Les femmes du 6ème. Faux, paëlla, laid.

Le maître est gentil

Faut-il aller voir Les femmes du 6ème étage ?

A l’époque, les Espagnoles étaient bonnes. Espereranza aimait faire le ménage, Magdalena préférait la vaisselle, Maria aimait la paëlla quand c’est Concepcion qui la cuisinait. Tout le monde aimait la guitare. Tout le monde connaissait les paroles et tout le monde claquait des talons. Le dimanche il y avait la messe, sauf pour les communistes qui distribuaient l’Huma. Et puis encore un peu de guitare « Ayayay Caramba », et puis encore un peu de paëlla « Toro Toro ! » et puis « la cuenta por favor ». Alala, c’était le bon temps. Il y avait aussi monsieur Jean-Louis, qui n’était ni espagnol, ni femme de ménage, mais drôlement gentil, parce qu’il avait plein d’argent. Olé ?

Par où commencer ? Par les qualités. Soyons concis. Les femmes du 6ème étage n’est sans doute pas la pire comédie de l’année. Pour deux raisons : l’année n’est pas finie, et je n’ai pas vu les autres comédies. Pour continuer dans la gentillesse, il faut reconnaître qu’il y a une ou deux bonnes blagues dans le film. Une je crois.

La nouvelle coqueluche des critiques cinés est une bouse. Sur la forme d’abord, tout est lourd, laid, ringard et pathétique. La plupart des comédiens jouent faux comme des gamelles, les Espagnoles passent leur temps à hurler de façon suraiguë, Sandrine Kiberlain fait la gueule et Luchini cabotine. Lors d’une scène inaugurale platifiante, le spectateur se demande sérieusement s’il faut partir.

Il faut partir.

Par la suite, le scénario s’enfonce dans un mauvais goût stratosphérique, accumulant les blagues pourries et les clichés vieillots. Sommet incontestable, la visite des toilettes, réparées grâce à la générosité de monsieur Jean-Louis, touche le fond : En file indienne, les bonnes vont au petit coin religieusement, en retenant leurs cris de joie à grand-peine. Ben oui, c’était l’époque où les femmes étaient hystériques.

Le scénario peut se cacher derrière la “reconstitution historique”, on voit encore les oreilles de la misogynie qui dépassent. Les femmes riches sont toutes des connasses fainéantes et les femmes pauvres sont toutes des idiotes analphabètes. Leur point commun ? Une soumission naturelle qui les pousse à regarder l’homme amoureusement. Bedonnant et neuneu, monsieur Jean-Louis ne manque pas d’atouts : des relations haut-placées et un pactole de côté, c’est bien assez pour faire rêver les dames.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Les femmes du 6ème étage. Même si les critiques et mon pote Ijuk ont trouvé ça génial. Ils se sont gourés. Je ne leur en veux pas. Sous des airs des p’tite comédie sympatoche tralala, se cache une grosse farce maxi-best-of avec des frites.

Au milieu, il y a quand même Lola Dueñas et Carmen Maura, qui jouent toujours aussi bien. Il y a aussi les critiques et les spectateurs, qui se roulent dans les étoiles jaunes et qui crient tous au chef d’œuvre…  M’en branle. Jean-Louis en chemisette qui part chercher le bonheur au volant d’une décapotable rouge, dans l’Espagne de Franco, ça me fait pas marrer. Et putain, j’ai raison.

Je sais, j’ai encore dit la fin. Ne me remerciez pas, vous venez de gagner 10 euros.