Les enfants de Belleville. En Iran, ils raquent.

Faut-il aller voir Les enfants de Belle Ville ?

A 16 ans, Akbar a tué son amoureuse plutôt que de la voir épouser un autre. Après deux ans de prison, il est majeur et donc en droit d’être exécuté. Pour le sauver, son meilleur ami va tenter de négocier avec les parents de la victime. Mais en Iran, tout se paye. Et il y a toujours une gonzesse pour venir nous perturber.

Ce n’est pas une excuse, mais le jeu de mot pourri du titre s’applique bien au cinéma d’Asghar Farhadi. En équilibre, ses histoires tiennent toujours sur le fil de la morale, sans jamais se faire offrir de solution facile. Comme dans le vrai monde, personne n’est gentil ou méchant, mais tout le monde à ses raisons. La vie est une suite de choix et chacun d’entre eux est un sacrifice.

Dans son précédent film, le réalisateur portait le concept à l’extrême avec une finesse indiscutable. Réalisé avant, Les enfants de Belle Ville partage le même sens de l’histoire et du scénario en y ajoutant une dose de romance discrète et délicate.

C’est beau, c’est lent et, malgré les apparences, ce n’est jamais chiant.

Pourtant, le film n’atteint jamais la puissance incroyable d’Une Séparation. Après un début un peu branlant, il tresse son intrigue de manière un peu poussive et l’histoire ne commence vraiment à palpiter que dans la deuxième partie. Sobre et efficace, la caméra ne tente jamais vraiment rien d’original, au risque de se répéter un peu.

Heureusement, elle filme une actrice dont le regard laisse une empreinte au fond du crâne.

En Bref : Il faut aller voir Les enfants de Belle Ville. Parce que les scénarios de Farhadi sont ciselés comme des thrillers et parce que l’histoire de cet amour maudit fera palpiter vos coeurs de jeunes filles.

Il faut aussi y aller pour saluer un mec qui fait des films dans le pays le moins coolos du monde et qui arrive à pondre de meilleurs histoires qu’Hollywood et ses batteries de scénaristes.