Spiderman. Un fil à la patte.

Faut-il aller voir The amazing Spiderman ?

C’est l’histoire d’un garçon, paf une araignée, paf Spiderman. C’est incroyable !

Il fallait presque du courage aux studios américains, pour oser nous ressortir la même histoire, seulement dix ans après le Spiderman de Sam Raimi. En 35 ans, c’est la sixième fois que le personnage fait l’objet d’un film et la licence commence un peu à moisir.

Et ils y vont, s’accrochant courageusement à des petits détails pour nous donner l’impression de raconter quelque chose de nouveau : cette fois, Spiderman fait du Skate, il a un peu moins la lose avec les filles et son père est scientifique. Dans dix ans, Spiderman sera roux, horloger et bouddhiste mais ça sera toujours le même pitch :

“Je suis une araignée, Gnap !”, “Oncle Ben NON !”, “Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités”, “Mouhahaha, je suis un gros lézard !” Mais pas sûr que je fasse une énième critique.

Dans cette nouvelle version, Spidey tente de se recycler en film pop. Peter Parker est un college kid normal qui veut se taper la blonde et frimer au basket, le scénario est jalonné de blagues potaches et certaines scènes sont d’un romantisme à rendre son Magnum Almonds sur le siège d’en face.

La plupart du temps, c’est pas terrible, le scénario accumule les facilités et les raccourcis neuneus, allant même jusqu’à livrer un vibrant hommage à la solidarité interraciale américaine sur fond de bannière étoilée, le genre de pornographie patriotique que même Hollywood n’osait plus faire depuis les années 90.

Heureusement, ça marche une fois sur douze : quelques vannes font rire et les scènes de voltige à la première personne rafraîchissent le genre. C’est un peu léger, et malgré tout, ça ne vole pas bien h…

Non non, pas ça non.

En Bref : Il ne faut pas aller voir The amazing Spiderman. Malgré les petites idées sympas du réal et l’interprétation sans faute du premier rôle, c’est trop fait par-dessus la jambe pour réveiller nos esprits, déjà saturés de héros en collants.

Mais après tout, le cinéma US, c’est d’abord du business ; ça coûte cher de faire exploser des immeubles.

Rose Noir Pop Pif Paf Pouf Ahah !

Faut-il aller voir (500) jours ensemble ?

A vrai dire, on se fout de savoir s’il faut aller le voir : il est sorti l’année dernière et c’est uniquement grâce aux “incontournables UGC” que j’ai pu le découvrir sur grand écran. La question reste entière : Faut-il acheter le dvd ?

Plus que jamais, (500) jours ensemble est un film pop. C’est à dire qu’à l’image de Garden State ou Cashback, il a été réalisé avec les moyens du bord, par un jeune réal avec beaucoup d’idées bizarres et ingénieuses. Le thème est toujours le même: Boy meets Girl, mais traité avec humour et nostalgie. La BO est pleine de mélodies touchantes. Bref, j’adore les films pop.

Tom, un grand neuneu sympathique, rêve de l’amour parfait depuis qu’il écoute Joy Division tout seul dans sa chambre d’ado. Au boulot il s’ennuie en dessinant des cartes de vœux. Un jour, il rencontre Summer, qui ne croit pas en l’amour. Ils sont mal assortis, donc ça peut commencer.

Le scénario n’a pas inventé la poudre. Mais il est d’une simplicité réjouissante. L’histoire est d’autant plus touchante qu’elle est universelle. L’originalité réside dans le traitement : Venu du clip, le réalisateur n’hésite pas à changer les couleurs, à dessiner sur l’image ou à bouleverser la chronologie. Souvent réussis, ces effets donnent parfois lieu à des scènes réjouissantes.

On passe donc notre temps à se balader d’un point à l’autre des 500 jours, dans un ordre quasiment aléatoire. Idée brillante qui permet de jouer habilement sur les contrastes entre la joie rose bonbon des premiers jours et la grisaille des derniers. Si le film arrive souvent à émouvoir, il ne tombe jamais dans le pathos et préfère en rire, sans jamais perdre espoir.

Je pourrai m’étaler des heures sur les bonnes idées du film, la justesse des thèmes traités et le fait que je me reconnaisse dans les deux personnages à la fois, mais je me répèterais. Une chose : Joseph Gordon-Levitt (incroyable dans Mysterious Skin) s’en sort très bien face à la troublante Zooey Deschanel, qui ne se lasse pas de scintiller.

En bref: Il faut aller voir (500) jours ensemble ! Si l’amour vous fait rire, pleurer, planer. Si vous aimez la pop aérienne. Si vous avez besoin de légèreté. Le film ne se hisse pas au niveau du bouleversant Eternal Sunshine of the Spotless Mind, mais il est de la même famille (je sais, certains refusent d’aimer ce chef-d’œuvre, mais je préfère même pas en parler, ça m’énerve).

Et puis, combien de films peuvent se vanter d’être marrants au bout de deux secondes ? Allez-y : Il n’y a pas d’image à l’écran que l’on tape déjà sa première barre, ou au moins, son premier sourire. Ou alors, on ne rigole pas, mais ça veut dire qu’on est vraiment un gros naze.

Et dans ce cas-là, qu’est-ce qu’on fout sur mon blog ?