Mad Max : Fury Road. Max et les maxillaires.

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Faut-il aller voir Mad Max : Fury Road ?

Max conduit dans le désert. Quand soudain, Max conduit dans le désert.

Mon siège était trempé, un peu visqueux. Pas étonnant, la critique bave dessus depuis un mois. Langue pendante, tout Cannes a regardé Mad Max comme un berger allemand devant un pot de confiture.

La critique ? Prosternée ? Devant un blockbuster de l’Hollywood ? Non !

Si. Mais la critique n’a pas trouvé ça cool, jouissif ou rigolo. Seules les masses trépignent devant les divertissements. La critique pense. Ça tombe bien, dans Mad Max, elle a vu un “spectacle intello”, un “blockbuster cérébral” et même “un trip postmoderne sous acide“.

C’est vrai que les anglicismes c’est branché, “postmoderne” ça sonne cool et “sous-acide” ça fait jeune. Perso, j’ai trouvé que c’était “une journey ontologique sous Nurofen”. Ça veut dire que c’était chiant et un peu idiot mais ça n’a pas fait partir ma migraine pour autant.

“Faux”, postillonne Télérama, c’est “un trip halluciné (décidément…), amoureux de tous les imaginaires !” Et ça c’est vrai : dans ses imprécations, le méchant mélange le Valhalla viking, une esthétique death metal et “Fukushima” prononcé comme une formule magique. Amoureux donc, de tous les imaginaires, surtout celui des autres.

“Mais non”, bégaie l’Express, c’est “un appel écolo” au “féminisme assumé” !

Je…

Prenons les matchs les uns après les autres.

Féministe : pourquoi pas. Surtout si on considère que pour être féministe, il faut que les femmes aient des couilles, qu’elles soient encore plus violentes que les hommes, mutiques et manchotes. Pour le reste, les femmes, ça reste quand même une bande de naïades fragiles qui tremblotent à poil dans le désert, alors que tout le monde est en armure. Amettons : Mad Max est moins misogyne que la moyenne. Pas de quoi s’épiler les sourcils.

Ecolo : comme Yann Arthus Bertrand, qui fait le tour du monde en hélicoptère pour s’enrichir en nous disant de le protéger, George Miller construit une armada de bagnoles bandantes, affiche un bilan carbone à faire pâlir un escadron de Tupolev et détruit une partie du plus vieux désert du monde. Pour nous dire quoi ? “La planète c’est cool” ?

Ferme ta braguette, George, tout le monde est gêné.

Mais parlons du film : après avoir fui dans un sens, poursuivi par des méchants à fond la caisse (dont la vitesse s’adapte aux besoins de l’histoire), Max et ses potes décident de fuir dans l’autre sens. “Mais vous étiez pas en train de fuir les méchants ?” demande le spectateur, interloqué. “Coucou”, répond George. T’auras rien d’autre.

Pour le reste, c’est de la castagne, de l’huile et du steak tartare. Les tueurs s’entretuent, les pilotent pilotent et le sable sable. Tout le monde trouve ça follement original. Moi je trouve que le monde court à sa perte.

Heureusement, le film se termine sur une blague réjouissante : le générique nous apprend qu’il a fallu trois scénaristes pour écrire le film. A l’aveuglette, un mot chacun. Pas de bol, c’était le même : désert, désert, désert.

Désert.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Mad Max : Fury Road. Malgré les cascades cools et un personnage féminin moins idiot que d’habitude, c’est con, creux, vain, vide. Et surtout très ennuyeux.

Quant au fond, se prononcer contre les machos et pour la planète, c’est pas de l’engagement, mais de l’opportunisme. Les plus gros pollueurs font pareil avant de faire des trous partout et de pactiser avec n’importe quel dictateur misogyne, pour peu qu’il ait du pétrole.

“Je dis ça je dis rien”, sourit George. Ben ouais George, tu dis rien.

Alors tais-toi.

Pourquoi j’ai pas mangé mon père. Demain ne meure Jamel.

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Faut-il aller voir Pourquoi j’ai pas mangé mon père ?

Ah Jamel. Bordel. Qu’est-ce que t’as foutu ?

