Populaire. Romantictictititictictictititictic.

Faut-il aller voir Populaire ?

Romantic tic tic ? Sérieux ? Déjà ça commence mal.

Ça commence doublement mal. L’histoire d’un championnat de secrétaires rose bonbon mâtiné de romance pourpre et de costumes gris. Les hommes sont des hommes et les femmes portent des jupes, Mad Men à Lisieux, avec une belle odeur de nanard fumant dans la salle. Fallait vraiment que j’ai l’esprit de Noël pour y rentrer.

Rapidement, je m’énerve. L’histoire est cousue de fils blancs, le scénario est plat et les dialogues débiles. On entend des phrases aussi bêtes que “America for business, France for love” ou une liste ridiculissime de “je t’aime, te quiero, ichlibedich” à laquelle il ne manquait qu’un tonitruant “MES COUILLES !” que j’ai d’ailleurs murmuré très fort.

Et là le film se met à nous parler d’esprit sportif, d’amour vache et de libération de la femme. On flippe. Heureusement, le scénario est plus fin qu’il en a l’air : il réussit à ne rien cacher du sexisme de l’époque sans jouer les réacs ni les bien-pensant. Derrière les machines à écrire et le système patriarchal établi, le tableau n’est jamais aussi binaire qu’il en a l’air. Et en l’occurrence ici, le moteur de l’histoire est une femme. Une qui se bat, qui choisit, qui drague et qui gagne.

On aurait aimé que le film soit un poil plus hargneux envers les mecs des sixties (et leurs équivalents actuels), mais malheureusement il préfère en rajouter sur l’hystérie des meufs de l’époque (“Hiiiiiiiii”) en compensant le cliché par un volontarisme neuneu (“Oulala ! Un homme qui cuisine.”)

Bref. Au fond, Populaire à tout pour être un navet à la française, guimauvissime, pas très malin ni bien écrit et réalisé.

Et pourtant, c’est coolos. 

Bluette assumée, le film réussit à nous coller la banane en sortant. Les blagues sont marrantes, le romantisme assumé touche souvent et sa réussite doit beaucoup à son actrice principale. Loin des postures imposées de “la belle meuf du film” Déborah François aligne les nuances de jeu et les mimiques pétillantes en habitant chaque plan. Tellement qu’à côté, Romain Duris à l’air tout terne et relou.

Et rien que ça, c’est une belle vengeance pour tous les mecs qui ont perdu leur copine pendant toute la durée des Poupées Russes.

En Bref : Il faut aller voir Populaire. Ce n’est pourtant pas un chef d’oeuvre immortel, et mes lecteurs les plus snobs s’étrangleront peut-être en y allant. Mais merde, la vie serait triste si on devait se taper Haneke tous les jours, et puis moi j’suis fleur bleue et de toute façon j’étais nul au rugby.

Néanmoins, j’aurais bien plaqué la pourriture qui a fait résonner le Gaumont de Nantes pendant une heure et demie avec son flot incessant de commentaires débiles. Message perso : j’t’aurais cassé le nez, si t’avais pas été une gonzesse.

Mais J’suis féministe.