Inside Llewyn Davis. Folk you.

o-INSIDE-LLEWYN-DAVIS-TRAILER-facebookFaut-il aller voir Inside Llewyn Davis ?

Le monde est séparé en deux types de personnes : ceux qui pensent que Bob Dylan est un génie, et ceux qui préfèrent la pizza quatre fromage.

A l’exception d’Elliott Smith (Dieu ait son âme) et Syd Matters (qu’ils vivent longtemps !), le folk c’est de la merde. Un barbu antipathique avec un pull de grand-mère et du foin dans les cheveux qui raconte sa pendaison sur trois accords.

Qui peut bien vouloir passer deux heures avec ce mec ?

Les frères Coen, et l’écrasante majorité des critiques cinéma, faut croire. Pourtant Llewyn Davis est le mec le plus foncièrement antipathique de tout New-York. Loser narcissique, égoïste patenté et musicien médiocre, il erre dans sa vie en tirant la gueule. Llewyn est un sale mec, mais Llewyn a le droit, parce qu’il est malheureux.

Au début, c’est plutôt marrant. Parce que les frères Coen maitrisent l’absurde comme personne. Et c’est la moindre des choses : ça fait 20 ans qu’ils font le même film.

Comme d’habitude, on suit le parcours sans enjeux d’un héros qui ne fait aucun choix. L’histoire est molle, sans chute et inutilement tarabiscotée. A se demander ce qu’a vu la presse et le jury du festival de Cannes.

Une lumière magnifique, oui, une interprétation sans faille, c’est vrai. Mais de là à écrire que le film est “merveilleusement sympathique” il faut vraiment aimer se faire mal.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Inside Llewyn Davis. C’est chiant, amorphe et à l’exception d’un petit chat roux, tous les personnages sont moches. On rigole à trois reprises, une poignée de chansons valent le coup, mais le reste du temps on soupire en espérant que le héros meure.

Et si vous êtes fans de folk, sachez que j’ai tout de même de l’affection pour vous. De la compassion même. Surtout si vous allez voir Dylan en concert.

True Grit. Borgne to be alive.

Faut pas casser les couilles de Jeff Bridges

Faut-il aller voir True Grit ?

Un cow-boy meurt devant une étable. Le méchant a une tache sur la tronche et la gâchette facile. La fille du mort a 14 ans, des couettes et du courage. Elle recrute un vieux soûlard borgne pour retrouver l’assassin de son père. Ils sont rejoints par un Texas Ranger à moustache qui pue la lose. Ça va chier.

Mon petit neveu a vu 1.500 fois mon unique DVD de Tom et Jerry. Pendant 5 ans, il n’a vu que ça. True Grit c’est pareil. On nous l’as raconté mille fois, et c’est pour ça qu’on aime l’entendre. Un western rocailleux, un film d’aventure old-school, où le héros a une gueule patibulaire et un goût prononcé pour le Whisky. Entre deux volutes de fumée, les personnages lâchent des répliques acérées et cyniques en réajustant leur chapeau. Le gros méchant a une sale gueule et le sens de l’honneur. S’il y a un cheval noir, il s’apelle Blackie.

A cela, les frères Coen ajoutent leur sens prononcé de la dérision et de l’absurde : les personnages ont souvent l’air ridicule, un dentiste-vétérinaire déblatère sous une peau d’ours et les deux cow-boys jouent à celui qui tire le plus haut comme des gamins ridicules. C’est cool : en présentant des situations caricaturales sous l’angle du ratage, les réalisateurs ne renouvellent pas le genre, mais on rigole bien et les clichés passent d’autant mieux qu’ils sont au second degré.

Sans surprise, Jeff Bridges est légendaire et le reste du casting court derrière, mais plutôt vite. Matt Damon campe un formidable cow-boy pathétique et un jour on retiendra assurément le nom de la jeune actrice qui joue le rôle principal (mais pas encore, à l’évidence). Bon, j’ai plus grand chose à dire sur le film, donc je vais conclure et manger un sandwich en triangle.

En Bref : Il faut aller voir True Grit. C’est un bon film d’aventure avec des dialogues ciselés et des acteurs formidables. On dirait du Tarantino en bottes avec des Stenson et des Smith & Wesson. Les scènes de flinguages sont réussies et les blagues sont marrantes.

Idéal pour un dimanche soir, True Grit ne révolutionnera pas le cinoche. Manque d’originalité, de complexité et de réelle force visuelle. Mais franchement, si vous avez le choix entre ça et Sex Friends, jouez pas au con…

Les frères Coen : A serious manne ?

Faut-il aller voir A Serious Man ?

A quelques rares exceptions près, les frères Coen sont probablement les deux mecs les plus surestimés du cinéma américain. Quoi qu’ils pondent, la critique est souvent béate d’admiration, pendant que le public s’emmerde. Autant dire que j’avais décidé de pas aller voir leur dernier opus. Mais la surenchère de critiques positives a eu raison de mes convictions. Voyons-voir.

A Serious Man, c’est l’histoire de Lawrence, un homme sérieux, sur lequel le destin s’acharne. Sa femme le quitte pour un type qui ressemble à Robert Hue, sa fille se lave les cheveux sans arrêt, son frère passe sa vie aux toilettes et son fils fume de l’herbe en écoutant Jefferson Airplane. Pourtant, Larry est un type bien. Il n’a rien fait.

Esthétiquement, il faut reconnaître que les frères atteignent un sommet. Classiques, mais extrêmement soignés, le cadre et la photographie donnent souvent une certaine perfection à l’image. Le rythme est bien rodé, et les frères s’autorisent même quelques moments de rêve assez haletant. Bon… c’est pas non plus Indiana Jones, mais on ne roupille pas sur son siège.

Quant au fond, pas de surprise, c’est du Coen : Une ironie grinçante, un goût prononcé pour l’absurdité de la vie, des personnages écrasés par le poids du monde et des gueules pas possibles filmées en plan fixe. Comme d’habitude, on sourit, on rit parfois, mais jamais à gorge déployée. On rit devant un film des frères Coen comme on danse sur du jazz. Avec classe.

Ce côté un peu guindé ne sert pas le film. On a du mal a ressentir quoi que ce soit pour les personnages, tant ils semblent coupés de la réalité. Tout le monde est calme, froid et névrosé. Tout le monde a des lunettes affreuses et le front plissé. J’ai beau entendre que c’est de l’humour juif, on se fend bien plus la gueule chez Woody Allen.

Outre cet aspect un peu mou du genou, le film souffre d’un problème de contenu. Les ressorts scénaristiques fonctionnent efficacement, et la fin a de la gueule. Pourtant, on a du mal à savoir où les frères veulent en venir. “Nulle part”, répondront les fans, “c’est absurde. La vie est absurde. Pourquoi chercher un sens aux films, quand la vie elle-même n’en a pas…” Après je sais pas ce qu’ils disent, parce que généralement j’écoute plus.

En bref : Il… faut aller voir A Serious Man. Allez… je ne vais pas cracher dans la soupe. La finition du film force le respect, l’acteur principal est remarquable et j’ai un peu rigolé et beaucoup souri. C’est pas le film de l’année, mais au moins, il m’empêchera pas de dormir.

Je suis fatigué moi.