T’étais un pote, un grand-frère, même ceux qui te crachent dessus aujourd’hui oublient qu’on a tous grandit en se passant tes dvds et reproduisant tes vannes dans la cour de récré. Si on a tous été voir Mission Cléopâtre, c’était ni pour Clavier ni pour le gros. Et si un jour on nous demande “pourquoi tu cours ?”, on répondra “parce que tu cours !”

Jamel, lapin, j’ai pas envie de te dire des méchancetés. Mais si mon meilleur pote se fait tatouer un crabe sur le front, je vais être obligé de lui demander si ça va. Je vais être obligé de lui dire qu’il est très moche, son crabe.

Commençons par le début : quand tu décides d’adapter un roman culte comme “Pourquoi j’ai mangé mon père”, t’as le droit de le modifier, mais t’as pas le droit de faire n’importe quoi avec. T’inverses pas le titre, par exemple, c’est hyper prétentieux. Et si tu as assez de respect pour le roman, tu t’effaces un peu derrière.

Mais tu t’effaces pas Jamel. Au contraire.

Roy Lewis, c’est juste une excuse pour exporter tes vannes dans la jungle. Exactement les même vannes que tu faisais quand on était petits, en moins bien. Les singes Rroms, les singes Portugais, qui font de la maçonnerie, la singe bourgeoise avec sa patate chaude dans la bouche… T’es sérieux mec ?

“Je t’épouillerai pas le uc” Même le langage “des banlieues” que tu tritures, il sent les années 90. Et c’est normal mec, tu vis sur l’Ile Saint Louis. Ça marche plus, et comme toi aussi tu t’en rends compte, tu choisis d’en faire des tonnes. Tu hurles, pendant une heure et demie, des répliques maladroites et naïves, avant de danser sur “Get up et fais ton truc”, version scandaleusement française d’Al Hudson & The Partners.

Mais c’est pas le pire. Ta plus mauvaise idée, qui sera sans doute la pire de ta carrière, après avoir décidé de tourner avec Besson, c’est de ressortir De Funès du cercueil, et en deux exemplaires. Je ne sais pas si tu as revu Rabbi Jacob ou La Folie des grandeurs ces vingt dernières années, mais tu aurais dû te rendre compte que ce mec est aussi drôle qu’un match de Ligue 2.

Et c’est gênant.

Gênant, parce malgré tout, il y a quand même des bonnes blagues, un personnage très réussi (celui qui ne parle pas, tiens donc !) et une animation française de qualité, malgré la froideur ambiante. Gênant quand même, parce qu’en taffant un peu, tu pouvais faire mille fois mieux.

Alors en tant que pote, je me dois de te livrer cette vérité difficile : le comique, comme le basilic en pot sur la fenêtre, finit inéluctablement par périmer, même si on l’arrose régulièrement et quel que soit son talent. Alors laisse tomber. Fais comme Coluche, Bourvil et Balasko avant toi : enlève ton nez rouge, pleure devant la caméra et fais du drame.

C’est ça, ou dans 10 ans, tu payes tes impôts en faisant des pubs. Tu rêves d’une banque ?

En Bref : Il ne faut pas aller voir Pourquoi j’ai pas mangé mon père. Sauf si vous êtes un inconditionnel de Jamel, au point de vouloir le voir singer, sur grand écran, les sketchs qu’il faisait en mieux sur Canal il y a 15 ans.

Pour le reste, c’est une grosse farce hurlante, fatigante et à la limite du supportable. Le seul moment qui m’a vraiment fait rire, c’est la bande-annonce. Et elle est même pas dans le film.

Birdman. Oiseau de malheur.

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Faut-il aller voir Birdman ?

Couchez les enfants. Ça va chier.

Si Birdman était un adjectif, Birdman serait pompier.

Pas parce qu’il monte aux échelles pour éteindre les incendies. Certes, Birdman est peint en rouge, sirène hurlante et à cent à l’heure, mais c’est seulement parce qu’il est 17h, et qu’il veut rentrer chez lui. Derrière ses airs affairé, Birdman est fainéant, mais Birdman fait du bruit parce qu’il aimerait bien que tout le monde le regarde.

