4h44 Dernier jour sur terre. Love, finally.

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Faut-il aller voir 4h44 Dernier jour sur terre ?

C’est la fin du monde demain matin. Skye et Cisco s’ennuient un peu dans leur appart New-Yorkais. Ils font l’amour. Elle regarde des vidéos du Dalaï-Lama sur son iPad, il skype ses potes sur son MacBookPro. Je suis sûr qu’ils ont des iPhone. Mais ils vont quand même mourir.

C’est un peu la mode tout le temps : on a vu des palanquées de films sur la fin du monde, traitée sous tous les angles. Du Nanard explosif, au film indie-punk en passant par la comédie romantique et le drame contemplatif, on a regardé mille fois les gens courir en hurlant dans la rue, se jeter dans des abris et faire des partouzes dans des cabanes. Mais à ma connaissance, on a jamais vu ce qui se passerait vraiment pour la vraie fin du monde.

La thèse du film, c’est que la vraie fin du monde ressemblera à un dimanche après-midi de merde, sauf la nuit, où on va tous mourir. Skye et Cisco savent qu’il leur reste une journée à vivre et ils n’ont pas forcément les envies qui dérapent. Elle peint, il parle à sa fille, elle essaye des robes et il la soulève pour faire l’avion.

Volontairement anti-spectaculaire, le film ne manque ni de cinoche, ni d’intensité. La tension est là, discrète, sourde. Elle s’exprime à travers des cadres soignées, une musique accrocheuse et le jeu incroyable de Willem Daffoe.

Face à l’apocalypse, nous sommes impuissants, ou presque. Avec douceur, sans excès de théorisme et une grande simplicité, le film raconte ces deux bobos banals qui redécouvrent l’essentiel : faire l’amour par terre, parler à ceux qu’on aime et boire un coup avec ses potes.

Au passage, le réalisateur soulève des questions intéressantes : la fin du monde est-t-elle une raison suffisante pour se remettre à boire ? Peut-on faire une crise de jalousie juste avant la fin du monde ? A quoi ça sert de danser, si c’est bientôt la fin du monde ?

En Bref  : Il faut aller voir 4h44 Dernier jour sur terre. Parce qu’Abel Ferrara réussit à traiter un sujet lessivé pour en faire quelque chose d’original et d’assez profond, en évitant la pédanterie du film à thèse.

Malgré une scène de sexe assez moche et quelques gimmicks artys, le film réussit sans grand discours à nous démontrer que vivre ne sert à rien, mais qu’à choisir, c’est quand même plutôt chouette.