Savages. Oliver, stone.

Faut-il aller voir Savages ?

Quand j’étais petit Oliver Stone c’était coolos. Ça faisait poum poum tchack, ça tournait dans tous les sens, y’avait des couleurs criardes, du noir et blanc, de la musique tout le temps. Derrière la violence baroque, y’avait des tas de références stylées, des messages politiques et des envolées lyriques.

Et puis je sais pas j’ai vieilli, ou les temps changent, mais maintenant ça me fatigue. L’impression d’être enfermé dans la chambre d’un ado hyperactif. Les couleurs sont superposés comme des posters fluos, le mouvement est perpétuel, omnidirectionnel et toute cette mascarade est assenée sur du rap de merde et du rock bruyant, qui ne s’arrêtent JAMAIS.

Le film dure deux heures, mais on sort aussi épuisé qu’après l’intégrale du Seigneur des Anneaux version longue. Pendant le dernier monologue de la très mauvaise Blake Lively, mes voisins de salles commençaient déjà à se lever tant le film est interminable.

Surtout, il est éprouvant. Oliver Stone filme sous tous les angles, triture la bague de netteté, les couleurs, les lumières en s’excitent comme une bête pour donner de l’énergie à son film. Ça va bientôt faire 15 ans que Tarantino règne sans partage sur le genre polar et Stone n’a toujours pas compris qu’il ne fallait pas s’agiter pour créer du rythme mais filmer proprement et écrire des bons dialogues.

Pas de bol, de ce côté là, c’est le calme plat. Les acteurs ne sont pas foncièrement mauvais, l’écriture n’est pas affligeante mais malgré tout, il n’y a rien. C’est une histoire de drogue, de flingues et de moustaches comme on en a vu 1000. Le scenario joue les dingues sans jamais tenter de nous surprendre, la violence est chiante et même les scènes de sexe sont calibrées à l’américaine (libertaire en façade, mais aussi érotique qu’un discours de Benoît XVI).

Au deuxième tiers, on lève un sourcil, on arrête de baver et on sourit deux trois fois devant les mimiques de Salma Hayek-Pinault, et puis on se rendort.

De quoi on parle déjà ?

En Bref : Il ne faut pas aller voir Savages. C’est fatigant, bruyant et a peine supportable de lourdeur. Les acteurs sont lisses, comme le scénario et le style de caméra qui réussit presque à faire pire que feu-Tony Scott, sans toutefois parvenir à nous faire regretter sa mort.

Une bien belle soirée quoi.