Et ça marche. Les Oscars se sont inclinés, les critiques se sont dandinés parce qu’Inarritu est un bandit-né. Il vient de réaliser le casse du siècle. La méthode n’est pas neuve : l’année dernière Alfonso Cuaron avait braqué les Oscars et le monde entier avec la même technique.

Si Birdman était un film de SF, Birdman serait Gravity. Comme le pointe Maurice Chocolat, les deux films ont plus en commun que la nationalité de leurs réalisateurs et le nom de leur chef op. Dans l’un comme dans l’autre, la technique n’est pas au service de l’émotion ou de l’histoire, mais au service d’elle-même.

C’est nul. On fait des plans-séquences, grossièrement raccordés pour faire croire (à qui ?) qu’il n’y a que deux prises dans le film. Pourquoi ? Ben… c’est rigolo non ? Demain, les travelings seront à la mode, Inarritu nous fera un film de gauche à droite. L’Académie peut polir ses statuettes.

Pendant deux longues heures, le réalisateur nous toise, juché sur sa grosse moto. Il nous vrombit au nez en bombant le torse, mais quand le feu passe au vert, on constate qu’il n’a même pas son BSR. Juste du fric, un alliage d’arrogance et une prétention bien chromée.

Son carburant ? Un égo, panaché au mépris. Pour ses acteurs, pour la critique, mépris pour le spectateur et pour le cinéma en général. “Pourquoi suis-je aussi bête ?”, se demande Naomi Watts, subtile femme hystérique. “Parce que tu es une actrice !”, répond Andrea Riseborough, subtile femme jalouse, avant de lui rouler des pelles dans la pire scène du film, ou peut-être de l’année.

Et on comprend que malgré toute son esbroufe et ses steadycams volantes, Inarritu n’a pas la queue d’une idée. Quand il ne peut plus se cacher derrière ses petits trucs, il ne s’appuie que sur des clichés : scène lesbienne entre filles hétéros, relation père-fille compliquée, méchante critique amère, acteur égocentrique et impuissant (joli pléonasme). Des vieux pots, complètements cramés, parce que ça fait 50 ans qu’on y fait les meilleures soupes.

Celle-ci a un petit goût de brûlé.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Birdman. Le réalisateur n’a rien à dire sauf à déballer son arrogance en vomissant au passage sur le milieu qui le comble de prix et d’attention. Sur le pont de ce naufrage, il faut quand même jeter une bouée à Edward Norton, toujours aussi brillant, et au coeur d’une jolie scène sur un toit brûlant.

En revanche, on souffre beaucoup pour Michael Keaton, propulsé dans ce rôle trop grand pour lui, calqué sur sa carrière, mais pas sur son talent. Deux heures plus tard, il est toujours invisible. Parce qu’on ne voit qu’Alejandro.

Si Birdman était une photo, Birdman serait un selfie.

L’Interview qui tue ! Kim cadré chiant.

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Faut-il aller voir L’interview qui tue ! ?

Je ne vais pas m’éterniser.

Il arrive que je saute une critique quand je suis trop en retard, sous l’eau ou quand le film ne vaut vraiment pas le coup. Nous y sommes. Et en plus c’est la nuit. Mais que voulez-vous, j’ai des principes.

Avoir des principes. Une notion assez floue. Et je comprends bien qu’il faille parfois déroger à l’ordre et la morale. Après tout, même l’abbé Pierre a laissé son regard traîner sous les jupes des filles. De toute façon, l’art est inutile par essence, ce n’est pas Patrick Bruel qui vous dira le contraire.

Mais en sortant de ce film, je ne peux pas m’empêcher de m’interroger : les 89 millions de dollars dépensés pour produire et promouvoir L’interview qui tue ! n’auraient-ils vraiment pas été plus utiles dans les poches de… la Fondation Abbé Pierre ? Ou Oxfam ? Ou dans les miennes ?

Je ne sais pas trop si je crois dans le pouvoir de l’humanitaire. En revanche je sais très bien ce que je pense des films de merde.

Ils sont nuisibles.

Parce que le cinéma est un sport d’équipe. Si les chefs d’oeuvres relèvent le niveau général, les nanards tirent toute l’industrie vers le bas. N’ayons pas peur d’être concret : si ton goal enroule ses parties génitales dans le filet pour rigoler, c’est toute ton équipe qui va prendre des buts. Et ça sera surtout dégueulasse à regarder.

