Rebelle. L’arc pour l’arc.

Faut-il aller voir Rebelle ?

Normalement je critique pas les films pour mômes. Si je les démonte, c’est trop facile, et si je les aime, je perds ma street cred’. Mais bon, l’héroïne tire à l’arc. Alors ça compte pas.

La dernière héroïne qui tire à l’arc était pareille : cachée dans un film hollywoodien aussi appétissant qu’une salade aux pousses de bambou. En fait, elle faisait enfin naître un personnage féminin intéressant dans un blockbuster. Indépendante, combative, charismatique, avec des chouettes cheveux. Et c’était bien.

D’ordinaire, le cinéma grand public, voir le ciné en général, est l’un des plus grands épandeurs de stéréotypes de l’univers, avec Nadine Morano. Et c’est encore pire dans le cinéma pour enfant. Chaque homme est un petit guerrier en devenir et chaque fille rêve d’être une princesse pas drôle.

C’est nul.

Dans la vraie vie, les filles sont encerclées de carcans pourraves relayés par la pub et les magazines féminins, quand les hommes sont quasi-condamnés à devenir des trou-du-cul virils avec des montres. Et tout ça, c’est un peu à cause du cinéma, des jouets bleus, des pages roses et des imbéciles qui les avalent.

Dans Rebelle, c’est l’inverse : les hommes sont tous des mômes qui bombent le torse devant les autres, mais qui flippent devant une femme ; sous sa cascade de boucles rousses, l’héroïne est une princesse malgré elle qui étouffe dans les robes cintrées et fuit les princes charmants en rêvant de déglinguer des ours au tir à l’arc.

Et une rousse qui tire à l’arc, c’est comme quand tes parents sont pas là, et que tu peux jouer à la Dreamcast jusqu’à minuit : c’est la vie !

En Bref : Il faut aller voir Rebelle. Au delà de sa non-misogynie, le film est aussi très drôle, bien réalisé et bien plus joli que la moyenne des dessins animés.

Maintenant, on peut quand même hurler au loup en entendant l’affreuse chanson du début, regretter que l’intrigue soit un peu molle du genou et faire la gueule devant le dénouement cousu de fils blancs. Mais ça serait un peu comme cracher sur l’intégralité des films pour enfants.