Gangster Squad. Penn perdu.

Faut-il aller voir Gangster squad malgré son affiche affreuse ?

Ouais, après deux ans d’abstinence, je relance le concept moisi des accroches-titre à thèmes. Si t’es malheureux, va donc lire des critiques chiantes sur un site de merde.

C’est l’histoire d’un gros méchant qui règne sur l’argent, la drogue, les jeux d’argent et l’industrie du porno. Face à lui, le LAPD envoie une bande de fachos pseudos-héroïques, mais essentiellement alcooliques, qui sont assez cons pour croire que l’on peut rétablir l’ordre en faisant exploser des casinos.

Ça partait pas ouf, Gangster Squad. Un titre pourri, une affiche à chier, une énième digression sur la pègre, un casting de stars (jamais une bonne idée), avec des dialogues saturés d’oxymores à deux balles opposant “l’empire du vice” et “la cité des anges” (dégage !). Pire, une dissertation sur le mal, que l’on doit combattre par le mal, et une bande de mâles, sous l’insigne du bien, mais qui finissent par ressembler aux voyous qu’ils pourchassent Mein Got ! Mais z’est une véritable zpirale !

Ce qui part mal aussi, c’est cette critique, tellement saturée de parenthèses de d’adjectifs qu’on dirait du Bayon. Passons.

Malgré tout ces défauts pré-supposés, Gangster Squad ne commence pas si mal. Ça cogne, c’est un peu con, mais ça ne manque pas d’énergie. Ryan Gosling rafraîchit l’ambiance avec un personnage de dandy coolos, Emma Stone tient le rôle de la belle meuf sans pour autant être mièvre et Sean Penn cabotine à tous les étages avec le talent qu’on lui connaît.

L’action démarre vite, plutôt bien écrite, agrémentée de jolis plans séquences et d’une bon équilibre entre les vannes et les coups de pression. Mieux, l’ambiance fifties est plutôt bien gaulée, sans pour autant nous assommer de clichés, d’ailleurs ça pourrait bien être les fourties, ou les thirties, mais ça sonne moins bien, et j’irai pas vérifier sur wikipédia, parce qu’on s’en branle.

Pour finir mon éloge, le film commence par quelques bons dialogues et des plans-séquences ambitieux. Tellement qu’on fait l’erreur de croire qu’on a bien fait de venir.

On a pas bien fait de venir.

Au milieu du film, c’est comme si l’équipe de tournage était remplacée par la Team B, celle des mauvais, qui s’occupe de la majorité du cinoche hollywodien. Et là, c’est le drame.

Lors d’une heure finale extrêmement pénible, on nous assène tout : les dissertation moisies sur l’héroïsme et mon pays et mon drapeau, les incohérences scénaristiques scandaleuses, les scènes d’actions à deux balles où on décharge des flingues dans tous les sens en faisant des roulades, Sean Penn avec une mitraillette hurlant aux gentils d’aller s’faire cuire un oeuf en tirant dans un sapin de Noël et SURTOUT, le héros aux mâchoires carrées plissant les yeux pour mieux distinguer l’océan qui lui fait face, avant d’y lancer son insigne et de rejoindre sa famille pour s’y faire chier en sécurité.

Métaphore en voix off, violons, flou-net, générique.

Et lorsqu’on réalise une scène pareille en 2013, ça ne m’étonne plus vraiment que les américains se pointent dans les cinoches pour flinguer tout le monde.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Gangster Squad. C’est pourri, bardé de clichés horribles et doté d’une morale réactionnaire et pathétique où l’on suggère que la violence est une solution idéale pour mettre fin à la violence.

Très franchement, j’ai même pas envie de me creuser à trouver une chute. Rien que de penser à celle du grand Sean Penn j’ai les yeux qui piquent.