Put your hands up in the air ?

Faut-il aller voir In the air ?

Il n’y a qu’une façon d’aimer les américains. Il faut aimer les américains bizarres. Les freaks, ceux qui ne sont ni pom-pom girls, ni rois de la promo. Ceux qui mangent tous seuls sur une table, qui se font taper dessus par le quaterback et qui trainent dans les musées d’art contemporain. Avec un peu de chance, en vieillissant, ils deviendront David Lynch, Quentin Tarantino ou Spiderman.

A priori, Jason Reitman n’était pas quaterback. Après Juno une satyre sociale indé et pop que j’ai toujours pas vue, il se lance dans la critique du système individualiste américain. In the air raconte l’histoire de Brian, un homme payé pour virer les gens, dont le but ultime dans la vie est d’atteindre les 10 millions de miles. Ça s’annonçait piquant et spirituel et en plus y’a George Clooney. Dément ?

A travers les pérégrinations de nos héros en cravate, qui errent d’hôtels de luxe en bar vernis, le réalisateur dénonce l’aseptisation des sociétés modernes. Problème, le film est aussi plat que le mode de vie qu’il dénonce : la mise en scène, le scénario et les dialogues, sont très bien agencés. Rangés dans l’ordre, comme des savonnettes dans des pochettes plastiques.

Certes, on pourra dire que l’image est soignée, lisse et élégante, que l’humour est distingué et que les émotions sont retenues. Au final, le film est aussi beau et créatif qu’une suite royale du Hilton. Visuellement, In the air ressemble à une pub. Non mais regardez la photo au-dessus ! Sans déconner. Ça vous donne pas envie d’ouvrir un compte prévoyance ?

Plus niaise que mordante, la satyre sociale concentre tout ce qu’il y a de plus ringard dans le rêve américain. La famille c’est beau, la campagne c’est chaleureux, faire la fête c’est chouette. Mais merde Jason ! C’est complètement révolutionnaire tout ça ! A ce propos, la scène de concert sur de l’électro minable, où une bande de faux jeunes en chemisettes se trémoussent en souriant est l’une des plus triste qui m’ait été donnée de voir.

Outre ce mauvais goût très hollywoodien, In the air recèle un vrai problème de fond : Jason Reitman ne sait pas vraiment ce qu’il veut dire. Censé être une critique de l’individualisme, le film tire dans tous les sens et ne convainc pas du tout. Au bout du compte, Clooney a beau avoir l’air con tout seul, il semble être bien plus heureux que tous les couples qu’il croise.

En bref : Il ne faut pas aller voir In the air. C’est un film pour les quaterbacks, les reines de la promo et les fans de Phil Collins. En plus de mettre tout le monde d’accord, il leur donnera l’impression d’avoir vu un truc subversif. La fête c’est chouette. Trop underground mec, j’ai des frissons…

Néanmoins, si l’actrice qui joue la jeune première est complètement nulle, Clooney et Farmiga rattrapent le tout avec leurs sourires de vieux loups de mers. On est un peu touché, on sourit, on hoche la tête. Comme avec le mec sur le canapé en soirée. Celui avec lequel on va tous s’asseoir deux minutes. On dit qu’il est sympa. C’est pour pas dire chiant. C’est plus sympa.

Qu’à cela ne tienne. In the air est un film sympa.