Magic Mike. Bite génération.

Faut-il aller voir Magic Mike ?

C’est l’histoire de messieurs tout nus. Ils dansent. Quand soudain, l’un d’eux devient intelligent, alors il déprime.

Bon. Je vous entend rigoler d’ici. Mais j’assume. Magic Mike, c’est la meilleure façon d’aller voir Sexy Dance 4 sans perdre ta street cred.

Parce que sous l’étiquette de film indie conceptuel chébran, il y a le même concept que dans le film à minette sus-cité : des chouettes chorégraphies, des mecs et des filles en sueur sous leurs habits, une love-story centrale sans intérêt et quelques pistes de réflexion philosophique sur l’amitié, l’amour, le silicone et le rêve américain.

Et puis il y’a Soderbergh, c’est à dire un putain de sens du cadre et une gestion des lumières sépias que l’on avait pas vu depuis Traffic. Entre les superbes chorégraphies et des dialogues ciselés comme du ping-pong, il laisse tourner sa caméra lors de longs plans-séquences qui donnent de l’air au spectateur et l’occasion de jouer aux acteurs.

Justement, ces derniers sont excellents. Matthew McConaughey est formidable dans le rôle du maquereau dégoulinant, les gros mâles qui l’accompagnent arrivent à donner de l’humanité à leurs pectoraux et, après Battleship, Channig Tatum (lui-même ancien Chippendale) nous montre qu’on a pas fini de sous-estimer son physique de con.

Alors oui, on connaît les rouages de l’histoire, tout est plutôt convenu, la musique craint sa race et on est pas forcément sensible à l’univers des hommes en strings. Mais franchement, avec ses faux airs de nanard extra-light et ses images à couper le souffle, Magic Mike s’impose comme le meilleur film de l’été.

Et si vraiment t’assume, tu peux boire une bière blanche en sortant (mais ta meuf va peut-être se douter d’un truc).

En Bref : Il faut aller voir Magic Mike. Parce qu’il y a des cœurs qui battent dans les couilles des hommes, parce que Soderbergh est l’empereur du cadrage stylé et parce que mine de rien, les scènes de strip-club nous permettent de comprendre que les filles sont aussi tarées que nous.

Je sais pas si ça rassure, mais au moins, ça déculpabilise.

Golmaal 3. Sari jaune.

Faut-il aller voir Golmaal 3 ?

A vrai dire, on s’en fout. Golmaal 3 ne sortira probablement jamais en France et il ne passe déjà plus en Inde. La question est donc : Faut-il prendre un vol Finnair entre Helsinki et New-Delhi avec des écouteurs moisis sur les oreilles pour se taper Golmaal 3 sur un écran minuscule ? Suspense.

C’est l’histoire d’un mec musclé qui casse les doigts des gens et qui tient en équilibre sur des voitures. Avec sa meuf et son pote bègue il mène une guerre sans merci contre ses concurrents : trois losers malhonnêtes qui louent des jet-skis sur une plage. Après j’en ai eu marre alors j’ai regardé Raiponce en m’endormant.

Golmaal 3 termine la première trilogie du cinéma indien. Comédie populaire et exemple probant de la vitalité de l’industrie locale, le film a été bien reçu par la critique. Vous êtes peut-être des fans du cinéma Bollywood, alors je vais essayer d’être nuancé.

Golmaal 3, c’est de la merde. Il n’y a rien à tirer de ce film, à l’exception d’une bonne migraine. Les blagues sont toutes pourries, les couleurs sont agressives et le mauvais goût fluorescent. La plupart des scènes sont tournées en accéléré, les scènes de danse sont ridicules et les acteurs sur-jouent.

J’ai été malade en Inde. C’était à cause de Golmaal 3.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Golmaal 3. A moins de survivre à ses 20 première minutes. J’ai pas pu. Devant ce mauvais Chaplin sous LSD, c’était une question de santé oculaire. J’avais l’impression de recevoir de la spicy water dans les yeux. Et la spicy water C’EST DEGUEULASSE !