Pacific Rim. Deep Rim.

SSD-15157.DNGFaut-il aller voir Pacific Rim ?

Franchement, je me demande si le fait d’aimer un blockbuster a quelque chose d’objectif. Ou est-ce que, finalement, c’est juste relatif ? Dans le sens ou parfois on aime bien manger un bon burger de fast-food. Alors on dit “Mmmh c’est un bon Quick ça, avec des bonnes frites Miam !”. On sait qu’au fond c’est d’la merde, mais au moins on la connaît, elle ne surprend jamais et, ce jour-là, c’était pile ce qu’on avait envie d’engouffrer.

Les blockbusters américains, je trouve ça nul à chier en général. A part quelques vrais pépites (Matrix, Indiana Jones 3, Die Hard 3 ou Terminator), c’est un peu toujours la même bouse, où tout est archi-convenu, sans aspérités et surchargé d’effets clinquants en images de synthèses. Et pourtant, il m’arrive d’avoir un petit faible pour l’un ou l’autre, sans comprendre pourquoi. Alors même que tout le monde pointe, à raison, les incohérences énormes, les clichés et le manque d’ambition global.

D’où la conclusion hâtive de mon théorème un peu moisi : si la critique de film est subjective, elle l’est peut-être encore plus pour les blockbusters. Parce que dans l’assouvissement brutal de pulsions souterraines et animales, il ne reste plus beaucoup de place pour l’analyse et l’intelligence (qui, le reste du temps, pullulent sur ce blog, autant qu’il est possible de pulluler).

Ceci étant dit, engageons :

Pacific Rim est un film porno pour adolescents attardés. Des robots géants qui bastonnent des méchants lézards à coups de camions-citernes au milieu des buildings de Tokyo. Comme une rencontre ultime entre GodzillaNeon Genesis Evangelion et tous les jeux vidéos de notre enfance.

Si vous êtes une fille, peut-être ignorez-vous qu’avant de vous rencontrer, les jeunes hommes d’aujourd’hui ont pris beaucoup de plaisir à taper sur des méchants lézards à coups de camions-citernes. Mais c’est pourtant un vieux fantasme, aussi réel que vos nuits imaginaires dans les bras des World’s Appart (ou des frères Jacques, si vous me lisez depuis une autre génération).

BREF. On dirait que c’est cool, ça devrait être cool, et pourtant, c’est un nanard stratosphérique.

Parce que, toute dantesques qu’elles soient, les scènes d’actions sont molles, lentes et plutôt moches. Presque intégralement en images de synthèses, le film tente de rajouter de l’humain en montrant les pilotes des robots. Mais ces derniers s’agitent en l’air comme des cons, suspendus à des bras mécaniques, dans des moments particulièrement ridicules.

Et sans action, que reste-t-il à un film d’action ?

Un scénario pourri, qui mélange outrageusement les scènes dégoulinantes de patriotisme, l’éternel héros blessé et une véritable avalanche de clichés moribonds. Lorsque le général monte sur un tonneau pour haranguer les soldats, avant de finir sous les violons et les applaudissements, il m’a fallu du courage pour ne pas quitter la salle.

Ajoutons-y un scénario bouffi d’incohérences, mais qui tente malgré tout de se justifier en jargonnant (“Attention, il ne peut pas accepter une simple connexion neuronale”, “oh non il dérive dans ses souvenirs”) plus un horripilant scientifique à lunette qui passe le film à hurler sans être drôle, et vous obtenez ce qu’on a fait de pire au cinoche, depuis l’infâme Sucker Punch.

Mais encore une fois, c’était peut-être pas le bon jour pour un burger…

En Bref : Il ne faut pas aller voir Pacific Rim. Même si ça fait appel aux bas-instincts des ados que nous étions l’année dernière, c’est stupide, moche, ennuyeux et mortellement convenu. Et si les pilotes sont connectés par le cerveau et connaissent leur machine comme leur poche, l’un d’eux ne peut pas se rendre compte au bout d’une demi-heure de castagne que “hé mais attend on a une épée aussi !”

Au fond de ce gouffre, on oublierait presque le jeu sans faille d’Idriss Elba, acteur monumental de The Wire, dont l’intensité du regard ne devrait pas tarder à faire le tour de la planète.

Par ailleurs, la loi m’oblige à vous préciser que cet article est sponsorisé : pour mentionner le nom de son restaurant, la marque Quick m’a payé 3 000 euros net. D’ailleurs je file boire un coup à votre santé. Skol !

 

Iron Man 3. Robot Copain.

IRON MAN 3

Faut-il aller voir Iron Man 3 ?

J’aime beaucoup Shane Black. Derrière son nom de hard-rocker has-been se cache l’inventeur du HVR : le Héros Viril Rigolo. Le HVR ressemble en tout point au héros testostéroné de film hollywoodien, à ceci près qu’il glisse souvent sur des peaux de bananes et qu’il est pas toujours brillant avec les filles.

