The We and the I. Fils de bus.

Faut-il aller voir The We and the I ?

Après le denier Gondry, j’en avais marre. Marre du môme doué qui refuse de grandir, avec ses effets en cartons et ses idées marrantes qui commençaient sérieusement à manger sur le scénario.

Heureusement, Michel lit le Règne. Et rien que pour me contredire, il a tout remis à plat. Presque sans trucages, son nouveau film prend tous les autres a rebours. Sans filtre, il se centre sur l’humain, et en particulier, le jeune du centre-ville (version américaine du jeune de banlieue français).

C’est l’histoire d’un bus. C’est la fin de l’année et tout le monde rentre chez soi. Les connards sont au fond, les fayots sont devant, les gonzesses font des clans et les tocards sont tout seuls. Comme dans la vraie vie, les jeunes passent de la confiance à l’insécurité, du rire aux larmes, sans jamais arrêter d’être méchants.

Et puis le bus se vide et les groupes s’éventent. Et seulement alors, les vrais gens apparaissent. Mais alors avant, ils étaient faux ? Ou est-ce que c’est maintenant qu’ils le sont ?

Il fallait pas mal de courage à Michel Gondry pour lâcher les gimmicks qui ont fait son succès. Même s’il ne peut s’empêcher d’allonger quelques séquences un peu nazes filmées au portable, la plupart des artifices utilisés ici sont psychologiques. Tout cela, au service d’un message un peu simpliste mais pourtant vrai : “Plus on est de fous, plus on rit, mais plus on dit de conneries”.

S’il avait été porté par des dialogues ciselés et une interprétation sans faille, ce huis-clos aurait pu être une tuerie. Mais il ne l’est pas. Dans la première partie, on chope surtout un mal de crâne persistant, alimenté par le flot de parole incessant déversé par les lycéens sur de la musique pas ouf (dont l’extrêmement horripilante bande-originale de la pub Orangina avec les mômes qui font du skate).

Pas toujours bien écrits, voir même carrément inutiles, ces échanges sont interprétés par des acteurs assez inégaux. Et ça dure. Au dernier arrêt, on sourit, car la fin est jolie, mais aussi parce qu’on va arrêter de regarder notre montre.

En Bref : Il ne faut pas aller voir The We and the I. Comme hier, je trouve ça dommage de le dire, car le sujet est passionnant et l’intention louable, mais quand on base uniquement un film sur des acteurs et des dialogues, ils ne peuvent pas se pemettre d’être moyens. D’ailleurs ils ne peuvent jamais se permettre d’être moyens.

Malgré tout, je tire mon chapeau à Gondry. Après l’excellent Block Party, le frenchie goes to Hollywood continue d’explorer la contre-culture américaine. Malgré les succès, il se met en danger, quand d’autres se contentent de faire du scandale à deux balles en réalisant des merdes fascisantes au nom de l’art…

Mais ça mes petits dauphins, c’est pour la prochaine critique.