Pourtant, le film ne commence pas pire que n’importe quelle daube américaine : c’est con, assumé et il doit même y avoir un ou deux gags qui font sourire. Très bien, personne ne ment, c’est marqué sur la boîte : il y aura du caca, des zizis et des Coréens. Vous n’êtes pas venu réfléchir sur la rémanence du dualisme chronologique chez Husserl.

Malheureusement, tout cela dure. Et les cinéastes abandonnent rapidement leur micro-ambition pour faire simplement n’importe quoi, sans même y prendre plaisir. James Franco joue comme un ballon de baudruche, Seth Rogen y ressemble, c’est l’horreur. Les mecs se croquent les doigts, s’enfoncent des sondes dans le cul et se trémoussent sur Katy Perry.

Moins drôle, les scénaristes trouvent ça marrant de faire passer Kim Jong-Un pour un type colérique et un peu efféminé. 75 ans après Le Dictateur de Chaplin, la notion de “progrès” semble assez floue.

Celle de “principe” s’est définitivement dissoute, quelque part au milieu d’un prout.

En Bref : Il ne faut pas aller voir L’interview qui tue ! ? C’est nul. C’est une tache de plus sur le manteau dégueulasse du septième art. Tout le monde s’en fout, mais c’est une épine de plus qu’on m’enfonce dans l’oeil.

Alors aux petits lapins de Sony, qui voudraient nous faire pleurer parce que les vilains hackers coréens ont piraté leur système, je n’aurai qu’une chose à dire : bien fait pour vos gueules.

89 millions de dollars pour hurler votre bêtise à la lune. Vous êtes l’Empire romain qui fait la fête avant d’imploser.

Cold in july. Mulet aux prunes.

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Faut-il aller voir Cold in july ?

D’abord j’ai un petit message pour Jim Mickle, le réalisateur de ce thriller sans prétention :

Va te faire enculer Jim.

Qu’est-ce que t’as cru ? Que le cinéma, c’était comme la cuisine ? T’étais devant ta poelle et tu t’es dit qu’on pouvait se faire un petit hot-dog bien gras dégueulasse, parce qu’après tout, on s’en remettrait, parce que ça fait du bien de se faire du mal, et puis tout le monde ne peut pas être Alain Ducasse pas vrai ?

Tu t’es dit merde, on peut rigoler ! On n’a qu’à faire une coupe mulet à Dexter, une moustache poisseuse, et on lui colle deux buddies amorphes pour aller flinguer des tanches. Le scénario ? S’en branle. On mettra du sang partout, le vent fera office de dialogue et on filmera tout ça comme ça. Parce que c’est là. On appuiera sur rec. Comme au mariage de tonton.

Après tout, qu’est-ce qui marche Jimmy ? Michael Bay, Christian Clavier ou ce fils de pute de Guy Ritchie. Des mecs qui font du fric, et qui remplissent les salles. Pourquoi t’y aurais pas le droit toi aussi ? En cherchant un peu, on trouvera même des critiques pour aimer ta bouse. Suffit de bien les ferrer : un peu de musique eighties, Sam Shepard sous prozac et des néons dans le décor. Paf. Ton nanard devient “délicieusement vintage”. Le Monde te compare à Sam Pecknipah. Après tout, une carte de presse, ça peut aussi servir à tracer des lignes blanches sur une table basse.

Bref, une daube. Pas la première. Ni la dernière. Et on pourrait très bien se contenter de hausser les épaules, comme lorsqu’on sort du KFC de Boulogne. C’est pas grave, si ?

Ben si Jimmy.

Parce que sur les millions de types qui rêvent de terminer derrière une caméra, t’as eu la chance de réussir. Sur les millions de mecs qui ont des idées, t’as vendu la tienne. Et une fois derrière, c’est tout ce que t’avais à dire : des minables qui tirent sur des rednecks. Et je t’en veux Jim. Parce que t’as pris mon rêve de môme, mes espoirs d’ados et le but de ma vie et tu t’es torché avec.

T’entend ?

