Perfect Mothers. Sea, sex and sons.

Perfect Mothers

Faut-il aller voir Perfect Mothers ?

C’est l’histoire de deux milfs, qui échangent leurs fils pour en faire des amants.

Wouaaalalala ne fuyez pas ! Pas si vite ! Je sais ce que vous ressentez : encore un film chelou, qui va mélanger les moments gênants, le sexe tristoune, la morale pesante et le psychologisme à deux balles. Encore une réflexion à l’autrichienne dont on va sortir tellement déprimés qu’il ne nous restera plus qu’à se faire un KFC en surfant sur copainsdavant.

Minute.

D’abord, c’est un juste retour des choses. Dans beaucoup d’histoires et tout le long des Champs-Elysées, y’a toujours un croulant qui se tape une minette, et tout le monde trouve ça normal, sous prétexte que c’est un peu la nature, ce genre de conneries. En gros, on nous serine, avec les sourcils scientifiques, que les filles s’attachent moins au physique, que l’homme atteint son potentiel de charme à 40 ans et la femme à 18, et tout un tas de lieux communs bien pourraves qu’on a dû lire dans Elle ou autre précis de soumission à l’usage des femmes.

A ceci, mesdames, je répondrai : Mes couilles ! Même si une partie des hommes (les moins assurés, à mon avis) ne trippe que sur la jouvencelle incapable de les comparer, l’inégalité sexuelle devant l’âge est un mythe vendu par la pub et les marchands de crème anti-âge. Et George Clooney, il bande mou.

Rharf ! Ça faisait longtemps que je voulais écrire ça quelque part !

Alors bon. L’amour, j’vais vous dire, c’est joli, mais c’est violent, pis c’est compliqué. Et une fois qu’on a dit ça. On peut plus dire grand chose sans dire des conneries. Bénie soit-elle, Anne Fontaine ne se risque pas à distinguer le pourquoi du comment, le mal du bien et la morale de l’histoire. Elle raconte.

Et quoi qu’on en pense, ces deux histoires d’amour sont belles. Cruelles aussi. Mais la réalisatrice les raconte sans juger ses personnages, ni les condamner, ni leur offrir de chemin facile pour s’en sortir. Pour les faire ressentir, elle ne tire pas à la ligne, comme souvent dans le film français : elle utilise le cinéma. De mémoire de poisson rouge, il y a un moment qu’on avait pas vu autant de sensualité sur grand écran.

L’été infini. Cette ambiance pleine de soleil, de sel et de peaux nues, qui donne envie à n’importe quel séminariste de baiser des tiroirs. Tout cela est tellement bien filmé par le chef opérateur que l’on quitte la salle plus bronzé qu’à l’entrée. Surtout, cette atmosphère permet d’alléger la pesanteur du sujet, sans pour autant noyer les questions qu’il pose.

Et puis voilà. La réalisatrice nous laisse là, dans un joli traveling. Sans se mouiller peut-être, mais en laissant, sans se bercer d’illusions, une chance à l’hédonisme des héros de profiter d’un dernier rayon de soleil.

En Bref : Il faut aller voir Perfect Mothers. Parce qu’il y a longtemps qu’on avait pas aussi bien filmé le sable et le désir. Parce que le film vous hantera longtemps après le générique. Et parce que les acteurs sont toujours justes (et jolis à regarder).

Tellement ensoleillé, que j’en oublierais presque certaines longueurs dans le scénar, quelques scènes caricaturales et des seconds rôles inégaux.

M’en fous. Il fait beau.