Chef. Cuisine et descendance.

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Faut-il aller voir Chef ?

Parfois je me demande à quoi ça rime tout ça. A quoi bon faire des critiques qui ne servent à rien ? Si les mecs me disent que Mommy est un chef d’oeuvre, on va quand même pas en venir aux mains, si ? Les gens aiment des films, détestent des films et c’est la vie. Ils ont tous raison. Qui suis-je pour les contredire en vociférant sur internet ?

Qu’est-ce que j’en tire ? Et surtout, pourquoi je m’embête à faire des critiques pleines de blagues boiteuses et de fautes de conjugaison, quand je pourrais me contenter d’écrire :

Youhou !

C’est probablement la réflexion qui a dû hanter John Favreau lorsqu’il pondait le scénario de Chef. Il devait être là, avec son crayon, son ventre et son bouc, à réfléchir sur les relations humaines, la gastronomie et la filiation. Et soudain il s’est dit : “Youhou !” C’était la clef.

C’est l’histoire d’un grand chef qui fait des ganaches dans un resto pédant. Il est génial mais il se fait virer. Alors il fait des sandwichs dans un food-truck. Youhou. Il traite son fils avec les mêmes égards qu’une fourchette à poisson. Et puis il regarde une vidéo sur internet et il se rend compte qu’il l’aime peut-être. Youhou. Et son ex-femme ? SPOILER Et ben son ex-femme, il la re-épouse. Youhou. La musique cubaine ? Youhou ! Scarlett Johansson ? Youhou ! Et mes couilles ? A ton avis…

John Favreau a réalisé les deux premiers Iron-Man. Ça a marché, c’était pas mal et il a fait du fric. Autant dire que pour son nouveau film, il avait le droit de faire à peu près n’importe quoi. Et ça tombe bien, car ce garçon a écrit des scénari comme d’autres se mettent le doigt dans le nez : avec dilettantisme.

En pleine traversée du désert, son héros (lui-même) décide de traverser le désert. Il se promène dans le sud des Etats-Unis en faisant des sandwichs. Et de temps en temps, il se met de la farine dans le caleçon (sic) et ça lui fait drôlement du bien. John Leguizamo joue le cubain. Ay Papi ! Le fils du héros est content. Son père le fait travailler, mais au moins il lui parle, et c’est important quand on a douze ans. Youhou.

Je ne sais vraiment pas quoi dire sur ce film. A part qu’il me donne envie d’arrêter d’aller au cinéma. Il n’y a pas de style, pas d’humour, pas de tendresse, pas d’émotion, pas de jeu, pas de mise en scène, pas d’action, pas de rythme. C’est…

C’est…

C’est nul qu’est-ce que tu veux que je te dise John ? Y’a pas de mot. Ton film est nul. J’aurais mieux faire de passer deux heures à me rouler en boule en attendant le retour du printemps. Parce que j’aime trop le cinéma pour regarder ce que tu lui fais subir.

Et puis tu joues mal. Et puis t’es gros.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Chef. C’est un film sur un sujet passionnant et cinématographique (la bouffe) mais à des années lumières du joli Ratatouille de Pixar. Et à des années lumières du cinéma en général. C’est plat, sans âme, et finalement à l’image de cette année cinématographique qui commence à être désespérante.

Et constater que le seul espoir à l’horizon s’appelle Christopher Nolan, c’est se rendre compte qu’on est vraiment dans la merde. Youhou.

The Lunchbox. Ciel, mon curry !

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Faut-il aller voir The Lunchbox ?

C’est l’histoire d’une rencontre en boîte. Sur un malentendu, une femme délaissée par son mari décide de cuisiner pour un autre.

Je suis de plus en plus en retard sur les critiques. Il va falloir que je décide entre abandonner mon travail ou ce blog si ça continue. Mais vos commentaires seront-ils suffisants pour me nourrir ?

La nourriture, c’est justement le sujet du film. Ou plutôt, la transmission de l’amour par le transit, et le rôle de l’aubergine comme vecteur sentimental. Tout cela est indien, vous l’aurez compris, ce qui vaut toujours mieux que deux “tu l’auras”.

A priori, le pire est à craindre. Vous aurez déjà eu l’occasion de vous scandaliser devant mon imperméabilité aux merveilles de l’Inde, si on rajoute le romantisme mièvre et la bouffe, il n’y a pas de quoi sortir les lunettes 3D.

En fait, The Lunchbox montre que le cinéma indien a pas mal évolué depuis les danseurs argentés et les love-stories rose bonbon. Enfin je crois. Enfin j’en sais rien. On s’en fout. Mais en tout cas, le film ne manque certainement pas de finesse dans sa description sentimentale des personnages.

Un peu convenue, cette histoire d’amour culinaire est portée par des dialogues intelligents,  et des comédiens au niveau. C’est joli. Assez simple. Un petit peu chiant. Mais plutôt fin. Et faim aussi, pour peu que vous regardiez le film le ventre vide.

Bien mise en scène, la rencontre des deux héros qui ne se rencontrent pas (tu comprends pas ? Normal, c’est pour pas spoiler) fait penser à la plus belle chanson de Serge Reggiani.

En Bref : Il faut aller voir The Lunchbox. Surtout si on a un peu la dalle. Le film réchauffe les papilles, et rajoute juste assez de guimauve pour faire saliver le spectateur sans l’écoeurer.

Non mais sans déconner quoi. Est-ce que quelqu’un réussit encore à filer les métaphores sans être ridicule en 2014 ? Foutue crise.