Hunger Games – L’embrasement. A feu doux.

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Faut-il aller voir Hunger Games – L’embrasement ?

C’est l’histoire d’un livre qui a cartonné chez les jeunes, d’un film qui a cartonné chez les jeunes et d’un producteur qui aimerait bien s’acheter une nouvelle voiture. Une belle, avec peut-être un turbo et des jantes féminines.

Bref, c’est l’histoire éternelle des vieux pots, et des meilleures soupe. L’expression populaire est fausse : dans les vieux pots, il y a un petit goût de cramé, des araignées qui flottent et on arrive jamais à reproduire la magie de cette super soupe qu’on avait réussie à Noël dernier. Surtout lorsqu’on met exactement les mêmes ingrédients.

Parce que ça recommence : comme dans le premier, Jennifer Lawrence se retrouve à nouveau dans les bois, en équilibre sur un tronc d’arbre avec son arc au poing. Mais comme il faut se renouveler, on invente à l’emporte-pièce, un peu dans tous les sens. Des singes agressifs, une montre géante, des éclairs, des murs invisibles et une société secrète.

C’est nul.

Tout le sel du premier, c’était justement de faire un gros blockbuster sans explosions factices. C’était juste l’histoire d’une meuf dans les bois, qui se bat pour survivre. C’était nouveau, péchu, violent et faussement naïf. Même la réalisation était osée, mélange agressif de caméras à l’épaule et de gros plans rapides.

Hunger Games 2 est plus lisse, dans tous les sens du terme. Il est hollywoodisé, aseptisé et ramolli. L’amour sincère remplace les stratégies hypocrites, l’amitié de groupe remplace la paranoïa et les singes agressifs ne remplacent personne, si ce n’est l’absence de bonnes idées.

Sans aucune crédibilité, un peu boiteuse et salement tirée par la natte, la chute arrive comme un cornichon flottant à la surface d’une soupe au potiron. Je n’en reprendrai pas une troisième fois.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Hunger Games – L’embrasement. C’est une pâle copie du premier, qui manque sa cible et frise le ridicule.

Dommage, il y avait toujours un univers intéressant, des acteurs plutôt bons et quelques plans magnifiques. Ils sont noyés par la volonté de brasser large, et surtout beaucoup.

Mais à l’heure qu’il est, je connais un producteur qui roule dans voiture très chic.

Insaisissables. Cartes cavaliers.

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Faut-il aller voir Insaisissables ?

Il faudrait peut-être faire une règle mathématique qui comparerait la météo au niveau des films projetés. Je pense qu’on en conclurait que la chaleur extérieure est inversement proportionnelle à l’intelligence des films. Ça expliquerait pourquoi ils sont toujours aussi pourris l’été. Et celui-là était particulièrement chaud.

C’est l’histoire de quatre cavaliers qui braquent des banques en jouant au cartes. Comme d’habitude, il y a de la magie tirée par les cheveux, de l’amour lourdingue, des rebondissements improbables et Morgan Freeman.

Mais sans déconnez Morgan… Tu t’occupes jamais de ta famille ? T’es partout ! De Batman à Oblivion en passant par La Chute de la Maison Blanche, j’ai l’impression que t’enchaînes les rôles de papys déglingue dans absolument tous les films d’Holywood. Et franchement, vous trouvez qu’il a changé de visage depuis Se7en ?

Bref.

Les mecs sont sympathiques, Woody Harrelson joue toujours aussi bien le mec bizarre, Jesse Eisenberg se spécialise dans les rôles de petit génie et Dave Franco a vraiment la même gueule que son frère. Point rarissime dans un film américain, les personnages féminins ne sont pas des faire-valoir : Isla Fisher a pas mal de charisme et Mélanie Laurent passe le film a prendre Mark Ruffalo pour un con, comme nous.

Pour ce qui est de la magie, c’est quand même plutôt sympa et pas trop mal branlé, dans la mesure où les tours expliqués sont complètement improbables.