Le bruit à ta porte. C’est moi Jim. J’ai amené mon fouet et un tournevis cruciforme. Je sais pas encore ce que je vais te faire avec, mais tu vas pleurer. Tu vas regretter chaque seconde de l’immense navet que tu viens d’offrir à l’histoire merveilleuse du cinéma.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Cold in July. C’est le pire film de 2014. C’est nul.

Et je passerai plus une seule minute de ma vie à perdre du temps sur cette horreur.

Hunger Games 3. Lara Soft.

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Faut-il aller voir Hunger Games – La Révolte : Partie 1 ?

Je suis malade. Ça fait dix jours que je respire par la bouche, et encore, quand ça marche. Parfois je respire pas du tout, je me contente de cligner des yeux. J’aimerais être un dauphin, qui court après les vagues dans une mer bleue azur. Ou une noix de coco, qui se balance au-dessus d’une plage en sifflant les jolies filles. J’aimerais être un nénuphar, ça s’enrhume jamais un nénuphar. Ou peut-être un albatros.

Mais il y a bien une chose que je n’ai pas envie d’être, c’est l’auteur d’un blog cinéma qui doit parler de Hunger Games numéro 3.1

Je fatigue. Ça fait longtemps que j’écris ici, et j’ai déjà utilisé beaucoup de métaphores pour démonter les mecs qui confondent le cinéma avec un supermarché. A vrai dire je ne sais même pas si le film rentre dans la catégorie “Cinéma”. Les premiers à le penser semblent être ceux qui l’ont fait : car d’un bout à l’autre, Hunger Games 3 est un produit.

Pour gagner beaucoup d’argent avec la franchise, ils ont séparé le dernier épisodes en deux films distincts. Technique inaugurée avec Harry Potter, consistant à ne pas laisser partir trop vite un public que l’on considère comme une vache à lait. Sauf qu’en l’occurrence, la première partie du film ressemble à une forme obscure de télé-réalité australienne : des ados et des adultes discutent dans des couloirs.

Bon bien-sûr, il faut aussi de l’action, donc Katniss sort une fois de temps en temps pour combattre un avion de chasse avec son arc, pleurer sur un sol jonché de crânes humains ou communiquer avec des geais moqueurs en sifflant… Heureusement, à aucun moment elle ne se déguise en salade. C’est la seule chose qui manquait au film pour briller éternellement au firmament des nanards. L’acme de la mise en scène étant atteint lorsqu’une armée de rebelles commandos opère à une attaque nocturne surprise… en chantant.

Mais finalement, le plus gros échec du film n’est ni son scénario ridicule, ni sa mise en scène pathétique, mais son actrice principale. Heureuse détentrice de l’Oscar, Jennifer Lawrence profite du film pour nous montrer qu’elle maîtrise tous les codes de l’Actors Studio. Elle sait tout faire, de la crise de larmes hystérique au déferlement lacrymal, en passant par les pleurs niagaresques et le sanglot compulsif. C’est gênant. Même Philipp Seymour Hoffman semble avoir décidé de jouer faux, pour ne pas faire tache. Paix à son âme. Fallait-il être en manque pour accepter un tel cachet.

La seule chose qui aurait pu être intéressante finalement, c’est le sous-texte du film, ouvertement ironique qui critique mollement la société du spectacle et la mise en scène de l’actualité. En gros, nous serine Hunger Games, “le cinéma vous prend pour des cons”.

Nous voici convaincus.

En Bref : Il ne fait pas aller voir Hunger Games. La Révolte – Partie 1. C’est peut-être étonnant que je m’en étonne. Mais malgré le fiasco du deuxième opus, je n’arrive pas à oublier que cette série pour ados s’est ouverte sur un très bon film.

Rideau. Hollywood a repris ses droits sur la franchise. Et il y a du fric à faire. En fait, peut-être qu’il faut aller voir ce film : mieux qu’un long discours c’est une manière de contempler le spectacle effroyable de l’humanité, toujours prête à marcher sur la beauté pour courir sans relâche après l’appât du gain.

Je vous laisse, je retourne sur mon arbre.

Chef. Cuisine et descendance.

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Faut-il aller voir Chef ?

