Des gens qui s’embrassent. Famille je vous haime.

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Faut-il aller voir Des gens qui s’embrassent ?

C’est deux familles. Les premiers sont des juifs qui mangent du porc, font du yacht sur la côte, claquent plein d’argent et en gagnent encore plus. Les deuxièmes sont des juifs qui mangent du pastrami, vivent modestement et jouent du violoncelle dans des orchestres plus ou moins philarmoniques.

Le premier point commun de ces deux familles, c’est qu’elles détestent la famille d’en face. Le deuxième, c’est qu’elles partagent le même grand-père. La surprise en revanche, c’est que les cons ne sont pas forcément du côté où on les imagine.

Difficile de classer le film de Danièle Thompson dans une catégorie : film choral et ambitieux, Des gens qui s’embrassent parle d’amour, de frères, de judaïsme et de deuil, mais d’abord de famille, et à travers elles, des oppositions radicales entre les gens qui s’embrassent mais qui ne pourront jamais s’entendre.

La grande force du scénario, c’est de jouer avec des clichés, sans tomber dans la caricature. Lorsque les deux frères, si opposés, s’engueulent, on est bien incapable de choisir son camp. L’orthodoxe hardcore est aussi un oncle affectueux et intelligent, mais le nouveau riche flambeur est bien plus généreux et drôle.

On peut trouver le tout un peu naïf, pour peu qu’on déteste sa propre famille, mais au final, on ne peut qu’aimer un film qui aime autant ses personnages. Ces derniers sont inégaux : Merad et Elmosnino sont impeccables, de Lâage est magnétique mais Boublil est fade quand Bellucci galère pour ne pas être aussi caricaturale que son rôle.

On s’en fout, on sourit beaucoup, on rigole à plusieurs reprises et on s’émeut devant la grande capacité du film à passer du vaudeville marrant à quelque chose de plus profond et grave.

Et puis il y a la très belle histoire d’amour, qui m’a fait des gouzis. Mais j’ose pas en parler, je vais encore passer pour un mec fleur bleue.

Alors que j’suis un bonhomme.

En Bref : Il faut aller voir Des gens qui s’embrassent. Parce que je tape trop sur les films français pour ne pas défendre ceux qui sont bons. Fine, mordante, ryhtmée et bien écrite, cette comédie dépasse les limites de son genre pour dire des trucs intelligents, sans jamais juger ses personnages.

Maintenant, si vous êtes pas d’accord, c’est peut-être parce que la production ne vous a pas offert une bouteille d’eau lors d’une avant-première so VIP. Dans ce cas-là, vous pourrez toujours dit que j’ai rejoint la liste interminable des blogueurs corrompus.

Jappeloup. Crazy horse.

Jappeloup

Faut-il aller voir Jappeloup ?

Il y a un truc avec les gens qui aiment le cheval : ils aiment beaucoup le cheval.

Pas seulement le ride et le feeling du cow-boy : ils aiment regarder le cheval, l’odeur du crottin de cheval dans l’herbe fraîche, la beauté élancée des muscles chevalins du cheval qui saute et Dieu vous préserve si vous leur faites comprendre que vous aimez aussi le cheval, pour peu que les lasagnes soient bien assaisonnées.

Les amateurs de chevals sont des intégristes, à tel point que beaucoup se mettent à les préférer aux êtres humains, partent s’exiler dans le Nevada et finissent par parler aux arbres en s’accrochant des pinces crocodiles sur la pomme de pin.

Pas que j’ai un jugement à l’égard de leur passion, mais pour moi l’équitation c’est juste un truc d’aristocrates qui s’auto-pètent la rondelle en sautillant sur des steaks, déguisés en majorettes avec des casques hideux et des leggings moulants. C’est pas mon truc. Mais comme disait Voltaire : “Chacun son truc” et il savait de quoi il parlait, si vous voyez ce que je veux dire.

À part cet à priori objectif, je dois confesser que je ne suis pas fan de Daniel Auteuil (Hey Dany suffit pas d’articuler lentement pour camper un personnage, surtout quand c’est le même depuis 20 ans.). Je suis également sceptique à l’égard de Marina Hands, je me méfie de Jacques Higelin en acteur et j’ai du mal à supporter Guillaume Canet ou sa femme, malgré leurs efforts salutaires pour apparaître dans des films que je ne vais systématiquement pas voir.

Pour finir, j’aime pas beaucoup le sport, ni la compèt’ et encore moins ceux qui les pratiquent ou les encouragent. J’ai des haut-le-cœur dans les stades, je suis allergique aux animaux et les jeux Olympiques me font plus penser aux films de Leni Riefenstahl qu’à la flamme de l’effort. Néanmoins, je suis un fervent supporter de Brest même si je suis incapable de citer un seul joueur y ayant officié.

Tout ces éléments nous prouvent trois choses : je suis infoutu d’orthographier cheval au pluriel, cette critique respire la dilettante et il n’y a quasiment aucune chance que Jappeloup me plaise.

Et pourtant…

J’ai trouvé ça nul. Mais tout compte fait, moins nul que prévu. Le héros est un con, sa femme est une héroïne et son cheval à l’air sympa, ce qui compense un peu la platitude psychologique de l’ensemble. On s’emmerde un peu, mais les images sont pas dégueulasses et on vibre presque quand le cannasson saute des piscines.

Heureusement, les critiques ont pris soin de bien nous raconter  a l’avance les victoires et les défaites du héros, histoire de ruiner le suspens des ignares comme moi et ton cousin, qui ne passent par leurs étés à s’abrutir devant France 3.

Voilà. C’est pas terrible, mais compte-tenu du contexte, c’est pas pire que de passer sa soirée au KFC, en tête à tête avec des poulets morts.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Jappeloup. À moins de tripper sur les chevaux, le sport ou le double-menton naissant de Guillaume Canet.

Pas un nanard, ni un film vraiment sympathique, ce long-métrage s’oublie à mesure qu’on le regarde. Et c’est pas plus mal, parce que je m’en suis déjà remis, alors que j’ai encore des douleurs crâniennes quand j’entends les mots “Spring Breakerssortir de la bouche d’un hipster.

PS : Big Up au sportif qui me lit, je te charrie par jalousie : moi je suis gaulé comme une fourchette. Allez, retourne vite dribbler, si tes potes te voient en train de lire, ils vont penser que t’es gay.