Queen of Montreuil. Le Phoque des potos.

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Faut-il aller voir Queen of Montreuil ?

On dirait pas comme ça, mais le titre a du sens un peu.

C’est une fille. Son mari est dans une cruche. Il est mort. Alors elle invite des islandais chez elle qui invitent aussi un phoque, qui montent en haut des grues, qui portent des fausses moustaches et qui skypent avec la Jamaïque. Morale : les islandais, c’est n’importe quoi.

On dirait pas comme ça, mais l’humour absurde c’est difficile. Par exemple : Desproges c’est drôle, alors que Nicolas Bedos c’est un con.

C’est une question de finesse. On ne peut pas se contenter de raconter n’importe quoi pour faire marrer les salles, il faut raconter n’importe quoi dans le bon sens. Et surtout, au fond du non-sense, il en faut un, discret, presque invisible et pourtant caché.

C’est le cas de Queen of Montreuil, petit film barré, fauché et assez défoncé qui parle du deuil, des potes et des Islandais. Après un démarrage qui flaire bon le truc auteuriste relou, le film prend de la hauteur en haut d’une grue. Une Islandaise fume des pétards et parle franglais avec l’incroyable Samir Guesmi. Le ton est léger, les accents sont pourris et on commence à rire.

Ça n’arrête pas. progressivement, le film part en couille, accumulant les personnages pathétiques et les situations bizarres jusqu’à culminer dans une scène de salle de bain qui s’inscrit d’emblée dans l’histoire du port’ nawak. J’ai tellement rit que j’avais l’impression d’être pote avec mon voisin de droite, alors qu’à tout les coups, il était de droite.

C’est tout.

Evidemment, tout cela ne plane pas à quatre mille, certaines scènes sont un peu cheapos et la caméra ne fait pas de miracle. Mais franchement, on s’en fout : en une heure et demie, Queen of Montreuil m’a offert l’expérience de cinéma la plus drôle, la plus originale et la plus fraîche que j’ai vue cette année.

Et a beau être en mars, j’en ai déjà vu pas mal.

En Bref : Il faut aller voir Queen of Montreuil. Parce que ça se la raconte pas, c’est simple percutant et, parce que certaines répliques renverront les victimes de douleurs costales aux urgences.

Surtout, pour la première fois au cinéma, le potentiel humoristique de l’otarie est mis au jour. C’est quand même autre chose que les lol-cats pourris que t’as passé la journée à mater en scred au lieu de bosser.