Intouchables. Pas touché.

Fume c'est d'la bonne

Faut-il aller voir Intouchables ?

Matraquage oblige, on connaît l’histoire. Blanc riche chiant rencontre noir banlieue cool. Grosse rigolade. Préjugées brisés. Amitié forte. Kool and the gang. JT TF1. Box Office. Intouchables 2. Intouchables 3. Youkaïdi. Youkaïda.

Forcément, face à une telle tarte à la crème, on est tenté de faire du mauvais esprit. Surtout quand le film le cherche avec insistance. Dés le début, l’opposition Cluzet/Sy n’épargne pas le simplisme : l’un écoute Berlioz quand l’autre préfère le funk. Plus tard, une scène mémorable montre Omar Sy se déhanchant sur des lignes de basses pêchues en invitant des bourgeoises perlées à faire swinguer leurs jupes droites. Délicat.

Malgré tout, on sourit, on rigole. Certaines vannes sont plutôt efficaces, Omar Sy pétille d’un bout à l’autre et le politiquement correct n’est pas trop étouffant. A la vingtième blague sur les tétraplégiques on se lasse un peu, mais le film a le bon goût d’éviter la pitié. Dans une scène mémorable, François Cluzet explique qu’il préfère les moqueries aux regards compatissants. C’est de loin la plus forte du film.

Sur le fond, Intouchables est plutôt plat. Les réalisateurs semblent se réjouir de leur propre courage en se targuant de traiter de sujets politiquement incorrects avec le masque du franc-parler. Derrière cette parure très moderne, il y a juste quelques vannes un peu osées et une cascade de bons sentiments éculés. On aurait pu nous parler des banlieues françaises, des riches parisiens qui s’emmerdent et des plafonds de verres qui durcissent ; le scénario préfère nous assener une vision un peu condescendante de l’amitié entre un maître et son serviteur jalonnée de lieux communs volontaristes et un peu niais.

Pour le reste, Intouchables est une production sympa qui ne surprend jamais vraiment. Dés le départ, l’histoire se déroule dans un rythme plutôt mou : tout est fait pour réveiller le spectateur mais le film n’arrive pas à s’envoler. A la place, les réalisateurs nous assourdissent de musique criarde sans jamais tenter d’être créatifs derrière la caméra. Dommage, car devant, les acteurs sont plutôt bons.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Intouchables. Trop de bons sentiments et pas assez d’originalité. Pourtant, on quitte la salle avec la banane et les dernières scènes sont émouvantes.

Mais bon, le lendemain, on a déjà du mal à s’en rappeler.