Rock Forever. L’odeur du rock fort.

Aaaaaaaah

Faut-il aller voir Rock Forever ?

S’il y a un débat de merde sur terre, c’est bien celui de la mort éventuelle du Rock. Le genre de sujets bidons que pondent les news-magazines ringards entre deux enquêtes sur les franc-maçons et le prix de l’immobilier.

Bien-sur que le rock est vivant. La preuve : il est même salement has-been. Le rap est vendu, la pop est perdue, l’électro est bonne qu’à faire des pubs et les Rita Mitsouko animent les bals du FN. De toute façon, la musique c’est de la merde. Bref.

Après un marathon d’une semaine au cinéma, j’étais d’une humeur idéale pour aller voir une comédie musicale.

Rock Forever tente de nous faire croire que les années 80 et le Hard Rock n’ont jamais existé. Pendant deux heures, on nous sert de la pop indigne en flux continu en prétextant que c’est d’epoque. Scandaleusement mauvais, les morceaux feraient même pleurer Hannah Montana tant ils suintent le mauvais goût.

Tom Cruise se pavane avec une tête de mort sur la teub, Catherine Zeta-Jones gesticule dans une jupe plissée et Alec Baldwin roule des pelles à Russell Brand. Quant aux deux inconnus qui tiennent les premiers rôles, ils ont au moins le mérite de m’avoir fait comprendre ce qui est passé par la tête du dépeceur de Montréal avant de s’énerver très fort.

Mais j’ai tenu. Rien que pour vos yeux, je suis resté jusqu’au bout en désossant le siège de devant à coups de genoux. Et le final vaut son pesant de limonade : les stars du film donnent un concert enflammé devant un public enragé et… assis.

Je ne sais pas si le Rock est mort, mais pas sûr qu’il survive à ce film.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Rock Forever. C’est un immonde nanard qui insulte tous les mômes qui ont bougé leurs cheveux sur Deep Purle et les Gun’s.

Le jour où Hollywood lâchera enfin son dernier soupir, j’irai brûler le DVD de cette bouse sur le Walk Of Fame.

NB : Le jeu de mot titre est de Juliette, qui n’a même pas vu le film, mais qui se doutait que ça serait cheesy.

Le rock à contre-Coran ?

Faut-il aller voir les Chats Persans?

Filmé illégalement, caméra à l’épaule, en 17 jours, avec un micro-budget, à Téhéran, avec des acteurs amateurs. Les Chats Persans ne partait pas en tête. On pouvait pressentir le film socio-pathétique, intello et soporifique. Il n’en est rien.

Askan et Negar sont deux musiciens Iranien qui cherchent à monter un groupe pour partir tourner en Angleterre. Ils parcourent ainsi toute la scène underground de Téhéran, où le rock est interdit. A cela s’ajoutent les combines pour obtenir visa et passeport, et le contournement d’une censure omniprésente.

La bonne idée du film, c’est de nous faire découvrir tout la scène indie-rock Iranienne. La surprise, c’est qu’elle est très créative. Si certains métalleux sentent un peu l’archaïsme, on rencontre aussi des petites perles de pop raffinée, du rock énergique et du rap intelligent. Le fait de voir tout ce beau monde jouer en cachette dans des caves ou planqués sur les toits de la ville n’enlève rien au charme underground des images.

Les choses se corsent quand le film tente de monter une histoire. L’oppression du gouvernement des mollahs est dénoncée sans lourdeur et avec humour, mais sans grande originalité. On ne peut pas s’empêcher de trouver certains plans un peu cheap et de hausser un sourcil devant le jeu des acteurs.

En bref: Il faut aller voir Les Chats Persans, pour peu que l’on soit curieux et amateur de musique. Il faudra pour cela, pardonner au film une forme moyennement convaincante et un scénario assez simpliste. Il a tout de même un mérite de plus en plus rare dans les salles obscures: nous faire découvrir un univers qu’on ne connaît pas.

Comme si, finalement, l’Iran était le dernier endroit où le rock peut encore se vanter d’être subversif.