Rush. Chris aime, Daniel brûle.

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Faut-il aller voir Rush ?

Et surtout, est-ce qu’il boit le Règne de l’Arbitraire ?

Un mois après sa sortie, il nous parle d’un double-biopic sur des pilotes de Formule 1, réalisé par l’homme qui a commis l’horrible Da Vinci Code, avec l’acteur principal des infâmes Thor et Blanche-Neige. En plus, il parle de lui à la troisième personne alors tout le monde sait qu’il est tout seul à faire son blog. EST-CE QU’IL EST BOURRÉ LE RÈGNE ?

Non. Peut-être un peu fatigué.

C’est l’histoire vraie de deux pilotes que tout oppose. James vit, Niki s’organise. James nique, Niki non. James dîne, Niki jeûne. Mais sur le circuit. James chasse Niki sans jamais le rattraper. Jusqu’au jour où.

Tout prédestinait Rush à tenir son rang sur le podium des nanards de l’année. Mais dés les premières images, le blockbuster s’obstine à faire preuve de personnalité. Une fois n’est plus coutume, la musique d’Hans Zimmer est habitée et l’image est assez belle (malgré l’étalonnage dégueu utilisée sur tous les films qui restituent les années 70).

Chris Hemsworth rentre dans l’image comme dans les mannequins qu’il aligne. Avec facilité, décontraction et pas mal de classe. De son côté, Daniel Brühl surjoue un peu les autrichiens tendus, mais ça fonctionne. Leur rivalité, sur fond d’admiration est rendue sans finesse, mais avec pas mal de justesse.

Contrairement aux autres films à caractère sportif, celui-ci ne base pas ses enjeux sur la victoire du meilleur, le combat pour la progression et les larmes d’un connard qui brandit une coupe. Intelligent, le scénario parle plutôt du bonheur en opposant deux approches : crever d’indigestion en mangeant tout le pain blanc d’un coup, ou à attendre qu’il soit rassis pour l’apprécier sans joie.

C’est pas con. Intense. Et même parfois, c’est assez beau. Mais je n’arrive toujours pas à bien comprendre en quoi il y a quelque chose d’excitant dans les cages en métal qui tournent en rond.

En Bref : Il faut aller voir Rush. C’est une histoire passionnante en elle-même, mais aussi les beaux portraits croisés d’un hédoniste et d’un épicurien. N’espérez pas une dissert’ et comptez quand même sur une bonne demi-heure de gros moteurs qui rugissent.

N’empêche, depuis le début de l’année, c’est le meilleur film qui nous soit parvenu d’Hollywood. L’année scolaire, j’entend.