Parfois je me demande à quoi ça rime tout ça. A quoi bon faire des critiques qui ne servent à rien ? Si les mecs me disent que Mommy est un chef d’oeuvre, on va quand même pas en venir aux mains, si ? Les gens aiment des films, détestent des films et c’est la vie. Ils ont tous raison. Qui suis-je pour les contredire en vociférant sur internet ?

Qu’est-ce que j’en tire ? Et surtout, pourquoi je m’embête à faire des critiques pleines de blagues boiteuses et de fautes de conjugaison, quand je pourrais me contenter d’écrire :

Youhou !

C’est probablement la réflexion qui a dû hanter John Favreau lorsqu’il pondait le scénario de Chef. Il devait être là, avec son crayon, son ventre et son bouc, à réfléchir sur les relations humaines, la gastronomie et la filiation. Et soudain il s’est dit : “Youhou !” C’était la clef.

C’est l’histoire d’un grand chef qui fait des ganaches dans un resto pédant. Il est génial mais il se fait virer. Alors il fait des sandwichs dans un food-truck. Youhou. Il traite son fils avec les mêmes égards qu’une fourchette à poisson. Et puis il regarde une vidéo sur internet et il se rend compte qu’il l’aime peut-être. Youhou. Et son ex-femme ? SPOILER Et ben son ex-femme, il la re-épouse. Youhou. La musique cubaine ? Youhou ! Scarlett Johansson ? Youhou ! Et mes couilles ? A ton avis…

John Favreau a réalisé les deux premiers Iron-Man. Ça a marché, c’était pas mal et il a fait du fric. Autant dire que pour son nouveau film, il avait le droit de faire à peu près n’importe quoi. Et ça tombe bien, car ce garçon a écrit des scénari comme d’autres se mettent le doigt dans le nez : avec dilettantisme.

En pleine traversée du désert, son héros (lui-même) décide de traverser le désert. Il se promène dans le sud des Etats-Unis en faisant des sandwichs. Et de temps en temps, il se met de la farine dans le caleçon (sic) et ça lui fait drôlement du bien. John Leguizamo joue le cubain. Ay Papi ! Le fils du héros est content. Son père le fait travailler, mais au moins il lui parle, et c’est important quand on a douze ans. Youhou.

Je ne sais vraiment pas quoi dire sur ce film. A part qu’il me donne envie d’arrêter d’aller au cinéma. Il n’y a pas de style, pas d’humour, pas de tendresse, pas d’émotion, pas de jeu, pas de mise en scène, pas d’action, pas de rythme. C’est…

C’est…

C’est nul qu’est-ce que tu veux que je te dise John ? Y’a pas de mot. Ton film est nul. J’aurais mieux faire de passer deux heures à me rouler en boule en attendant le retour du printemps. Parce que j’aime trop le cinéma pour regarder ce que tu lui fais subir.

Et puis tu joues mal. Et puis t’es gros.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Chef. C’est un film sur un sujet passionnant et cinématographique (la bouffe) mais à des années lumières du joli Ratatouille de Pixar. Et à des années lumières du cinéma en général. C’est plat, sans âme, et finalement à l’image de cette année cinématographique qui commence à être désespérante.

Et constater que le seul espoir à l’horizon s’appelle Christopher Nolan, c’est se rendre compte qu’on est vraiment dans la merde. Youhou.

The two faces of january. Chapeau rond, tête de con.

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Faut-il aller voir The two faces of january ?

“Par le scénariste de Drive”, vantent les affiches. A croire que c’est une qualité.

Je ne vois pas bien quel crédit je devrais donner à l’auteur de cette histoire de vengeance qui sent l’essence, les clichés et la violence gratuite. Bien-sûr, je sais qu’une cohorte de jeunes cinéphiles branchés défendent Drive comme si c’était Citizen Kane. Mais lorsque le débat s’ouvre, ils ne mettent pas 15 secondes à parler de la BO. C’est dire si le reste est à l’avenant.

Mais puisque les inconditionnels du “scénariste de Drive” persistent toujours dans les commentaires, je tiens à leur rappeler qu’il a aussi écrit les synopsis de Blanche-Neige et le chasseur47 Ronins et, au hasard, Killshot. De belles soirées dvd en perspective.

