Les Nouveaux Sauvages. Ô Sauvages !

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Faut-il aller voir Les Nouveaux Sauvages ?

C’est l’histoire des dingos. Riches, pauvres, en voiture, au boulot, laids, beaux, sordides ou rigolos : les dingos ! Wo-hou-oh ! Les DINGOS !

Et les dingos c’est nous.

La nuit passée à échafauder des plans pour se venger de cette fille qui nous avait marché dessus, les insultes formulées dans notre tête, la dernière fois que la dame de la poste a refusé de nous filer un colis après une heure de queue, la violence qui nous a envahis quand le connard en BM nous a fait cette queue de poisson, la haine sourde contre ce bâtard de France 3 qui refusait de porter le pied de caméra en enchaînant les blagues racistes et les mille cinq cents projets de torture échafaudés contre le mec derrière moi hier soir qui reniflait en mâchant du pop-corn DEGUEULAAASSE !

Les dingos c’est nous.

Je suis un dingo.

Un dingo éduqué, qui tousse poliment au lieu d’arracher les globes oculaires de son prochain. Comme tout le monde. Sauf qu’en Argentine, le dingo court toujours. En tout cas, c’est ce que veut nous faire croire le film, en faisant péter la bienséance à coups de cric, de C4 ou d’extincteur.

En fait de film, c’est plutôt une série de court-métrages, mollement reliés, consistant à suivre toujours le même schéma : frustration, crispation, explosion, deuxième explosion. A travers six saynètes, Les Nouveaux Sauvages raconte la crise de nerf dans tout ce qu’elle a de plus magistral. La violence est gratuite, foncièrement noire, rarement morale et joliment trash. C’est cool.

Redoublant d’imagination, le scénario se débrouille pour aller toujours plus loin que prévu, surtout plus bas mais jamais où on l’attend. Fait notoire, les histoires réussissent à s’enchaîner sans jamais décevoir ou devenir lassantes, tout en continuant de monter en puissance. Grandiose, le final s’impose comme nouveau maître étalon de la scène de mariage foutraque.

Voilà. C’est tout je crois. Ah oui, c’est bien filmé, et bien interprété aussi. Mais on n’a pas le temps d’y penser, si hypnotisé que l’on est, devant la course folle de ces tornades humaines.

Est-ce que c’est bouleversant ? Non. Est-ce que c’est un grand film ? Sans doute pas. Mais putain, qu’est-que c’est drôle !

En Bref : Il faut aller voir Les Nouveaux Sauvages. C’est la meilleure comédie noire que l’on ait vue au cinéma depuis 9 mois ferme. C’est complètement cramé, paradoxalement apaisant et ça vous évitera peut-être de sauter au cou du prochain flic qui vous collera une amende.

En revanche, j’ai un petit mot pour les mecs du marketing de Warner Bros : La prochaine fois que vous déroulez un bandeau pub sur le générique d’un film à peine terminé, je ferai exploser le cinéma.

Je suis un dingo.