Wrong. Chacun cherche son chien.

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Faut-il aller voir Wrong ?

Ça m’énerve j’ai déjà écrit cette critique et mon blog à buggué. J’ai tapé partout dans le parc Wilson à Toulouse et après y’a deux protestants qui sont venus me demander si j’allais bien.

Dans le film, il y a un monsieur qui perd son chien, de la pluie dans les bureaux, un chinois aux yeux bleus, des étrons avec de la mémoire et un joggueur dépressif. Il y a aussi un lapin sur une mobylette sur une boite de pizza, un arbre cyclotimique et Éric Judor sans Ramzy mais avec un chapeau.

La dernière fois que Quentin Dupieux à délaissé ses platines de Mister Oizo pour faire un film, c’était ça. L’histoire d’un pneu tueur qui tombe amoureux. Déjà à l’époque, on rigolait bien, mais le film s’essoufflait un peu et l’absurde était trop content de lui pour être toujours drôle.

Au début de Wrong, on se dit que c’est pareil. Les conversations sont marrantes mais on se dandine un peu en craignant le truc un peu arty narcissique. Et puis en fait non.

Malgré son ambition visible, et son goût du joli cadrage, Dupieux n’oublie pas la priorité de son film : raconter n’importe quoi et faire marrer son spectateur. Comme d’hab, l’humour absurde sépare les spectateurs en deux camps, celui des fans et celui des hermétiques (qui compte, notamment, Margaret Thatcher).

Moi je suis fan, car c’est l’humour le plus fin, dans sa définition la plus pure, alors je me suis plié en deux, entraîné par les rires incontrôlables d’une fille au fond de la salle, mais pas du mec devant moi qui est resté de marbre jusqu’au bout (faut reconnaître qu’il était salement chauve aussi).

Au top, Éric Judor fait rire à chacune de ses apparition, sans jamais vraiment se donner la peine de jouer autre chose que l’étonnement neuneu. Les dialogues sont complètement stupides, et d’autant plus drôles qu’ils sont interprétés avec un sérieux de pape. La caméra excelle dans l’art de l’amorce flou et le réalisateur persiste à montrer l’étrangeté dans les trucs les plus banals, sans s’étonner des évènements bizarre.

Bref, Dupieux à gagné en timing, en modestie et en construction. S’il arrive à mettre du fond derrière ses belles histoires, il aura tout pour rentrer tranquillement dans les rangs serrés de mes réalisateurs préférés (et c’est select, parce que même Scorsese roupille dans la salle d’atente depuis des années).

En Bref : Il faut aller voir Wrong. Je sais, à chaque fois que j’aime un film, je suis incapable d’écrire une bonne critique, et au final, personne ne va le voir. Mais je ne veux pas faire comme mes “confrères” (hihi) et vous raconter la moitié du film pour tirer à la ligne.

Alors si vous aimez un peu les blagues chelou de Woody Allen, ne lisez rien, fuyez les bande-annonce, et filez voir ce film dans une salle minuscule du cinéma indé de votre bled.

Dans dix ans, je vous parie qu’il sera culte.