Sinon c’est comme d’hab, on peine à s’attacher aux multiples personnages, on a rapidement rien à foutre du scénario et le rebondissement final nous fait doucement rigoler. La caméra est plutôt agile, voir virevoltante, voir elle donne un peu envie de vomir. Mais c’est toujours moins triste qu’un Haneke.

Comme me l’écrivait la charmante Michelle Seys dans un commentaire, je ne suis bon qu’à voir des films commerciaux, alors j’assume. Mais c’est dur.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Insaisissables. Mais c’est plutôt rythmé, assez sympa et vraiment très creux. En général, il ne fallait pas aller au cinéma cet été, si ce n’est pour voir Le Congrès et la nouvelle pub Maif.

Je sais bien que cette critique manque sérieusement de fond, mais c’est la faute au film, qui m’a glissé dessus comme un longboard sur un nageur imprudent. Le sel et le soleil ne rendent pas seulement blonds. Je crois bien qu’ils m’ont rendu con.

7 psychopathes. Les 7 mecs vénères.

Faut-il aller voir 7 Psychopathes ?

C’est l’histoire d’un scénariste qui n’a plus d’idées, mais un titre : 7 Psychopathes. Il décide d’écrire l’histoire d’un scénariste qui n’a plus d’idées mais un titre : 7 Psychopathes.

Quand j’étais petit, j’aimais beaucoup m’interroger sur l’infini en fixant le bonhomme sur les paquets de chips à l’Ancienne ou les boucles d’oreilles de la Vache qui rit. Depuis la nuit des temps (enfin vers 11h) les mises en abyme sont à la fois une source inépuisable de rigolade, et un procédé qui devient rapidement casse-gueule quand on fait le malin avec. Tout dépend de l’habileté du réalisateur.

Quand il est doué, ça donne Scary Movie : “C’est drôle, on se croirait dans un film” “Mais c’est un film chérie, regarde y’a le réalisateur, la scripte, les machinos…”. Mais parfois, ça donne aussi Mais qui a re-tué Pamela Rose ? : “Il est vraiment naze, ce scénario”, et c’est pas drôle, parce que c’est vrai.

Mais derrière sa gueule de pub pour Gilette, Martin McDonagh, le réalisateur et scénariste de 7 Psychopathes n’est pas un tocard : il a déjà démontré une maîtrise de l’humour absurde (rarissime au pays du premier degré) excellente dans Bons baisers de Bruges. Et ça se ressent dés le début du film : les dialogues sont fins, suspendus, un peu stupides et très drôles. Le montage est pêchu et les clichés sont malmenés.

Pendant que Colin Farrel s’occupe d’être plat et de rendre le film bankable, l’excellent Sam Rockwell et le mythique Christopher Walken s’attachent à le rendre attachant. Au bout d’une heure de flingues et de truands, le scénariste déclare qu’il en a marre de la violence et qu’il aimerait que ses personnages partent discuter dans le désert sans duel final. Et c’est ce qu’ils font.

Malheureusement, il ne va pas jusqu’au bout de son délire. Après une moitié en roue libre, il finit par reprendre la route du film classique pour livrer une fin un peu bancale, usant et abusant du procédé de l’abyme, au risque de se répéter. Surtout, il prouve qu’il a écrit le début sans savoir où il allait.

Mais à l’époque du film bande-annonce où n’importe quel long-métrage doit tenir dans un pitch de 3 minutes, ça fait vraiment plaisir d’être paumé.

En Bref : Il faut aller voir 7 Psychopathes. Malgré sa promo bâclée, qui le fait ressembler à un énième film de beaufs avec des flingues, malgré son déroulement bordélique et malgré un final pas hyper réussit.

Il faut y aller si vous en avez marre de voir toujours les même films venir d’Hollywood, si vous aimez l’audace, les blagues sans chute et si vous préférez la discussion qui le précède au meurtre en lui-même.