L’autre tête d’affiche, c’est Oscar Isaac. Lui aussi, encensé à loisir par nos copains les critiques, parce qu’il a réussi à faire la gueule pendant toute la durée d’Inside Leewyn Davis. Que ses fans se réjouissent, The two faces of january lui permet à nouveau de faire éclater son talent à base de sourcils froncés, de dos vouté et d’absence de charisme.

Quoi d’autre ? Aragorn sous un panama, une odeur de polar des années 60 et Kirsten Dunst. Voyons voir…

Kirsten est sympathique. Mais elle n’aurait pas dû jouer dans ce film : son rôle est celui d’une femme fatale en robe Chanel, directement calqué sur une Ingrid Bergman dont elle n’a certainement pas l’ampleur. Seul Mortensen s’en sort, entre père protecteur et fauve inquiétant. Dommage que son rôle se limite à maugréer des conneries en mordillant un cigare.

Malgré tout, le film ne rate pas tout à fait son entrée en matière : ambiance film noir joliment rétro, musique coolos et personnages à double-fond. On lève un sourcil (mais pas Oscar Isaac). Et puis tout le monde part en Crète, le scénario s’enlise et on s’emmerde. Aragorn sue comme une bête en enchaînant les bourbons, Kirsten glousse et Oscar joue “le doute” avec l’intensité d’un élève de quatrième devant une asymptote oblique.

Parakalo ? Un scénario s’il vous plaît.

Ça dure. Il fait chaud et on y croit pas. Kirsten glisse sur une peau de banane. Et alors que l’on avait perdu tout espoir, le réal orchestre deux très grandes scènes, à base de musique, de valise en cuir et de chapeau de feutre. A croire que tout le reste y menait.

Pas de quoi sauver le film malheureusement, mais de quoi garder espoir : même quand tout est perdu, il y a toujours une lueur dans la nuit. Sauf, peut-être, si on est espagnol.

En Bref : Il ne faut pas aller voir The two faces of january. C’est mou, ça donne chaud et c’est fade comme un concert de Christophe Maé.

Dommage, parce qu’il y avait de quoi faire un bel hommage à cette époque élégante, où même les truands ne sortaient jamais sans une chemise repassée.

Dommage surtout, parce qu’après cet article, c’est probablement la dernière fois que je suis invité à une avant-première.

My Sweet Pepper Land. Kuuuurde boy.

Faut-il aller voir My Sweet Pepper Land ?

Malgré les apparences, Baran est un cow-boy de la lose. Il a les yeux bleus mais le regard vide, la barbe drue mais la peau lisse, un air de dur, mais il est mou.

C’est le Kurdistan. Un pays sans frontières, avec pas mal de barrières. Ici tout est figé et tout le monde fait la gueule. Les mecs ont pas de couilles, mais pas mal de colts, qu’ils brandissent au nez de tout le monde. Surtout des filles, quand elles décident d’être libres alors qu’en fait c’est des meubles.

Okay, c’est salutaire. Derrière les blagues, les références kitsch et les fusillades ramollos, on entend le discours du cinéaste, et on ne peut que le rejoindre : “Laissez les meufs tranquilles, bande de frustrés de la bite”. Facile. Mais c’est tellement lourd, qu’on ne peut pas s’empêcher de penser à Syngué Sabour, Wadjda ou même Jacky, qui dans leurs styles uniques, disaient la même chose en mille fois plus fort, percutant ou drôle.

Ici, personne ne percute. Surtout pas le héros, charismatique comme une poignée de porte, qui donne des leçons d’humanisme avant d’assassiner les méchants de sang-froid. Incarné par un acteur sans saveur, ce personnage jamais vraiment principal achève de percer le plafond du ridicule quand il drague son amoureuse en papillonnant des paupières, excité comme une pucelle devant un champ de navets.

Et on arrive vraiment pas à comprendre ce qu’elle lui trouve, Golshifteh Farahani, car au milieu de toute cette médiocrité, la future actrice que tout le monde s’arrache continue d’être excellente. Mais il faut reconnaître que son visage prend tellement bien la lumière, qu’il ne lui faut pas grand chose pour être hypnotisante.

S’il y a une seule raison de voir ce film, c’est pour la voir jouer du hang au milieu d’un paysage sublime avec un chapka sur la tête.

