Abraham Lincoln : Chasseur de vampires. Prési-dents.

Faut-il aller voir Abraham Lincoln : Chasseur de vampires ?

Dans la vie, les films se classent en trois catégories : ceux qui ont une idée, ceux qui ont une histoire et ceux qui ont un titre. Abraham… appartient exclusivement à la dernière catégorie. Méprisée par les Castrés du cinéma, cette basse-classe regorge pourtant de séries B coolos (Des serpents dans l’avion, Kill Bill, Cow-Boys versus Aliens, Les clefs de Bagnole…)

Mais on s’en fout. Le film.

Un titre donc, et pas de scénario. Une simple suite de prétextes incohérents pour faire des scènes d’action top déglingue avec des effets en 3D, des gerbes de sang et Abraham Lincoln avec une hache. C’est chouette. Et même plutôt joli, comme lorsque le héros poursuit un méchant au milieu d’un troupeau de chevaux fous dans le soleil couchant.

Pour une fois, la 3D sert à autre chose qu’à nous griller la rétine : les vampires sautent dans l’image, on se prend des coups de fouets au ralenti et des têtes coupées en pleine poire. Certes, on a plus l’impression d’être au Futuroscope qu’au cinéma, mais après tout, parfois, c’est mieux.

On rigole bien pendant la première moitié, et puis tout s’écroule : soudain, le réalisateur avec son nom chelou arrête de faire du fun pour s’essayer au cinéma. Les héros dialoguent en essayant de croire à leurs répliques, le cinéaste tente vainement de nous émouvoir et tout le monde fait semblant de prétendre qu’il y a un scénario derrière tout ça.

Bim. L’effet douche tout le monde. Comme devant un édito d’Arianne Massenet, les spectateurs, désorientés, ne savent plus s’ils doivent rire ou éteindre la télé. Mais l’écran du méga CGR de Tarbes ne s’éteint pas et j’ai souffert pendant une demi-heure.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Abraham Lincoln : Chasseur de vampires. Ça commence bien fun, c’est joliment réalisé, mais un film avec un tel nom à la con n’a pas le droit de se prendre au sérieux.

Ça serait comme voir un ancien Mister Univers jouer les machines à tuer pendant 15 ans avant de se présenter pour devenir gouverneur de Californie : absurde.

Oui oui, cet article a été écrit en 2004.