Camille Redouble. All you need is Lvove.

Faut-il aller voir Camille Redouble ?

Après m’être tapé 5 fois la bande-annonce, j’avais une conviction profonde : ce film est une merde. Une comédie franchouillarde nostalgique à deux balles ou les acteurs français les plus récurents de l’hexagone dansent avec des mitaines et cabotinent d’interminables répliques dans des plans mal composés.

Mais comme il est dit dans mon manifeste, on ne peut pas détester a priori. Donc on y va, même à reculons.

Et c’est vrai : les cadres sont rarement inventifs, les dialogues sont nombreux et on retrouve à peu près tous les acteurs français de renom sauf Gérard Depardieu nous en garde. Et pourtant, Camille Redouble n’entre pas dans la catégorie bien remplie des “films français casse-couilles qui parlent des heures pour dire quedalle”.

D’abord parce qu’il y a Noémie Lvovsky. Réalisatrice, scénariste et actrice principale du film, la comédienne habite son histoire du début à la fin. L’histoire justement, c’est celle d’une femme au bord de la crise de nerf qui se réveille un jour à 16 ans, dans les années 80, quelques jours avant la mort de sa mère.

Amusés, ou hilares (selon mes observations, c’est une question de genre) on regarde donc Noémie retrouver son enfance avec un émerveillement si naturel qu’il ne semble pas joué et qu’il devient vite communicatif. Les réveils de sa maman, la moustache de son papa, les amours de lycée, la lose quotidienne des adolescents et la violence douce-amère des débuts de la vie, on revit tout avec elle, comme si c’était notre propre adolescence qui défilait. Et en quelques minutes, la petite musique nostalgique jouée par le film nous collerait presque les larmes aux yeux.

On oublierait presque les acteurs, tous parfaits et la prestation formidable de Yolande Moreau, qui représente à elle-seule une raison d’aller voir le film. On oublie aussi les imperfections, le scénario inutilement compliqué et la fin en queue de poisson. On sort avec la banane et l’impression d’avoir vu quelque chose de tellement sincère, que les images du film ont comme un arrière-goût de souvenir.

En Bref : Il faut aller voir Camille Redouble. Même si la french touch vous rebute, même si vous avez marre de voir Denis Podalydès partout et même si vous n’êtes pas nostalgique des années 80. Il faut y aller pour Noémie Lvovsky, son énergie, sa générosité et pour retrouver les deux débiles des Beaux-Gosses à ses côtés.

Maintenant, vous pouvez aussi être un gros hipster parisien comme mon coloc Doudi et éructer que c’est “un gros nanard français mièvre qui pille les fonds du CNC sans se donner la peine d’avoir un scénario” en terminant votre caïpirinha à la fraise.

Vous garderez votre Street credibility, mais la Banque de France risque de vous proposer un CDI…

Du vent dans mes mollets. Jaoui bâclé.

Faut-il aller voir Du vent dans mes mollets ?

Avec un titre pareil, on pouvait flairer le nanard familial à huit kilomètres. Les années 70, une petite fille qui vit avec sa mère et sa grand-mère, des parallèles à deux balles, des fallafels sur la table et, allez, vous reprendrez bien un peu de psychologie enfantine et une cuillerée d’Auschwitz ?

En guise de nappage, une voix off assez mal écrite, ânonnée par une petite fille qui joue terriblement mal. C’est l’un des problèmes majeurs de cette comédie : les deux petites filles qui tiennent les rôles principaux sont mignonnes, et sans doute très gentilles, mais elles n’ont strictement rien a faire devant une caméra.

Autour d’elles, les acteurs s’arrachent pour sauver les meubles, Podalydès est très bon, Carré aussi et Agnès Jaoui parvient à être convaincante et touchante malgré l’écriture caricaturale de son personnage.

Grâce à eux cette comédie une peu niaise est sauvé de la case nanard. Au crédit de la réalisatrice, il y a des idées, quelques bonnes, et pas mal de trucs intelligents dans le propos. Derrière son innocence apparente, le film est même assez dur et lors d’une scène de confession féminine, il devient même beau.

Mais il y a aussi trop de prétention dans le style, pas assez d’originalité dans le scénar et trop de filtres à deux balles sur la caméra.

Et puis les petites filles reviennent, et je casse le siège d’en face à coups de talons.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Du vent dans mes mollets. C’est relou, mal joué et pas très bien réalisé. Malgré tout, le film sait offrir quelques beaux moments, une poignée de jolis plans et quelques éclats de rire.

Mais pour nous faire marrer une heure et demi, il faudra plus que deux minettes qui crient “sucer des bites !” une dizaine de fois. Quand même !