En Bref : Il ne faut pas aller voir My Sweet Pepper Land. Ceux qui le comparent à Tarantino ou Leone ont dû voir le film à travers une passoire. C’est un western terne, où des santiags sans swag jouent des muscles et de la moustache comme dans n’importe quel autre nanard à l’américaine.

Mais c’est quand même cool de voir le Kurdistan sur un écran : des montagnes sombres et sauvages ou les gens sont des Iraniens-Turcs habillés en Russes. Dommage qu’ils traitent les femmes comme des Saoudiens.

Nymphomaniac : volume 2. Sado-miso.

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Faut-il aller voir Nymphomaniac : volume 2 ?

Joe est de retour. Elle se tapait des mecs dans le train, elle pompait des pères de famille, elle brisait des couples. C’était cool. Mais Joe a pris vingt ans dans la gueule, pas mal de baffes et quelques coups de ceintures. Son mari s’appelle Jérôme, son fils s’appelle Marcel. Le traquenard.

A la fin du premier épisode, j’étais content. Mais au fond de moi, je savais bien que je m’étais envoyé le pain blanc comme un glouton. Il reste le rassis, le fond de tiroir, celui qu’est dur, sec et moisi, que tu gardes pour les dimanches de grande fringale.

Comme tout violeur qui se respecte, Lars Von Trier a commencé par nous faire croire qu’il était sympa. Mais on aurait du se méfier des lunettes bizarres. Loin de la gaudriole ludique et lubrique du premier, Nymphomaniac 2 nous inflige tout : les coups de fouets, les fesses qui saignent, l’orgasme de la petite fille et puis, allez, si personne ne se pisse dessus, c’est pas un vrai film d’auteur non ?

Mais c’est pas ça le pire. Le pire c’est le reste.

Dans le premier épisode, un personnage de vieux philosophe manquait souvent ses répliques en nous ramonant sur les techniques de pêche, la philosophie moléculaire et la biblitude de la bible. C’était bizarre, un peu chiant, mais décalé et malin. Là c’est relou, automatique et au bout de quatre heures, le gimmick est à peine supportable.

Mais c’est pas encore ça le pire.

Le pire c’est lorsque l’on prend conscience que ce vieux philosophe est là pour nous représenter, avec sa naïveté bonhomme de spectateur inculte. Face à nous, Charlotte Gainsbourg représente Lars Von Trier, venu pour nous ouvrir les yeux. Persuadé d’être un penseur brillant, le réal réac aligne des sophismes de plus en plus fumeux et idiots sur la démocratie hypocrite, la solitude des pédophiles et le pouvoir du sexe.

C’est lourd comme une dissertation de quatrième, parfois très con et souvent abject. Quand le réalisateur danois nous explique qu’il préfère dire “négro” au lieu de “noir”, parce que ce n’est pas démocratique d’interdire les mots, on a plus vraiment envie de l’écouter déblatérer.

Certaines de ses réflexions tiennent debout, mais elles n’ont plus rien à voir avec le film, qui s’égare dans des obscures péripéties d’extorsion de fond bisexuelles. Et Lars parle, parle, parle… et on a l’impression d’être bloqué en bout de table avec Michel, le vieil oncle frontiste, qui vomit des théories nauséabondes sur le canard à l’orange de grand-mère.

Mais casse-toi Michel ! Qu’est-ce que j’en ai à branler de tes théories politiques ?

Moi j’étais venu pour voir du cinoche.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Nymphomaniac : volume 2. C’est hideux, vain et d’une prétention sans borne. Oubliant son scénario et son propos initial, Lars Von Trier met ses couilles sur le nez du spectateur en tentant de le convaincre qu’il lui file des lunettes.

Mais non Lars, t’es pas assez génial pour nous balancer tes point de vue de punk à chien pendant cinq heures sans nous emmerder. Et c’est con, parce que lorsque tu te rappelles que tu réalises un film, tu mets en scène comme personne.

D’ailleurs, ce découpage en volume me donne une idée : si on découpait tous les films de génies auto-proclamés en deux, le premier épisode serait peut-être hyper cool non ? En tout cas, ça marche pour Sorrentino, PTA et peut-être même Scorsese. A méditer…