Effets secondaires. Xanax la menace.

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Faut-il aller voir Effets secondaires ?

C’est l’histoire d’une fille déprimée avec un accent slave et d’un psychologue enteté, avec un accent circonflexe. Quelqu’un tue quelqu’un mais c’est l’autre qui se retrouve dans la merde. A moins que la troisième n’ait tout manigancé, sauf qu’en fait tout est faux, mais j’ai pas bien compris.

On aime beaucoup Steven Soderbergh par ici. Même quand le type ne fait aucun effort, ses long-métrages ont plus de gueule que n’importe quel César du meilleur film.

Mais comme disait Stephen Hawking, il n’y a pas que l’apparence dans la vie. Enfin c’est ce que j’ai cru entendre.

Bon bon bon… ça va plus du tout là. Pas écrit de critique depuis une semaine, j’suis tout rouillé. Vannes de merde, accroche molle, si je chute sur une référence pédante, Télérama va me proposer un CDD. Faut que je me reprenne.

Donc c’est beau. Y’a du flou, du net, du entre-les-deux, de jolis mouvements et des plans-séquences qui glissent. Mais pas que. Contrairement à Magic Mike qui nous en foutait plein la gueule sans se fouler, Effets secondaires se permet aussi quelques passages bien moches, qui sentent un peu le manque de moyen et l’éclairage à l’arrache.

En même temps, la plupart des lecteurs se foutent pas mal de l’image. Et en même la plupart des lecteurs, ne lisent pas ce blog. Et en même temps je fais ce que je veux, c’est chez moi, si j’ai envie d’écrire “poivron”, je l’écris, et chez eux, des gens que je connais pas pourront lire “poivron”.

L’image est inégale donc, mais les critiques m’assurent que le scénario est censé nous coller au siège. C’est vrai qu’il fonctionne plutôt bien, et qu’associé à une musique entêtante et à l’air hagard de Jude Law, il pourrait presque nous faire froncer les sourcils dans le mystère. Mais encore une fois, certains passages sentent un peu trop la dilettante pour que le tout soit percutant.

Je rentrerais bien dans les détails, mais ça m’saoule, et en plus ça niquerait la surprise. En gros, il y a un gros vide juridique dans la dernière partie, pas mal d’imprécisions sur le contrôle des patients en cliniques-prisons et malgré tout, on devine la fin longtemps avant d’en voir les oreilles.

Surtout, le réalisateur a la main lourde sur les clichés : un transfert psychologique qui vire à la relation lesbienne, à peine digne d’un fantasme d’ado, le bon-vieux coup de la discussion révélatrice, suivie d’un “Hop j’avais un magnétophone dans ma culotte” et l’éternelle histoire du héros qui se noie dans son enquête alors que sa femme ne le reconnaît plus tellement qu’il a oublié d’aller chercher le petit à l’école.

En gros il faisait beau, alors Steven a fait un film. Mais un moment il faut taffer, si on veut faire autre chose que des romans de gare bien gaulés.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Effets secondaires. C’est joli, pas trop mal rythmé et bien interprété. Mais le scénario allie une grande ambition avec des moyens moyens. Au-delà de ça, je crois qu’on en a un peu marre des histoires de thriller et de manipulation qui font le maximum pour nous surprendre à la fin, au lieu de s’atteler à écrire une bonne histoire.

Et je sais bien que l’arrivée du soleil n’est pas une excuse pour écrire n’importe quoi sur ce blog. Mais ça fait tellement de bien…

Poivron.

Happiness Therapy. Ours bipolaires.

happiness_therapy_7778_north_626xFaut-il aller voir Happiness Therapy ?

C’est un fou. Il est fou. Son père aussi est fou, et son meilleur ami est un peu fou. Il voudrait récupérer sa femme, qui n’est pas fou, mais il rencontre une folle, et ils font les fous.

C’est bizarre. Je peux comprendre le retour en grâce de la doudoune, le come-back des années 80 et, à la rigueur, cette étrange prolifération de baskets à semelles compensées. En revanche, je ne m’explique pas l’engouement actuel pour la bipolarité.

Avant, c’était un truc chelou, qu’on dit à ton pote quand il pleure dés qu’il est bourré, mais maintenant c’est partout : les magazines parlent du “mal du siècle”, les séries en regorgent et voilà que le cinéma l’adapte. Tellement chébran, la bipolarité, qu’aujourd’hui t’es personne si tu parles pas aux murs.

Mais c’est l’époque qui veut ça, et l’Amérique. A force d’édulcorer tout, d’interdire n’importe quoi et de vendre des lotissements trop clean et des sourires trop brights le nouveau continent est devenu une énorme fabrique de consensus mou, de tolérance chiante et de personnalités lisses qui “respect your point of view” au lieu de s’engueuler comme tout le monde.

En gros, c’est un peu la conclusion du film : les fous sont compliqués, mais ils sont quand même bien plus rigolos. Et c’est vrai : la rencontre des excellents Bradley Cooper et Jennifer Lawrence fait naître une belle série de dialogues nerveux et agressifs qui donnent un bon rythme au film et font souvent rire.

Malheureusement, malgré son éloge de la déviance, le film finit tout de même par rentrer dans le rang de la rom-com US et perd beaucoup de son charme de départ pour conclure une histoire qui, malgré tout, n’est jamais vraiment crédible.

Pas grave, en voyant un mec et une fille à côté sur une affiche de film américain, on connaît toujours la fin. Mais pour une fois, le début nous a surpris.

En Bref : Il faut aller voir Happiness Therapy. Mais tranquillou, sans courir. C’est sympa, rigolo, pas mal joué et parfois bien écrit. Comparé à la période un peu morne traversée par le cinoche, on a pas beaucoup mieux pour grignoter du pop-corn en envoyant des sms sous nos sièges.

Mais bon, une semaine après, y’a moyen que vous ayez oublié de quoi ça parle. Mais ça, c’est peut-être parce que vous êtes bipolaire.