A dangerous method. Derrière toi c’est à Freud !

Derrière-toi c'est à freud

Faut-il aller voir A dangerous method ?

Je ne sais pas pourquoi, j’attendais ce film comme le messie. Le talent de David Cronenberg pour les trucs malsains, confronté aux acteurs les plus talentueux de la planète, Viggo Mortensen et Michael Fassbender. Et puis il y avait l’histoire aussi : la guerre froide entre Karl Jung et Sigmund Freud au-dessus du berceau de la psychanalyse, en double-fond les prémices de l’antisémitisme d’Etat. Ça promettait.

Finalement, le film n’égale ni la noirceur de A history of violence, ni la brutalité des Promesses de l’ombre. Globalement, c’est une histoire de mecs qui parlent dans des bureaux, ce qui n’a rien de très cinématographique. Même les scènes de sexe sadomasochiste sont gentillettes. Étrange pour un mec qui, il y’a quelques années, faisait combattre Viggo à poil dans un sauna.

Mais Cronenberg n’a pas choisi le thème pour fanfaronner avec sa caméra. Visuellement pauvre, le film se concentre sur le fond, en tentant de faire réfléchir le spectateur. Évidemment, Hollywood oblige, il est difficile de traiter du schisme psychanalytique sans vulgariser à outrance. Si le scénario tente d’éviter le didactisme, on n’échappe pas aux discussions un peu lourdes type : “But Sigmund, sex is not everything !” Yes…

Pourtant le film s’en tire pas mal. Il oppose le jeune moraliste protestant au vieux juif libéré en jouant sur leurs contradictions. En filigrane, on pourra voir un portrait acerbe des sociétés modernes où tout le monde se drape dans la morale pudibonde avant de la transgresser allègrement dans le bureau de la secrétaire (ou derrière le comptoir de la pharmacie).

Finalement, on sort du film sans avoir pris de coup de poing dans le ventre, mais en réfléchissant, ou en s’engueulant (avec soi-même). Car si Cronenberg pose de nombreuses questions, il a le bon goût de ne jamais y répondre.

En Bref : Il faut aller voir A dangerous method. Pour les talents indéniables de Mortensen et Fassbender mais aussi pour Keira Knightley, qui a troqué le sourire niais de Pirates des Caraïbes contre un véritable jeu d’actrice.

Certes, on ne prend pas la claque espérée mais il fallait oser faire un film sur un sujet aussi difficile. En l’occurrence, ne pas se planter tient déjà de l’exploit.

Sinon, en ce moment, j’écoute ça :

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