The Lunchbox. Ciel, mon curry !

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Faut-il aller voir The Lunchbox ?

C’est l’histoire d’une rencontre en boîte. Sur un malentendu, une femme délaissée par son mari décide de cuisiner pour un autre.

Je suis de plus en plus en retard sur les critiques. Il va falloir que je décide entre abandonner mon travail ou ce blog si ça continue. Mais vos commentaires seront-ils suffisants pour me nourrir ?

La nourriture, c’est justement le sujet du film. Ou plutôt, la transmission de l’amour par le transit, et le rôle de l’aubergine comme vecteur sentimental. Tout cela est indien, vous l’aurez compris, ce qui vaut toujours mieux que deux “tu l’auras”.

A priori, le pire est à craindre. Vous aurez déjà eu l’occasion de vous scandaliser devant mon imperméabilité aux merveilles de l’Inde, si on rajoute le romantisme mièvre et la bouffe, il n’y a pas de quoi sortir les lunettes 3D.

En fait, The Lunchbox montre que le cinéma indien a pas mal évolué depuis les danseurs argentés et les love-stories rose bonbon. Enfin je crois. Enfin j’en sais rien. On s’en fout. Mais en tout cas, le film ne manque certainement pas de finesse dans sa description sentimentale des personnages.

Un peu convenue, cette histoire d’amour culinaire est portée par des dialogues intelligents,  et des comédiens au niveau. C’est joli. Assez simple. Un petit peu chiant. Mais plutôt fin. Et faim aussi, pour peu que vous regardiez le film le ventre vide.

Bien mise en scène, la rencontre des deux héros qui ne se rencontrent pas (tu comprends pas ? Normal, c’est pour pas spoiler) fait penser à la plus belle chanson de Serge Reggiani.

En Bref : Il faut aller voir The Lunchbox. Surtout si on a un peu la dalle. Le film réchauffe les papilles, et rajoute juste assez de guimauve pour faire saliver le spectateur sans l’écoeurer.

Non mais sans déconner quoi. Est-ce que quelqu’un réussit encore à filer les métaphores sans être ridicule en 2014 ? Foutue crise.

Lone Ranger. Le masque et les plumes.

Lone ranger

Faut-il aller voir Lone Ranger, Naissance d’un héros ?

J’aime bien le sous-titre de la version française. Il montre la place du marketing dans la création artistique des studios Disney : « Naissance d’un héros”. Une façon volontariste de dire : “On espère qu’il va bien marcher çui-là because on a déjà adapté tous les autres super-héros de la lose mais on aimerait bien faire une énième trilogie avec quatre films pour se faire autant de fric qu’avec les Pirates des Caraïbes et construire un nouveau manège à Marne-la-Vallée.” Le marketing, c’est faire passer des messages sous-marins avec trois mots rigolos.

Mais ça ne marchera pas.

Parce qu’on fait des bonnes soupes dans les vieux pots, mais pas en utilisant les mêmes ingrédients. En l’occurrence, c’est pourtant la même recette que Pirates des Caraïbes, mathématiquement calquée : Gore Verbinski + Disney + Héros insipide + Johnny Depp bourré + Genre oublié remis au goût du jour + Bateaux ah non, Trains.

Mais contrairement aux flibustiers, les bandits de grands chemins ne braquent pas grand chose et se ramassent allègrement dans les salles américaines et françaises. Et pour cause, il manque un ingrédient à la copie conforme de Pirates des Caraïbes : la nouveauté.

Et l’inspiration aussi : L’indien bizarre est beaucoup moins marrant que Jack Sparrow, le très lourd Armie Hammer (Merde, “Armée Marteau”, really ?) et sa mâchoire carrée sont beaucoup moins jolis qu’Orlando Bloom et son petit bouc, Keira Knightley ne se promène pas en chemise de nuit et le méchant et sa sale gueule ne sont jamais drôles.

Certes, après Avatar, on peut apprécier le fait de voir un film américain esquisser un recul critique sur son histoire et tourner perpétuellement son héros en dérision. Malgré tout, au fond, le scénario livre toujours la même soupe patriotique sur fond de drapeau qui flotte et de héros vengeurs, dans la plus parfaite rhétorique réac.

Mais en vrai on s’en fout du message, je vais pas jouer les web-philosophes moisis, on est là pour rigoler, pour sauter sur son siège et ouvrir grand la bouche. Même là, c’est limite : on ne croit pas vraiment aux cascades grand-guignolesques, les blagues sont un peu lourdes et tout le film manque tellement de fraîcheur, que le sortir en salle par une chaleur pareille, c’est presque criminel.

Alors OK, c’est marrant de voir Johnny gober des raisins. M’enfin quand même, comparer ça à Leone, c’est avoir la mémoire courte.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Lone Ranger, Naissance d’un héros. C’est une grosse farce indigeste, faussement complexe sans être vraiment ambitieuse. Et son vrai talon d’Achille c’est probablement le Lone Ranger lui-même, aussi con et lourd qu’un cow-boy sans harmonica.