Coup de bol, le meilleur acteur pour incarner le second degré se trouve être Robert Downey Jr. et il est dans le film !

Cette critique n’aura peut-être pas beaucoup d’intérêt sur le fond (contrairement aux autres, qui culminent pas mal faut dire) parce que je n’ai jamais lu les Comics d’Iron Man et surtout parce que c’est le premier film que je vois dans la trilogie. Autant dire que je suis entré dans la salle pour piquer un roupillon devant une bouse. Ben non.

Iron Man 3, c’est le film le plus cool à voir cette année. Malgré tous les codes imposés du blockbuster très cher, le film réussit à éviter quasiment tout ce qui nous étrangle d’habitude :

Le héros passe plus de temps à réparer son armure qu’à sauver le monde en tirant dans tous les sens, le manichéisme habituel est mis à mal, avec un retournement surprenant et une moquerie appuyée du héros à l’américaine qui joue la police au Moyen-orient. Quant à la fille, pour une fois, elle est chouette et faut pas trop lui tirer les cheveux.

Au-delà de ça, le héros est plein de fragilités, de doutes, il fait des vannes de mauvais goût, il se moque des enfants et il est très amoureux. Parce qu’au fond, c’est l’histoire d’Iron Man : un type pas très sympathique et un peu barré qui tente de faire marcher son histoire d’amour en dépensant des millions de dollars.

Bien-sûr, il faut nous infliger des scènes d’action un peu longuettes, de l’héroïsme moisi et quelques clichés misogynes (mais moins que d’habitude). Pas grave. A ce niveau là d’hollywoodisme, ce blockbuster massif fait figure d’exemple absolu du mélange entre les dollars et le talent.

C’est surtout un condensé de plaisir coupable que vous devez voir si vous avez été jeune quelque part dans les années 90.

En Bref : Il faut allez voir Iron Man 3. Parce que c’est drôle, pas con, très bien fait et interprété par une machine de guerre. Outre Robert, il faut aussi y aller pour le charme de Gwyneth, la méchanté de Guy Pearce et l’air hagard de Ben Kinglsey.

Après, il vous faudra tolérer tout le reste : les super-héros illustreront toujours la vision américaine, réac et violente de gros cons qui tentent de faire justice eux-même. Mais au moins, celui-là cherche pas à être gentil.

Et ça le rend vrai.

Oblivion. Le drone de fer.

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Faut-il aller voir Oblivion ?

Tout les matins, Tom Cruise fait un bisou à sa meuf et il se lève pour parcourir ce qu’il reste de la terre après l’apocalypse. Il répare les drones, il boit de l’eau et il latte des extra-terrestres. C’est la routine.

Un jour, une Russe arrive. Et il faut reconnaître qu’elle est gaulée. Que faire ?

On ne retiendra pas Oblivion. Mais ça ne sera pas à cause de son aspect visuel. Loin des films de catastrophes classiques, celui-ci n’est pas moche. Pour une fois, la terre est plus belle quand elle est cassée : on survole des étendues vides et désolées où la nature a repris ses droits sur les buildings. C’est stylé.

Tom Cruise aussi est stylé. Si on parvient à oublier à quel point c’est un con, on doit lui reconnaître un vrai talent pour incarner les mecs qui pilotent des trucs volants. Le soir, il rentre dans une maison stylée en haut d’un pylône stylé et il déglingue une rousse plutôt stylée dans une piscine panoramique. C’est cool.

Mais une BD sans bulles, ça finit par devenir relou, alors il faut bien écrire un scénar. Arrive la Russe, les révélations, les retournements de situation et tout le tarif qu’on est censé se payer lorsqu’on va voir un film de SF.

Contrairement à ce que suggère le paragraphe supérieur, c’est pas si mal. A l’échelle du reste de la prod US, c’est même presque intelligent. Les personnages sont aussi profonds que des paquets de chips, tout est prévisible et, comme d’hab, le seul motif des méchants est la méchanceté mais l’univers est bien campé et on se laisserait presque porter.

Presque, parce qu’en fait non.

La fin est un peu bête, les personnages féminins sont des caricatures en moon boots et tout cela est tout de même trop lisse pour nous secouer vraiment. Mais il faut reconnaître qu’on a eu quelques haut-le-coeur.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Oblivion. Il faut plutôt s’ouvrir une bonne bière blanche et glander au soleil en mangeant des Twinuts avec un bon livre dans les pattes (si, par exemple, on est un loup).

Mais dans le cas où l’on ressent l’envie d’aller voir un film de SF pas trop mal avec un scénario moins débile que la moyenne, quelques jolis plans et un acteur scientologue, le film tombe à pic.

A moins bien-sûr que l’on soit une taupe. Dans ce cas-là on est aveugle, et on creuse des tunnels. C’est la vie.