Des gens qui s’embrassent. Famille je vous haime.

des-gens-qui-s-embrassent-kad-merad-eric-elmosnino-ivry-gitlis

Faut-il aller voir Des gens qui s’embrassent ?

C’est deux familles. Les premiers sont des juifs qui mangent du porc, font du yacht sur la côte, claquent plein d’argent et en gagnent encore plus. Les deuxièmes sont des juifs qui mangent du pastrami, vivent modestement et jouent du violoncelle dans des orchestres plus ou moins philarmoniques.

Le premier point commun de ces deux familles, c’est qu’elles détestent la famille d’en face. Le deuxième, c’est qu’elles partagent le même grand-père. La surprise en revanche, c’est que les cons ne sont pas forcément du côté où on les imagine.

Difficile de classer le film de Danièle Thompson dans une catégorie : film choral et ambitieux, Des gens qui s’embrassent parle d’amour, de frères, de judaïsme et de deuil, mais d’abord de famille, et à travers elles, des oppositions radicales entre les gens qui s’embrassent mais qui ne pourront jamais s’entendre.

La grande force du scénario, c’est de jouer avec des clichés, sans tomber dans la caricature. Lorsque les deux frères, si opposés, s’engueulent, on est bien incapable de choisir son camp. L’orthodoxe hardcore est aussi un oncle affectueux et intelligent, mais le nouveau riche flambeur est bien plus généreux et drôle.

On peut trouver le tout un peu naïf, pour peu qu’on déteste sa propre famille, mais au final, on ne peut qu’aimer un film qui aime autant ses personnages. Ces derniers sont inégaux : Merad et Elmosnino sont impeccables, de Lâage est magnétique mais Boublil est fade quand Bellucci galère pour ne pas être aussi caricaturale que son rôle.

On s’en fout, on sourit beaucoup, on rigole à plusieurs reprises et on s’émeut devant la grande capacité du film à passer du vaudeville marrant à quelque chose de plus profond et grave.

Et puis il y a la très belle histoire d’amour, qui m’a fait des gouzis. Mais j’ose pas en parler, je vais encore passer pour un mec fleur bleue.

Alors que j’suis un bonhomme.

En Bref : Il faut aller voir Des gens qui s’embrassent. Parce que je tape trop sur les films français pour ne pas défendre ceux qui sont bons. Fine, mordante, ryhtmée et bien écrite, cette comédie dépasse les limites de son genre pour dire des trucs intelligents, sans jamais juger ses personnages.

Maintenant, si vous êtes pas d’accord, c’est peut-être parce que la production ne vous a pas offert une bouteille d’eau lors d’une avant-première so VIP. Dans ce cas-là, vous pourrez toujours dit que j’ai rejoint la liste interminable des blogueurs corrompus.