Et cet échec commercial n’a rien d’une surprise : après quatre adaptations filmées, plusieurs dessins animés et des centaines de comics et de livres, le Stetson masqué n’a jamais réussi à franchir l’Atlantique. Mais dis-moi Hollywood, quitte à te planter, t’aurais pas pu essayer d’innover pour une fois ?

M:I 4. Te frotte pas au Cruise.

Grimpe Tom

Faut-il aller voir Mission : Impossible – Protocole fantôme ?

J’ai déjà tartiné pas mal sur l’intérêt des suites interminables pondues par Hollywood où les dollars sont la principale motivation. La différence, c’est que d’habitude c’est le quatrième épisode qui plombe une bonne série. Mais dans le cas de Mission : Impossible 4 c’est pire : le premier était pas terrible et les deux suivants étaient dejà nazes…

Oui mais. Aux commandes du dernier opus, on trouve Brad Bird, un mec venu des images de synthèse de chez Pixar, responsable des excellents Indestructibles. Il y avait donc moyen d’espérer.

Autant le dire d’emblée aux intellos qui se sont égarés ici : pas la peine d’emmener son cerveau dans la salle, on va voir Mission : Impossible pour des cascades impressionnantes, des scènes d’infiltration palpitantes et des histoires d’espions à retournements multiples. Des le début, force est de constater que le film remplit les deux premières conditions.

Malgré sa cinquantaine bien tassée, Tom Cruise continue de bondir partout comme un dingue. Le Kremlin explose et les personnages fourmillent de gadgets coolos. Pour une fois, Brad Bird assume complètement le côté irréaliste de l’entreprise. Tom Cruise n’est plus un agent doué, mais un super-héros sans pouvoir, avec une chouette capuche, et le personnage fonctionne nickel.

Malgré ses origines synthétique, le réalisateur à me bon goût d’éviter les images artificielles criardes pour mettre l’accent sur les jeux de mise en scène, les cascades à l’ancienne et les bons vieux combats chorégraphiés. C’est cool. On s’accroche à son siège, et les scènes d’actions sont peuplées de dialogues marrants et pas mal interprétés.

Évidemment, le reste du scénario est un peu laissé pour compte. On fait un joli tour du monde dans des endroits sympas, mais on se tape encore la ritournelle du vilain russe qui veut atomiser la planète avec des ogives et franchement, ça fait quarante fois qu’on nous la fait.

Mais c’est pas grave, y’a des voitures.

En Bref : Il faut aller voir Mission : Impossible – Protocole fantôme. Pour rigoler, se distraire bêtement et tripper devant les scènes d’action qui défient les lois de pesanteur. Et parce qu’il faut du courage pour placer un tiret ET deux points dans un même titre de film.

Oui, vous n’allez pas choper de migraine, mais à côté du Havre de Kaurismaki, MI 4 est largement le conte de Noël débile que je préfère !

Et si vous n’avez pas compris le jeu de mot du titre, c’est parce que vous écoutez pas assez Stupeflip. Et ça, c’est pas bien.
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Golmaal 3. Sari jaune.

Faut-il aller voir Golmaal 3 ?

A vrai dire, on s’en fout. Golmaal 3 ne sortira probablement jamais en France et il ne passe déjà plus en Inde. La question est donc : Faut-il prendre un vol Finnair entre Helsinki et New-Delhi avec des écouteurs moisis sur les oreilles pour se taper Golmaal 3 sur un écran minuscule ? Suspense.

C’est l’histoire d’un mec musclé qui casse les doigts des gens et qui tient en équilibre sur des voitures. Avec sa meuf et son pote bègue il mène une guerre sans merci contre ses concurrents : trois losers malhonnêtes qui louent des jet-skis sur une plage. Après j’en ai eu marre alors j’ai regardé Raiponce en m’endormant.

Golmaal 3 termine la première trilogie du cinéma indien. Comédie populaire et exemple probant de la vitalité de l’industrie locale, le film a été bien reçu par la critique. Vous êtes peut-être des fans du cinéma Bollywood, alors je vais essayer d’être nuancé.

Golmaal 3, c’est de la merde. Il n’y a rien à tirer de ce film, à l’exception d’une bonne migraine. Les blagues sont toutes pourries, les couleurs sont agressives et le mauvais goût fluorescent. La plupart des scènes sont tournées en accéléré, les scènes de danse sont ridicules et les acteurs sur-jouent.

J’ai été malade en Inde. C’était à cause de Golmaal 3.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Golmaal 3. A moins de survivre à ses 20 première minutes. J’ai pas pu. Devant ce mauvais Chaplin sous LSD, c’était une question de santé oculaire. J’avais l’impression de recevoir de la spicy water dans les yeux. Et la spicy water C’EST DEGUEULASSE !