Les hauts plats ou les barons ?

Faut-il aller voir Les barons si on est toujours pas Belge ?

Le cinéma du Nord ne me fait pas rire. Et pourtant il cartonne : Tout mes potes se tiennent les côtes devant Dikkenek, C’est arrivé près de chez vous ou les films avec des Ch’tis. Moi non. Mais j’ai une excuse : En allant voir Les Barons, je savais pas que c’était Belge.

Le film raconte l’histoire d’un mec qui s’appelle Hassan et dont les potes passent leur temps à glander. Lui essaye de monter un one-man show, défi d’autant plus difficile qu’il n’est pas très drôle. Il essaye aussi de séduire la sœur d’un de ses potes, mais en fait, il passe surtout son temps à rien foutre.

L’éloge de la glande, une vision différente des clichés sur la cité, des images stylisées, le film partait avec de bons atouts. Malheureusement, il est rapidement ralenti par l’énorme batterie de casseroles qu’il traîne. Pour faire simple, on a l’impression que le réalisateur, Nabil Ben Yadir, ne sait pas faire un film. C’est fâcheux.

Certes, il y a deux trois bonnes vannes, une scène ou deux assez émouvante, notamment lorsqu’Hassan tente de remuer son pote Mounir. On pourra aussi saluer la prestation de l’acteur principal, qui malgré beaucoup de maladresse, possède quelque chose dans le regard. Et puis… c’est tout.

Pavé de bonnes intentions, et réalisé à l’évidence, par un amoureux du cinéma de genre, le film accumule les échecs. Le scénario donne l’impression d’errer sans but, en parsemant le néant de quelques vannes hasardeuses, les couleurs sont passées dans un jaune fade qui rend l’image assez laide et les seconds rôles jouent si mal qu’on est gêné pour eux. Ajoutons à cela des scènes improbables au ralenti, une mise en scène très plate et le film se noie.

En bref : Il ne faut vraiment pas aller voir Les Barons. C’est dommage, car si les bouses hollywoodiennes méritent des coups de boules, il n’y a rien de plaisant à démonter un premier film. Ben Yadir a quelques bonnes idées, mais il oscille trop entre les genres et appuie trop ses effets pour les réussir.

A sa décharge, il faut reconnaître que le casting ne l’aide pas beaucoup. A noter d’ailleurs, la prestation d’une actrice sensationnelle : Tellement à côté de la plaque qu’elle mérite le déplacement. Bon… peut-être pas 6 euros quand même.