L’inconnu du lac. Le lac des pines.

inconnu lac

Faut-il aller voir L’inconnu du lac ?

C’est l’histoire d’une bande de mecs qui baisent dans les bois. Entre deux roulades dans les épines, ils glandent sous les pins, et dorment sur la plage, les couilles à l’air. Dans ces plans-culs planqués, on trouve aussi des hommes assez naïf pour tomber amoureux. Mais la plupart du temps, ils finissent par crever.

J’ai tellement débattu de ce film que je ne sais plus trop ce que j’en pense. Au départ, j’allais juste le voir pour faire la nique aux curés et leurs manifs. Il y avait aussi ce prix de la mise en scène au festival Un certain regard, la belle réputation du réalisateur et la mi-molle de la presse intello. Voyons-voir.

Calibré pour être intimiste et vu par personne, le film se retrouve donc au centre des débats, aidé par une réputation sulfureuse, quelques pipes en gros plan et une éjac face-cam dont on débat plus que du reste.

Tellement de ramdam en fait, qu’on oublierait presque le film. Un huis-clos théâtral, qui joue sur la répétition et le minimalisme pour aborder la grande question de l’amour fou. C’est le propos du réalisateur : “L’amour c’est très fort, même quand c’est pas vraiment de l’amour”.

Un peu court, mais moins con que ça en a l’air : le héros, gentil naïf qui veut juste dîner et dormir avec ceux qu’il aime, reflète probablement quelque chose sur la solitude de l’homme moderne. Il y a pas mal de bonnes petites vannes et aux deux tiers, un personnage de flic montre aussi que le réalisateur a du recul sur son sujet.

A part ça, on s’emmerde quand même pas mal. L’ultra-réalisme des scènes de sexe est affadi par des couchers de soleil ringards, la mise en scène regorge d’artifices convenus et le final achève de souligner l’absence d’effort dans la réalisation.

“Michel ? Michel ? Michel ?”

C’est la dernière phrase du film, et on ne peut pas dire que son propos aille beaucoup plus loin.

En Bref : Il ne faut pas aller voir L’inconnu du lac. C’est assez vain, plutôt moche et jamais vraiment crédible.

Dommage, parce qu’il y a quand même quelques jolis plans et une plongée dans un univers assez inédit au cinoche. On peut aussi saluer une forme de courage, dans la volonté de mettre tous les acteurs à poil, sans pour autant réaliser un porno-gay.

De là à y voir “un palimpseste tour à tour comique et grandiose, la trace d’une épopée flibustière”, faut vraiment bosser pour Libé.