Les garçons et Guillaume, à table! Alter égo.

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Faut-il aller voir Les garçons et Guillaume, à table ! ?

Quand Guillaume se regarde dans la glace, il voit du cinéma. Quand il beurre sa tartine, il y voit probablement de la peinture. Et quand il regarde sa vie, il pense qu’elle mérite de nous être racontée. On en a de la chance.

C’est l’histoire d’un petit bourgeois qui se prend pour un fille parce qu’il admire sa mère. Mais est-ce que ça veut dire qu’il est gay ?

De ce postulat passionnant, Guillaume Gallienne tire une série de sketchs majoritairement bancals où il raconte ses amours, ses emmerdes et sa coloscopie en Allemagne. Pour donner du liant à cette série de saynètes, il se filme également sur une scène de théâtre, pour mettre en parallèle le film de sa vie, avec un one man show écrit sur lui-même.

Et pour prendre du recul, il se met dans la peau de sa mère, qui intervient tout au long du film. Un artifice pratique pour être au scénario, derrière la caméra, mais aussi deux fois à l’écran en même temps.

Bon.

A la limite, ce n’est pas le premier artiste égocentrique qui fait un film. Mais parmi les multiples talents qu’il croit bon de nous montrer, aucun ne convainc vraiment : Guillaume l’acteur est lourd, pas très drôle, et coincé sur le registre hyper-répétitif de la fille-manquée, Guillaume le scénariste ne sait pas construire une histoire cohérente sans nous assourdir de voix-off, quant à Guillaume, le metteur en scène, il multiplie les effets et les procédés, au risque de n’en réussir aucun.

Que reste-t-il ? Pas mal d’humour.

A côté du fantastique 9 mois ferme, c’est une blague Carambar, mais en toute honnêteté, je dois reconnaître que la salle autour de moi était pliée en deux. Moi j’ai un peu souri, sans trop me faire trop mal. Mais à l’exception d’une vanne fantastique sur le service militaire, c’est bas de plafond.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Les garçons et Guillaume, à la table ! C’est une suite de sketchs pas foncièrement antipathiques, à mi chemin entre le cinéma et le dentifrice. On sourit ou on s’énerve, selon le degré d’hilarité que provoquent chez nous les garçons efféminés.

Moi je m’en fous. Mais j’ai bien aimé la chute. Après une heure et demie passée à faire du trampoline sur son nombril, Guillaume Galienne s’intéresse enfin à un personnage qui n’est pas joué par lui-même.

On respire.