :/

c’est pas grave si les ado regarde le film porno

ces hommes qui refusent d’aimer

pourquoi des femmes géniales et des hommes attardés ?

l’arbitraire est il arbitraire ?

pourquoi brandon se branle ?

pour aller a menin il faut passer par ou ?

comment mettre une bite dans le cul ?

2. Les hors-sujets

claire’s les porte cle en singe qu’il boive du coca cola ou mange des frite

pépito c’est un capitaine capitaine d’un navire

peplum gay

clement est extra con est tres moche

tarantino clooney allergique au mouton

vieu coureur cycliste

un jri surdoué 

plan cul bois le roi

micro onde . thor كيفية استعمال

3. Les déviants 

cochon qui se fait couper en deux 

xanax déception amoureuse

vrai vomissement kate winslet

 une femme déguisée en homme et portant une moustache marc dorcel

 robin des bois ridley scott erreur femme chirurgie esthétique 

maladie du crocodile drogue

voir la kuekuette de misse france

quequette sous le jogging

quequette contre quequette

 mecs au slip généreux

4. Les psychopathes

squelette poupee gonflable

mec se fait couper la bite en deux

vieux, gros et laid bande mou sex gratuit

vieillard malsain

porno degueulasse affreux

5. Mes préférés

le regard doux de ma blonde me fait bander

rigolade pornographique

j’ai toujours voulu me raser le crane

deux fille et une garçon se collant

beau garçon qui sent parfum

Corentin Chrétien est une tapette

Dorénavant, j’arrêterai de faire le con avec les mots-clefs.

Gangs of Wasseypur Part 1. Stache Capone.

Faut-il aller voir Gangs of Wasseypur Part 1 ?

Dans le quartier de Wasseypur, deux communautés musulmanes s’en mettent plein la gueule sous prétexte qu’elles ont plus ou moins la même religion. Mais au fond de ce conflit il y a une histoire de vengeance, de haine et de coupe de cheveux. C’est très compliqué.

La dernière fois que j’ai tenté de regarder un film indien, j’ai dû m’arrêter pour éviter la crise d’epilepsie, et sur un autre blog je me suis fait déglinguer pour cause d’ethnocentrisme pourrave. “Va chier”, leur répondis-je. Le cinéma américain est con, le français est prétentieux, le russe est bourré. Je vois pas de quel droit on pourrait pas se foutre des indiens.

Merde.

Et pourtant, la guimauve bollywoodienne ne dégouline pas trop sur cette saga vengeresse. Lecture scorcesienne de la mafia indienne, ce (très) long-métrage ressemble plus à Hollywood qu’à son équivalent local. Certes, on se tape quelques rencontres romantiques et viriles au ralenti sur fond de musique criarde, mais le tout est enveloppé d’un second degré plutôt sympa.

Malheureusement, le film n’échappe pas à la malédiction des films-fleuves : les films-fleuves, c’est pourri. Comme à chaque fois, on saute deux générations en dix minutes, et la plupart des scènes sont pliées en deux phrases et trois plans. Résultat, on a l’impression de mater le zapping dans un hôtel de Mumbaï, on s’emmerde pas mal et on ne bitte pas grand-chose à l’histoire.

Rapidement, on se désintéresse des héros (particulièrement misogynes et antipathiques par ailleurs) et on finit par s’égarer entre les moustaches, quand on ne commence pas carrément à somnoler devant la multiplication des intrigues.

Et pourtant, certaines scènes sont impressionantes de maîtrise, du plan-séquence initial au meurtre final, le réalisateur livre quelques jolis morceaux de bravoures, d’autant plus chouettes qu’ils surgissent dans un univers cinématographique qui ne franchit pas souvent nos frontières. De là à s’envoyer la “Part 2″ à l’automne, faudra vraiment être en recherche d’un endroit climatisé pour passer l’aprèm.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Gangs of Wasseypur. Le film est sympa, assez inhabituel et pas trop mal filmé, juste assez pour faire tripper Cannes et nos amis les critiques.

En vrai, si on enlève le filtre du dépaysement, on se retrouve devant une énième redite du Parrain et des Affranchis, trop foutraque et mal montée pour nous empêcher de bâiller pendant les deux longues heures de projection.

Dommage, car les acteurs sont bien dirigés, et leur dialogues plutôt bien goupillés.